[Google]

Catégories

Liens

Marois à Québec?

Compte tenu des réticences que semble manifester le député de Pointe-aux-Trembles, André Boisclair (PQ), à l‘idée de céder son siège à la nouvelle cheffe du Parti québécois, Pauline Marois, le chroniqueur Gilbert Lavoie suggère ce matin dans Le Soleil la possibilité que cette dernière tente sa chance dans une circonscription de la région de Québec, plus précisément dans Charlevoix, dont le député, l‘ex-ministre Rosaire Bertrand (PQ), avait connu des problèmes de santé l‘automne dernier.

La suggestion est d‘autant plus ironique qu‘à l‘époque où Boisclair avait été élu à la direction du Parti québécois, il avait lui-même envisagé (et bien peu de commentateurs politiques de la région avaient tenté de l‘en dissuader) d‘obtenir un siège à l‘Assemblée nationale dans une circonscription de la région.

Rappelons que Pauline Marois, qui est originaire de Québec, avait été élue pour la première fois dans La Peltrie lors de l‘élection générale de 1981 avant d‘être défaite par le libéral (à l‘époque) Lawrence Cannon en 1985. Par la suite, elle représenta la circonscription électorale de Taillon de 1989 à 2006.

La circonscription de Charlevoix est représentée par Rosaire Bertrand depuis 1994. Le 26 mars dernier, il avait été réélu par 1 663 voix de majorité (6,88%) sur son principal adversaire, l‘adéquiste Conrad Harvey. Dans l‘autre circonscription péquiste de la région, celle de Taschereau, la députée Agnès Maltais l‘avait emporté par une marge plus confortable (3 178 votes ou 9,56%) sur une autre candidate de l‘ADQ, Caroline Pageau. Toutefois, Gilbert Lavoie ne mentionne pas cette possibilité dans sa chronique.

Le vendredi 29 juin 2007

Marois dans Charlevoix?

Gilbert Lavoie
Le Soleil

Pauline Marois a réitéré jeudi qu‘elle aimerait siéger à l‘Assemblée nationale dès la reprise des travaux, en octobre. Quand on y pense bien, pourquoi ne serait-elle pas candidate dans Charlevoix ? Le député Rosaire Bertrand déclarait hier encore que Mme Marois devrait se présenter dans la région de la capitale. Comme disent les anglophones, « put your money where your mouth is ». M. Bertrand serait-il disposé à offrir sa circonscription à sa chef ?

Voyons un peu : Mario Dumont vient de Rivière-du-Loup, et Philippe Couillard habite Québec. Si M. Couillard devait succéder à Jean Charest, le PQ serait le seul parti dirigé par un leader montréalais. Or on a vu, aux dernières élections, à quel point la marque de commerce « Montréal » passe mal à l‘extérieur de la métropole.

Pauline Marois a déjà une maison d‘été dans Charlevoix. Le député Bertrand, aura 71 ans en octobre. Parions qu‘il serait fort honoré de lui céder sa circonscription. Charlevoix vote péquiste depuis 1994, et M. Bertrand a obtenu une majorité de 1936 voix le 26 mars, une hausse de 563 voix par rapport aux élections de 2003. Ce n‘est pas une circonscription aussi sûre pour le PQ que l‘est Rivière-du-Loup pour Mario Dumont, mais ce n‘est pas plus risqué que Jean-Talon pour le ministre Couillard. Et puis, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Pauline Marois a eu une conversation avec André Boisclair, mercredi. Elle semble avoir fait une croix sur la possibilité de se présenter dans sa circonscription de Pointe-aux-Trembles. M. Boisclair n‘a pas de fortune personnelle, il est en recherche d‘emploi, et il n‘est pas enclin à remettre sa démission tant qu‘il n‘aura pas un revenu assuré ailleurs.

De plus, le Parti québécois ne veut pas donner l‘impression aux gens de Pointe-aux-Trembles que leur circonscription est devenu la porte d‘entrée de ses leaders à l‘Assemblée nationale.

Le Parti québécois détient d‘autres circonscriptions sûres à Montréal, dont celle de Louise Harel, qui a songé à quitter la politique à la fin du mandat précédent. Mais Mme Harel semble maintenant déterminée à rester.

Personne d‘autre à Montréal ne semble enclin à quitter, et Mme Marois ne veut pas vivre le cauchemar de Lucien Bouchard, qui représentait une région éloignée comme Jonquière, lorsqu‘il dirigeait le PQ. Bref, son premier choix se portera sur la région de Montréal ou celle de Québec. Pourquoi pas Charlevoix ?

Pauline Marois a montré, cette semaine, qu‘elle compte imposer un grand virage au Parti québécois. Ses rencontres des derniers jours confirment le sérieux de ses intentions. Ainsi, elle a pris un repas avec Lucien Bouchard, peu de temps avant la Saint-Jean Baptiste. Or M. Bouchard est fort mal vu des péquistes orthodoxes qui ont toujours douté de ses convictions souverainistes. Et il est tout aussi mal vu des sociaux-démocrates depuis qu‘il a lancé le mouvement des lucides. Par contre, Mme Marois n‘a toujours pas consulté Bernard Landry, qui prêchait un interventionnisme à outrance et qui se souciait peu du déficit lorsqu‘il était premier ministre. M. Landry pourra jouer les belles-mères s‘il le désire, il ne sera pas dans les confidences de Mme Marois. Son absence du Capitole, mercredi soir, était significative, tout comme celle d‘André Boisclair.

Au fond, Mme Marois enverrait un signal très fort si elle quittait Montréal pour se présenter dans Charlevoix. Ce serait quitter la gauche caviar du Plateau Mont-Royal, dont la pensée est souvent à des lieux des préoccupations du reste du Québec. Et si Mme Marois s‘ennuie, elle pourrait toujours aller prendre le lunch chez Louise Beaudoin qui reçoit souvent ses amies de filles, les Lisa Frulla et Lise Bissonnette, dans son p‘tit chalet de Charlevoix. À quatre, elles pourraient réinventer le monde.

Option Canada: le deuxième rapport

Mine de rien, sans tambour ni trompettes, le Directeur général des élections a rendu public ce matin la deuxième partie de son rapport sur l‘enquête portant sur les allégations contenues dans le livre Les secrets d‘Option Canada des auteurs Normand Lester et Robin Philpot. Alors que le premier rapport était consacré aux constats et aux conclusions, le deuxième rapport contient les recommandations du commissaire-enquêteur, l‘ex-juge Bernard Grenier, à la suite de l‘enquête.

Après avoir lu le communiqué en diagonale (nous n‘avons pas encore lu le rapport comme tel), on peut constater que les recommandations de l‘ex-juge Grenier vont dans le sens d‘un renforcement de la législation actuelle en matière de financement électoral (ou, dans le cas qui nous concerne, référendaire). Bref, pas de remise en cause d‘éléments tels que les comités-parapluie, le plafonnement des dépenses, l‘interdiction du financement par des personnes morales ou la limitation des contributions financières pouvant êtres versées par un électeur. De plus, à première vue, certaines recommandations pourraient également être appliquées lors des campagnes électorales à l‘Assemblée nationale ou au municipal. Reste à voir si les recommandations seront incluses dans un projet de loi qui serait déposé à l‘Assemblée nationale au cours des prochains mois.

Le deuxième rapport peut être téléchargé ici (format pdf).

Communiqué

Enquête du DGE sur certaines révélations du livre Les secrets d‘Option Canada – Me Bernard Grenier recommande plusieurs mesures visant une plus grande transparence du processus référendaire

Québec, le 28 juin 2007 – S‘appuyant sur la preuve recueillie lors de l‘enquête qu‘il a menée sur certaines révélations du livre Les secrets d‘Option Canada, le commissaire enquêteur Bernard Grenier propose de rendre le processus référendaire québécois plus transparent, notamment en instaurant un mécanisme de divulgation des dépenses avant la période référendaire comme telle, en augmentant les responsabilités des agents officiels des comités du OUI et du NON tout en les rendant plus indépendants, et en encadrant mieux le travail bénévole partisan. Me Grenier suggère également qu‘une campagne publicitaire favorisant ou défavorisant l‘option du OUI ou du NON, et financée par un gouvernement ou une entreprise, ne puisse être diffusée au Québec durant la période référendaire sans avoir obtenu l‘approbation de l‘agent officiel d‘un comité national.

Le directeur général des élections du Québec, Me Marcel Blanchet, a rendu publiques aujourd‘hui les recommandations de Me Grenier, lesquelles mettent un terme à ses travaux entrepris en janvier 2006. « J‘accueille le deuxième rapport Grenier avec énormément d‘intérêt, a indiqué Me Blanchet, et je crois qu‘il contient des idées qui devraient attirer l‘attention de l‘Assemblée nationale, dans la perspective d‘un renforcement de la loi référendaire québécoise. »
Rappelons que le commissaire enquêteur a établi qu‘un montant d‘environ 539 000 dollars avait été dépensé illégalement en faveur de l‘option du NON durant la période référendaire ayant précédé le référendum de 1995 au Québec et qu‘environ 10,5 millions de dollars avaient été également dépensés durant les mois qui ont précédé la période référendaire par le Conseil pour l‘unité canadienne (CUC) et par Option Canada, un organisme créé par le CUC.

Des contrôles en période pré-référendaire

Dans l‘exposé de ses recommandations, Me Grenier souligne que « c‘est en période pré-référendaire que la plupart des dépenses d‘organisation, de sondage et de publicité sont effectuées, ce qui risque de débalancer significativement l‘équilibre des forces en présence que cherche à assurer la loi référendaire québécoise ». Dans ce contexte, le commissaire enquêteur soumet « qu‘il y aurait un net avantage à ce que la période réglementaire soit plus longue qu‘un mois et qu‘elle soit divisée en deux phases : la période pré-référendaire et la période référendaire. Dès le début de la période pré-référendaire, un comité provisoire serait créé et l‘agent officiel de ce comité serait nommé. Les dépenses du comité provisoire, des groupes qui lui sont affiliés et des groupements indépendants en faveur d‘une option ne seraient pas limitées, mais elles devraient néanmoins être portées à la connaissance de l‘agent officiel et rendues publiques. » Lorsque la période référendaire débuterait, le comité provisoire se transformerait en comité national soumis à l‘ensemble des règles de financement. La période totale de contrôle, estime Me Grenier, devrait être de 2 ou 3 mois. Ce système obligerait le gouvernement à déterminer plus tôt la date du référendum.

Le rôle de l‘agent officiel

Décrivant ce qui distingue un référendum d‘une élection générale ordinaire, Me Grenier rappelle qu‘en période pré-référendaire ou référendaire, « de nombreux intervenants sont susceptibles de prendre position en faveur d‘une option ou d‘une autre, par exemple des groupes affiliés à un comité national qui disposent souvent de moyens financiers nettement plus substantiels que ceux du parti politique qui appuie une option et qui dirige le comité national. » Le commissaire-enquêteur est donc d‘avis que l‘agent officiel de ce comité devrait disposer « de véritables pouvoirs de contrôle et de surveillance à l‘égard de l‘ensemble des groupes affiliés et des autres groupes indépendants qui appuient une option », de façon à pouvoir exiger de leur part « une véritable reddition de compte ».

Cette recommandation impliquerait que l‘agent officiel commencerait son travail durant la période pré-référendaire à un moment prévu par la loi. Ainsi, il pourrait connaître l‘identité des fournisseurs principaux d‘un comité provisoire et l‘ampleur des dépenses qu‘ils engageraient. Les agents officiels devraient suivre une formation beaucoup plus poussée et leur indépendance serait reconnue par la loi de façon explicite. Ils pourraient par ailleurs recevoir une allocation du Directeur général des élections, ce qui serait de nature à accroître leur indépendance.

Me Grenier va plus loin en proposant que chaque groupe affilié (comme c‘était le cas pour le Conseil pour l‘unité canadienne en 1995), ainsi que les groupes indépendants, aient un agent officiel délégué qui relèverait directement de l‘agent officiel d‘un comité national. Quant aux fournisseurs des différents comités et groupes impliqués dans le débat référendaire, ils devraient avoir une place d‘affaires au Québec pour éviter « que la juridiction du DGE soit remise en question pour des motifs d‘ordre territorial ».

Le travail « bénévole »

L‘enquête de Me Grenier a révélé que « certains mécanismes avaient été mis sur pied pour contourner les exigences de la loi, notamment l‘octroi de « primes de séparation » à des organisateurs du Conseil pour l‘unité canadienne qui auraient dû être des travailleurs « bénévoles » durant la période référendaire, mais qui en réalité étaient des personnes rémunérées. Le commissaire estime que la loi devrait prévoir spécifiquement que de telles primes de séparation, ou tout autre montant ayant pour but d‘inciter une personne à se rendre disponible afin de travailler en période référendaire « constitue une dépense réglementée ». Il estime en outre que la loi devrait définir ce qu‘est un bénévole.

Les représentants des médias sont priés de noter que Me Grenier n‘accordera aucune entrevue. Le rapport ainsi que le communiqué sont disponibles dans le site Web du DGE (www.electionsquebec.qc.ca).

Enquête du DGE sur certaines révélations du livre Les secrets d‘Option Canada (PDF : 192 Ko / 15 pages)

Comparons les sondages

L‘avantage lorsqu‘on a deux sondages publiés le même jour, c‘est qu‘on peut comparer les résultats lorsque des questions portent sur des sujets similaires.

Confiance à l‘endroit des chefs

Léger Marketing: Entre Jean Charest, Mario Dumont et Pauline Marois, en qui avez-vous le plus confiance pour!?
Jean Charest (LIB) Mario Dumont (ADQ) Pauline Marois (PQ) Aucun Indécis
le développement économique et l‘emploi? 25,0 33,0 32,0 5,0 5,0
l‘amélioration du système de santé? 22,0 32,0 31,0 9,0 6,0
l‘éducation? 19,0 34,0 37,0 5,0 5,0
l‘environnement? 19,0 35,0 31,0 8,0 7,0
la gestion des finances publiques? 25,0 29,0 35,0 6,0 5,0
la défense des intérêts du Québec? 23,0 26,0 44,0 4,0 3,0
CROP: Lequel des leaders politiques suivants – Jean Charest, Mario Dumont, Pauline Marois…
Jean Charest (LIB) Mario Dumont (ADQ) Pauline Marois (PQ) Aucun Indécis
propose le plus de nouvelles idées pour l‘avenir du Québec? 11,0 52,0 15,0 8,0 13,0
vous semble le plus préoccupé par le fardeau fiscal des Québécois? 26,0 37,0 15,0 6,0 16,0
permettrait au Québec de faire face avec succès à l‘enjeu des changements climatiques? 20,0 27,0 20,0 11,0 22,0
permettrait au Québec de résoudre la crise dans le milieu de la santé? 18,0 27,0 25,0 15,0 15,0
vous semble le plus sensible aux problèmes des familles? 14,0 51,0 21,0 3,0 11,0

Note: Nous avons volontairement omis certaines sous-questions du sondage CROP qui ne traitent pas des perceptions des répondants sur des dossiers de fond, du genre « lequel vous inspire le plus confiance » ou « lequel voudriez-vous avoir comme ami ».

Meilleur premier ministre

Léger: Selon-vous, laquelle des personnalités politiques suivantes ferait le meilleur Premier ministre du Québec? Serait-ce!?
Jean Charest (LIB) Mario Dumont (ADQ) Pauline Marois (PQ) Scott McKay (VRT) Françoise David (QS) Aucun Indécis
  23,0 26,0 37,0 3,0 1,0 5,0 5,0
CROP: Lequel des leaders politiques suivants – Jean Charest, Mario Dumont, Pauline Marois – ferait le meilleur premier ministre du Québec?
Jean Charest (LIB) Mario Dumont (ADQ) Pauline Marois (PQ) Scott McKay (VRT) Françoise David (QS) Aucun Indécis
  21,0 31,0 32,0     7,0 8,0

Note: Scott McKay et Françoise David ne figurent pas dans le choix de réponses proposé dans le sondage CROP.

Souveraineté

Léger: Si un référendum avait lieu aujourd‘hui sur la souveraineté du Québec, voteriez-vous POUR ou CONTRE la souveraineté du Québec ?
Pour Contre
  42,0 58,0
CROP: Si un référendum avait lieu aujourd‘hui vous demandant si vous voulez que le Québec devienne un pays souverain, voteriez-vous Oui ou voteriez-vous Non?
Oui Non
  32,0 68,0

Sondage Léger Marketing de juin 2007

Après le sondage CROP publié ce matin dans La Presse, un autre sondage, celui-là réalisé par Léger Marketing et publié dans les pages du Journal de Montréal, tend à démontrer que les principaux partis sont dans une situation d‘égalité statistique. Ainsi, après répartition des indécis, les intentions de vote de la population québécoise seraient les suivantes (les chiffres entre parenthèses indiquent la variation par rapport au dernier sondage de Léger Marketing de mai 2007):

  • PQ: 32% (+2)
  • ADQ: 31% (-2)
  • LIB: 28% (=)
  • VRT: 5% (+1)
  • QS: 4% (=)
  • Autres: 0% (-1)

Malheureusement, les résultats avant répartition des indécis ne sont pas disponibles.

Voici d‘autres données intéressantes tirées du sondage:

  • 37% des répondants sont d‘avis que Pauline Marois ferait la meilleure première ministre du Québec, 26% optent pour Mario Dumont et 23% penchent pour Jean Charest. Françoise David et Scott McKay ferment tous deux la marche avec 3% et 1% respectivement.
  • Si un éventuel sur la souveraineté (sans offre de partenariat) avait lieu ces jours-ci, 42% des répondants voteraient pour et voteraient 58% contre.
  • Léger Marketing sonde également les répondants sur leur niveau de confiance envers les chefs des principaux partis concernant certains dossiers sectoriels. Nous y reviendrons.

Le sondage Léger Marketing a été réalisé par téléphone du 20 au 24 juin 2007 auprès de 1 000 québécois. La marge d‘erreur est de +/- 3,1%, 19 fois sur 20. Les données finales ont été pondérées selon le sexe, l‘âge, la langue maternelle et la région, de façon à être représentatives de la population du Québec, selon les dernières données de Statistique Canada. Le rapport d‘analyse de Léger Marketing peut être consulté ici (fichier pdf).

Sondage CROP de juin 2007

Il y a présentement égalité statistique entre les trois principaux partis au Québec, le Parti québécois n‘ayant qu‘une avance de 1% sur l‘Action démocratique du Québec et de 2% sur le Parti libéral du Québec. C‘est ce que révèle le dernier sondage CROP publié ce matin dans La Presse. Après répartition proportionnelle des 13% d‘indécis, les intentions de vote se déclinent comme suit (les chiffres entre parenthèses indiquent la variation par rapport au dernier sondage CROP du début de juin):

  • PQ: 29% (=)
  • ADQ: 28% (-1)
  • LIB: 27% (-1)
  • VRT: 9% (+1)
  • QS: 6% (+1)
  • Autres: 1% (+1)

Avant répartition des indécis, les intentions de vote se répartissent comme suit: PQ 25%, ADQ 24%, LIB 23%, VRT 8%, QS 6% et autres partis 1%. Par ailleurs, lorsqu‘on questionne les répondants sur leurs intentions de vote « avec Jean Charest comme chef du PLQ » (sans nommer les autres chefs de parti), le PQ obtient 31% des appuis après répartition des indécis (ADQ 30%, LIB 27%, VRT 6% et QS 5%). Si on pose la même question « avec Philippe Couillard comme chef du PLQ » les appuis envers le PQ montent à 32% (ADQ 29%, LIB 28%, VRT 6% et QS 5%).

Pour ce qui est des autres faits saillants du sondage, mentionnons les suivants:

  • 36% des répondants affirment être « très » ou « plutôt » satisfaits à l‘endroit du gouvernement Charest tandis que 60% d‘entre eux se disent être « très » ou « plutôt » insatisfaits. On revient au niveau de satistaction de mars 2007 après une brève hausse de la satisfaction à l‘endroit du gouvernement en mai.
  • Au sujet de la popularité des chefs, 32% croient que Pauline Marois ferait la meilleure première ministre du Québec, 31% optent pour Mario Dumont et 21% choisissent Jean Charest (7% ont choisi « aucun », 8% ne savent pas). Nous venons d‘ailleurs de remarquer que CROP a changé le libellé de sa question portant sur la popularité des chefs de parti. Depuis mai, on demande de nommer le leader qui, selon les répondants, ferait le « meilleur premier ministre du Québec » tandis qu‘auparavant, on parlait de celui le « plus apte à diriger le prochain gouvernement du Québec ». Nous ne sommes pas en mesure de juger si un tel changement affecte les résultats.
  • 32% des répondants voteraient « oui » lors d‘un référendum sur la souveraineté du Québec et 68% voteraient « non » (les deux méthodes de répartition, la proportionnelle et la « CROP », donnent le même résultat). Là encore, il y a eu changement dans le libellé de la question depuis deux mois (avant, on questrionnait sur les intentions de vote sur la souveraineté-partenariat). La question sur la souveraineté sans partenariat avait été testée en septembre 2004 (2-5 septembre)et à ce moment-là , le « oui » avait obtenu, avant répartition des indécis, 35%. Lors du sondage précédent (août 2004) et du suivant (septembre 2004), l‘appui envers la souveraineté avec partenariat était de 41% et 42% respectivement (avant répartition des indécis).
  • 63% des répondants croient que l‘élection d‘un gouvernement minoritaire le 26 mars dernier a été « une bonne chose ». 29% estiment le contraire.
  • 68% des répondants croient que sous la direction de Pauline Marois, le Parti québécois devrait abandonner son idée de faire du Québec un pays souverain et réclamer plutôt plus de pouvoirs pour le Québec au sein du Canada. 27% s‘y opposent.
  • 25% des répondants croient que « au cours des 15 à 20 dernières », les relations se sont « améliorées » entre le Québec et le reste du Canada, 14% estiment qu‘elles se sont « déteriorées » et 56% jugent qu‘elles sont « demeurées stables ». Il faut toutefois être prudents avec ce genre de question où l‘on réfère à un contexte aussi vague que « il y a 15 ou 20 ans ». Il y a 20 ans, nous étions en 1987, l‘Accord du lac Meech venait d‘être signé et le Québec semblait sur le point de réintégrer la constitution canadienne. Il y a 15 ans, nous étions en 1992 et en plus de vivre les séquelles de l‘échec de l‘Accord du lac Meech, l‘Entente de Charlottetown était sur le point d‘être rejetée par les Québécois et l‘appui envers la souveraineté s‘élevait à des niveaux sans précédent. Cinq petites années peuvent changer toute la perspective sur une question de ce genre.

Le sondage téléphonique a été réalisé du 14 au 25 juin 2007 auprès de 1 000 répondants. La marge d‘erreur est de +/- 3%, 19 fois sur 20. Les résultats ont été pondérés sur la base du Recensement du Canada de 2001 afin de refléter la distribution de la population adulte du Québec selon le sexe, l‘âge, la région de résidence des répondants et leur langue d‘usage à la maison. Le rapport d‘analyse du sondage peut être consulté ici (format pdf).

Pointe-aux-Trembles: Boisclair reste?

Pendant qu‘on discute ouvertement d‘une possible candidature de la nouvelle chef du Parti québécois, Pauline Marois, dans Pointe-aux-Trembles, l‘entourage du député de Pointe-aux-Trembles, André Boisclair (PQ), a démenti auprès d‘un journaliste de l‘hebdo L‘Avenir de l‘Est de l‘arrondissement Pointe-aux-Trembles les rumeurs à l‘effet que Boisclair serait sur le point de démissionner à titre de député:

(…) L‘attaché politique d‘André Boisclair, Nicolas Poirier-Quesnel, a indiqué que de telles informations ne sont que des rumeurs et des ouà¯-dire. « André Boisclair continue son travail de député. Il était d‘ailleurs dans le comté la semaine dernière afin de rencontrer des citoyens et des organismes », précise-t-il. (…)

Fait étonnant, le reste de l‘article, qui traite d‘un éventuel après-Boisclair dans le comté, parle non pas d‘un retour de Pauline Marois, mais plutôt de l‘ex-députée de Pointe-aux-Trembles (1996-2006), Nicole Léger (PQ).

Bon bien ça y est

Mine de rien, on vient d’assister à une première au Québec: une femme vient d’accéder de plein titre au poste de chef d’une formation politique ayant des députés à l’Assemblée nationale. d’autres femmes avaient déjà occupé les plus hautes fonctions au sein d’un parti politique, mais c’était à titre intérimaire. En 1998, Monique Gagnon-Tremblay avait été chef de l’opposition officielle durant les quelques mois précédant l’élection de Jean Charest à l’Assemblée nationale, mais n’avait jamais été chef du Parti libéral du Québec à proprement parler (Jean Charest avait succédé directement à Daniel Johnson (fils)). Et en 2005, Louise Harel avait été chef intérimaire du Parti québécois et chef de l’opposition officielle entre la démission de Bernard Landry et l’élection d’André Boisclair.

Le Parti québécois l’a confirmé peu après 17h cet apès-midi:

Pauline Marois devient la première femme chef du Parti Québécois

La présidente d’élection, Lyne Marcoux, a déclaré aujourd’hui : « Je n’ai reçu qu’un bulletin de candidature qui remplissait les critères que les membres du Parti Québécois s’étaient donnés. Madame Pauline Marois deviendra demain soir la 7e chef du Parti Québécois ».

Soirée d’acclamation pour la nouvelle chef du Parti Québécois
Les membres du Parti Québécois sont donc conviés à une activité pour désigner la nouvelle chef du Parti Québécois qui se tiendra demain au Cabaret du Capitole.

Date : 27 juin 2007
Heure : 19 heures
Lieu : Le Cabaret du Capitole
972, rue Saint-Jean Québec

Rappelons que le règlement d’élection, adopté à l’unanimité par la conférence nationale des présidentes et des présidents du Parti Québécois du 26 mai dernier, précisait que pour devenir candidate ou candidat officiel, il fallait obtenir l’appui de 1 500 membres en règle au moment du dépôt du bulletin. Ces 1 500 signatures devaient provenir d’au moins 6 régions ainsi que d’au moins 40 circonscriptions différentes avec un minimum de 10 signatures dans chacune de ces circonscriptions.

Les personnes qui souhaitaient déposer leur candidature avaient jusqu’au 26 juin 2007 à 17 heures pour faire parvenir leur bulletin complété à la présidente d’élection.

Prochaine étape, Pointe-aux-Trembles?

Élection générale du 26 mars 2007: taux de participation

Dans la foulée de la publication la semaine dernière du Rapport des résultats officiels du scrutin du 26 mars 2007, La Presse consacre aujourd‘hui un article sur la baisse marquée du taux de participation dans un certain nombre de circonscriptions électorales de l‘ouest de l‘île de Montréal. L‘article fait également état d‘une « forte hausse » de la participation électorale dans Champlain par rapport à l‘élection générale de 2003.

Si on replace cette hausse dans son contexte, on conclura rapidement qu‘elle n‘est pas aussi spectaculaire qu‘il n‘y paraît. En effet, lors du scrutin général du 14 avril 2003, 75,64% des électeurs inscrits s‘étaient prévalus de leur droit de vote dans Champlain. Toutefois, le scrutin a dû être repris le 20 mai suivant car les deux premiers candidats étaient arrivés à égalité à l‘issue du recomptage judiciaire (la Loi électorale prévoit la tenue d‘une « élection spéciale » lorsqu‘une telle situation survient). Le taux de participation était alors de 57,70%. Étant donné qu‘il y avait campagne électorale dans Champlain depuis le début de mars et que les électeurs avaient déjà voté une première fois le 14 avril, on peut présumer qu‘il y avait une certaine lassitude chez ces derniers, sans compter que leur vote était devenu moins déterminant qu‘il ne l‘aurait été lors de l‘élection générale proprement dite (un siège de plus ou de moins n‘aurait rien changé sur l‘identité du parti formant le gouvernement, les libéraux étant nettement majoritaires). De plus, comme il s‘agissait d‘une élection spéciale qui n‘avait lieu que dans une seule circonscription, la couverture de la campagne dans les médias « nationaux » était pour le moins minimaliste. Bref, une baisse aussi radicale du taux de participation en 1 mois et demi ne devrait pas surprendre.

En réalité, si on compare des pommes avec des pommes (élection générale vs élection générale), la participation électorale dans Champlain a connu une hausse beaucoup plus modeste (0,90%) entre 2003 et 2007 puisqu‘il est passé à 76,54%.

Le mardi 26 juin 2007

Élections provinciales: baisse de participation dans l‘Ouest-de-l‘Île

Hugo Fontaine
La Presse

Les sept circonscriptions qui ont enregistré la plus forte baisse du taux de participation lors des élections provinciales du 26 mars sont situées dans l‘île de Montréal.

Six d‘entre elles sont dans l‘Ouest-de-l‘Île.

Volà l‘un des faits saillants du Rapport sur les résultats officiels du scrutin, dévoilé cette semaine par le Directeur général des élections (DGE).

L‘organisme a enregistré des baisses variant de 4,5 à 8,5% par rapport aux élections de 2003 dans ces sept circonscriptions, parmi lesquelles se trouvent Marguerite-Bourgeoys, Mont-Royal et Jeanne-Mance-Viger. C‘est dans D‘Arcy-McGee que la baisse est la plus marquée.

Dans Champlain: forte hausse

À l‘autre extrémité de la liste, la circonscription de Champlain voit son taux de participation augmenter de près de 19%. C‘est que, en 2003, il avait fallu reprendre le scrutin parce que deux candidats étaient arrivés ex aequo. Mais lors de la reprise, beaucoup moins de gens étaient allés voter.

On remarque les plus fortes hausses dans les régions éloignées, notamment au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Vote le plus massif: 82,6%

Ce sont les électeurs de Marguerite-d‘Youville, au sud de Montréal, qui sont allés voter le plus massivement (82,6%) pour élire le plus jeune député de l‘Assemblée nationale, Simon-Pierre Diamond. Moins de la moitié des citoyens (46,5%) de la plus grande circonscription du Québec, Ungava, se sont rendus aux urnes.

Le taux de participation global a été de 71,23%, une hausse de moins d‘un point par rapport à 2003. C‘est donc dire que les dispositions de la loi 22 (commissions de révision itinérantes, prolongation des heures de vote par anticipation, élargissement du vote par anticipation, itinérant et par correspondance) n‘ont pas eu d‘effet significatif sur la participation des électeurs.

Bonne fête nationale!

Puisque vous êtes des personnes normalement constituées et que vous avez certainement mieux à faire durant une fin de semaine de trois jours que de pitonner sur votre ordinateur, nous profitons de ce vendredi soir pour vous souhaiter une bonne fête nationale, avec bien du plaisir et tout ce genre de choses.

Et tant qu‘à y être, pourquoi ne pas en profiter pour participer à une des nombreuses activités organisées partout au Québec? Il y en a pour tous les goûts (il n‘y a pas juste les Plaines dans la vie), allez voir au www.fetenationale.qc.ca.

Et surtout, jouez prudemment!

Fin de saison sur la scène municipale

Avec le printemps qui s‘achève, voici quelques nouvelles de derrière les fagots concernant la politique municipale:

  • Baie-Saint-Paul (Capitale-Nationale): M. Pierre-André Thomas a remporté l‘élection partielle qui avait lieu le 27 mai dernier afin de combler le poste de conseiller de conseiller no 1 pour le district no 1 à la Ville de Baie-Saint-Paul. M. Thomas a obtenu 70% des voix devant Mme Mariette Pilote et M. Luc Fortin (leur résultat respectif n‘est pas précisé).
  • La Sarre (Abitibi-Témiscamingue): selon l‘hebdo Le Citoyen, M. Fontaine aurait fait une entrée remarquée au conseil municipal de la Ville de La Sarre à la suite de son élection comme conseiller no 2, Quartier Centre, le 10 juin dernier. Les résultats du scrutin et l‘identité de ses adversaires ne sont toutefois pas précisés dans l‘article.
  • Lyster (Centre-du-Québec): M. Dany Bolduc a été élu le 10 juin dernier au poste de conseiller municipal pour le district no 5 à la Municipalité Lyster. M. Bloduc l‘a emporté par 50 voix contre 47 pour Mme Louise Martineau 24 24 pour Mme Corinne Merle. 121 électeurs inscrits sur 234 se sont prévalus de leur droit de vote, ce qui donne un taux de participation de 52%.
  • Mandeville (Lanaudière): lors d‘un scrutin qui avait lieu le 20 mai, M. Jean-Claude Charpentier, ex-conseiller municipal à la Municipalité de Mandeville, a été réélu au conseil municipal (quartier no 1) contre Mme Lucie Hénault par 82 voix contre 62. 145 électeurs inscrits sur 392 ont pris part au scrutin.
  • Saint-Adolphe-d‘Howard (Laurentides): selon l‘hebdo L‘Information du nord Saint-Agathe, Yves Trempe a démissionné le 18 mai dernier du poste de conseiller municipal pour le siège no 4 à la Municipalité de Saint-Adolphe-d‘Howard.
  • Saint-Jérôme (Laurentides): autre course à trois le 10 juin dernier afin de combler le poste de conseiller municipal pour le district no 8 (district Lamontagne) à la Ville de Saint-Jérôme. M. Stéphane Piché (Alliance des citoyens) a obtenu 60% des voix contre 26 pour son principal adversaire, M. Gérald Cyr (Parti d‘opposition). Le candidat indépendant Éric Charbonneau a terminé au troisième rang avec 14 % des suffrages.
  • Sainte-Marie-Salomé (Lanaudière): trois postes de conseillers sont présentement vacants à la Paroisse de Sainte-Marie-Salomé (sièges nos 1, 2 et 3). L‘élection partielle visant à combler le siège no 2 aura lieu le 15 juillet prochain. Pour l‘instant, un seul candidat est dans la course, soit M. Daniel Bourgeois.

Jouez à The ReDistricting Game

La carte électorale du Québec ayant fait l‘objet ces derniers mois de plusieurs critiques, la Commission de la représentation électorale devrait amorcer d‘ici peu ses travaux afin de revoir la délimitation des 125 circonscriptions électorales du Québec et rééquilibrer les écarts qui sont apparus au cours des deux dernières élections générales.

Exercice anodin et sans conséquences? Détrompez-vous, car la modification des limites d‘une circonscription électorale peut avantager un parti politique au détriment d‘un autre. Lorsqu‘on accumule les changements sur l‘ensemble du Québec, ça peut, dans des cas extrêmes, avoir un impact sur la formation d‘un gouvernement. Pour vous en convaincre, allez donc jouer à The ReDistricting Game, produit par le Annenberg Center à USC et qui vise à informer les citoyens américains sur les conséquences de la délimitation des districts électoraux sur la vie politique aux États-Unis.

Bon, c‘est sûr qui faut prendre en considération le contexte propre aux États-Unis. Dans la plupart des États, les législateurs détiennent un pouvoir décisionnel sur la délimitation des districts et souvent ne se gênent pas pour se confectionner une carte électorale faite sur mesure (ce qu‘on appelle le gerrymandering). Au Québec, les députés et les partis politiques n‘ont (heureusement) pas un tel pouvoir; c‘est la Commission de la représentation électorale qui tranche. Un organisme similaire fait la même chose au fédéral. Le jeu demeure néanmoins instructif sur l‘impact d‘un aspect parfois négligé de notre système électoral.

Le DGE n’a rien appris, ni rien oublié

Le Directeur général des élections a rendu public aujourd’hui le Rapport des résultats officiels du scrutin du 26 mars 2007. Le rapport aborde notamment une question qui avait fait beaucoup jaser à l’époque, soit l’adaptation de la Loi électorale aux nouvelles technologies («nouvelles» dans le sens de «qui n’étaient pas encore répandues lors de l’élection générale de 2003»), notamment en ce qui a trait aux vidéos en ligne et des blogues. Nous avions d’ailleurs consacré quelques articles sur le sujet ici, ici, et par là .

Le chapitre portant sur les nouvelles technologies en période électorale (dans les faits saillants (format pdf)) laisse entendre que le DGE, à l’image des Bourbons «n’a rien appris, ni rien oublié.»*

Utilisation des nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) en période électorale

Les possibilités offertes par les NTIC sont de plus en plus omniprésentes et utilisées sur le Web. Ces technologies permettent de moderniser les pratiques de communication, d’information et d’échanges. En dehors d’une période électorale, le Directeur général des élections n’a pas à intervenir en cette matière. Il en est autrement en période électorale puisqu’il lui revient d’appliquer et de faire respecter la Loi électorale notamment au regard du contrôle des dépenses électorales des partis et des candidats et au regard des dépenses de publicité faites par des électeurs (intervenants particuliers). Les élections de mars 2007 ont permis d’observer l’émergence de ces nouvelles technologies.

Peu importe le support de transmission d’un message au public, les règles actuelles de la Loi électorale en matière de dépenses électorales sont applicables et doivent être respectées puisqu’elles visent à garantir l’équité du débat électoral. Le Directeur général des élections a cherché à appliquer la loi avec discernement, sans adopter une approche de surveillance coercitive et en n’oubliant pas que la liberté d’expression est l’une des valeurs à laquelle nous demeurons les plus attachés, individuellement et comme société.

Ainsi, quel que soit le support ou la technologie utilisé, il est important, pour bien comprendre, appliquer et analyser une situation particulière, de se rattacher aux grandes règles de base qui s’appliquent en période électorale en les transposant à cette nouvelle réalité moins tangible et plutôt virtuelle, qu’est le Web.

Enfin, précisons que les plaintes transmises par des intervenants externes en rapport avec le Web ont été traitées comme toute autre situation semblable. Somme toute, les messages sur le Web doivent être contrôlés de la même manière que ceux faits sur tout autre support bien que le Directeur général des élections soit conscient que ses moyens d’intervention en cette matière sont limités.

Pas la moindre trace du début de l’ombre d’un semblant de questionnement sur l’adaptation de notre législation électorale à la réalité des nouvelles technologies en campagne électorale (pourtant, au début de la dernière campagne électorale, on n’hésitait pas à le faire). La loi s’applique, final bâton, et tant pis si son application tatillonne débouche sur des effets pervers!

Sans remettre en question les principes de la Loi sur le financement des partis politiques de 1977, peut-on au moins reconnaître que 30 ans plus tard, dans un contexte que les législateurs de l’époque ne pouvaient même pas imaginer, leur mise en application ne peut plus se faire de la même manière et que des nouvelles voies (incluant peut-être des moyens additionnels?) doivent être étudiées à cette fin?

Peut-être que la publication du Rapport des résultats officiels du scrutin n’est pas le moment propice pour faire une analyse critique de la Loi électorale, mais nous osons espérer qu’à tout le moins, on étudie sérieusement la question à l’Édifice René-Lévesque. Après tout, ce n’est pas comme si le personnel du DGE avait tout son temps! Avec un Parlement minoritaire, la prochaine élection générale arrivera à grands pas (surement pas dans quatre ans!) et le DGE aura très peu de temps pour étudier la question, proposer des solutions et les traduire en modifications à la Loi électorale. Et si des changements ne sont pas apportés rapidement, ça va être pire lors de la prochaine élection générale.

*Ils n’ont rien appris, ni rien oublié: Phrase attribuée à Talleyrand au sujet des émigrés royalistes qui rentrèrent en France après la chute de Napoléon 1er, en 1814 (sous la Restauration) et qui avaient pour objectif de rétablir l’Ancien régime, comme si rien ne s’était passé de 1789 à 1814 (ni la fin de l’absolutisme royal, ni la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, etc.).

Bon bien c‘est fait!

Pauline Marois a officiellement déposé ce matin son bulletin de mise en candidature au poste de chef du Parti québécois. Selon Radio-Canada, son bulletin de mise en candidature comprendrait 7 097 signatures d‘appui dont la provenance n‘est pas précisée. Toutefois, selon un communiqué de presse émis par l‘équipe de campagne de Pauline Marois, on parle plutôt de 7 070 signatures. Même le blogue du PQ a repris vie pour l‘occasion.

À titre comparatif, rappelons qu‘en 2001, Bernard Landry avait déposé un bulletin de mise en candidature avec l‘appui de plus de 5000 membres du Parti québécois dans 118 circonscriptions. Quant à Jean Ouimet, il était passé à moins de 200 voix de forcer la tenue d‘une course à la direction.

Le lundi 18 juin 2007

Marois officiellement candidate

Tristan Péloquin
La Presse
Montréal

De retour d‘une tournée régionale de trois semaines, Pauline Marois vient de déposer officiellement sa candidature pour devenir la prochaine cheffe du Parti québécois.

La politicienne a recueilli un peu plus de 7000 appuis chez les membres du parti.

Mme Marois a affirmé que la «modernisation du projet social démocrate québécois» fait partie de ses priorités. «Je veux aussi que nous cessions de parler de la mécanique référendaire pour nous concentrer sur notre projet de pays. Nous devons expliquer pourquoi il est nécessaire que le Québec devienne un pays», a-t-elle affirmé.

Mme Marois a aussi reconnu que le Parti québécois doit en partie sa défaite électorale au fait qu‘il a «cessé d‘écouter la population».

Mme Marois est pour l‘instant la seule candidate à avoir complété les procédures d‘inscription. Le PQ attendra cependant jusqu‘au 26 juin, 17h, avant de la proclamer cheffe.

Pour pouvoir déposer une candidature, un aspirant candidat doit obligatoirement avoir obtenu l‘appui de 1500 membres répartis dans 40 circonscriptions.

Préparatifs pour le couronnement

Le Soleil nous informe, dans son édition de ce matin, que la direction du Parti québécois préparerait le 27 juin prochain, soit le lendemain de la fin de la période de mise en candidature au poste de chef du PQ, un événement public visant à souligner l‘entrée en fonction de Pauline Marois à titre de chef du parti. Il semble, toujours selon Le Soleil, qu‘aucun opposant potentiel à Pauline Marois ne se serait manifesté jusqu‘à présent.

Parlant de « candidat potentiel » (potentiel dans le sens de « assez culotté pour tenter sa chance sans avoir la moindre chance d‘être élu »), une brève visite sur le site web de Jean Ouimet, candidat en 2005 qui avait tenté en vain de contester le couronnement de Bernard Landry en 2001, ne contient aucune information concernant une éventuelle lutte contre Pauline Marois. Les documents qui concernent une campagne à la direction du PQ remontent à celle de 2005. À notre connaissance, il n‘y a pas d‘autres « candidats potentiels » qui seraient actifs, sur le web ou ailleurs.

Si le scénario du « couronnement » semble bien rodé, il pourrait en être autrement pour la suite des choses. En effet, Le Devoir annonce dans son édition d‘aujourd‘hui que l‘ex-chef du PQ, André Boisclair, n‘a pas pris de décision quant à son avenir politique et qu‘il ne le fera pas avant l‘automne. Or, le scénario idéal envisagé dans l‘entourage de Pauline Marois prévoit justement un retour à l‘Assemblée nationale dès le début de la prochaine session parlementaire en octobre, et la réalisation du plan serait grandement facilitée si un siège à l‘Assemblée nationale, celui de Boisclair dans Pointe-aux-Trembles pour ne pas le nommer, devenait vacant durant l‘été.

Conséquemment, le retour de Pauline Marois à l‘Assemblée nationale pourrait être plus tardif que souhaité, à moins qu‘un autre député accepte de démissionner afin de lui céder son siège.

Le vendredi 15 juin 2007

Marois, chef le 27 juin

Michel Corbeil
Le Soleil

Le couronnement de Pauline Marois à la tête du Parti québécois aura lieu le 27 juin, à Québec. Le lendemain, la députation péquiste se réunira pour une première rencontre sous la direction de l‘expérimentée politicienne.

Selon nos informations, le PQ a réservé le Cabaret du Capitole, le 27 juin. Les préparatifs vont bon train pour accueillir le septième leader de cette formation politique fondée par René Lévesque.

Le scénario du sacre repose sur l‘hypothèse que personne ne forcera une course à la direction dont le PQ veut faire l‘économie. La période de mises en candidature se termine le 26 juin. Pas un prétendant ne s‘est manifesté.

Les 40 députés péquistes ont été mis dans le coup. Ils ont été avisés par l‘état-major du Parti québécois d‘inscrire à leur agenda une participation à un caucus estival, le 28 juin, une semaine après la conclusion des travaux en Chambre.

Marois la députée ?

Pauline Marois a toutes les chances de devenir la première femme à diriger un parti politique présent à l‘Assemblée nationale. Mais sa façon de redevenir députée demeure incertaine.

Un des élus péquistes démissionnera-t-il pour lui donner la chance d‘être élue rapidement ? Pauline Marois attendra-t-elle qu‘une élection complémentaire dans une circonscription qui deviendrait orpheline ? Les cartes ne sont pas jouées.

Une des options évoquées, c‘est que la leader présumée du PQ tente sa chance dans la circoncription du chef déchu André Boisclair. Il faudrait évidemment que celui-ci démissionne. Mais l‘avenir politique de M. Boisclair à titre de député de Pointe-aux-Trembles, comté majoritairement francophone et château fort péquiste, n‘est connu que de lui-même.

André Boisclair ne s‘est pas présenté à l‘Assemblée nationale depuis sa démission comme chef, le 8 mai. Il a été vu à Québec. Il réserve ses activités de député aux citoyens de Pointe-aux-Trembles.

Mme Marois a obtenu un premier mandat comme députée de La Peltrie, dans la région de Québec, de 1981 à 1985. Elle est revenue à l‘Assemblée nationale en 1989, comme représentante de Taillon, sur la rive sud de Montréal. Elle a démissionné en 2006, après avoir perdu la course à la direction du PQ.

Elle s‘apprête à hériter d‘une formation reléguée, le 26 mars, à titre de « deuxième groupe d‘opposition ». L‘Action démocratique du Québec de Mario Dumont est l‘opposition officielle. Le Parti libéral du Québec de Jean Charest a conservé le pouvoir, mais avec un gouvernement fortement minoritaire.

Poursuivez la lecture de «Préparatifs pour le couronnement»→

Cybersquatting

« Quand diable Pauline Marois va-t-elle relancer le site web qu‘elle avait développé lors de la course à la direction du PQ en 2005? C‘est pourtant pas si compliqué de remettre un site à jour. » C‘est la question que nous nous posons depuis qu‘elle a annoncé sa candidature à la succession d‘André Boisclair.

Tristan Péloquin a la réponse ici. Et la nouvelle adresse de Pauline Marois est là .

Étrange tout de même!

On a beau se forcer pour rédiger des articles réfléchis, informatifs et documentés, c‘est quand on se lance dans une montée de lait sur un site web conçu par Fred Caillou écrite en 2 minutes et quart que les lecteurs se mettent à  citer ou à  commenter nos billets (c‘est pas qu‘on se plaigne de susciter des réactions, mais la constatation demeure troublante).

Après ça, on viendra déplorer le fait que la blogosphère politique québécoise n‘est pas arrivée à maturité, que les blogues n‘ont pas encore un impact déterminant, qu‘on privilégie les coups de gueule et le spin partisan au détriment de l‘analyse, blah, blah!

Ouache!

En lisant cet article sur Radio-Canada.ca il y a quelques minutes, nous sommes tombés sur cet hyperlien qui nous dirige vers l’ancien site web de Lise Thibault. C’est le design qui était encore employé quelques jours avant l‘entrée en fonction de Pierre Duchesne, mais nous espérions sa disparition complète avec le changement de régime.

Les titres en lettres cursives, les lettrines au début de chaque page, le design de style «grimoire», le menu inséré dans un signet (un vrai, pas dans le sens de «navigateur web»), il ne manque que des enluminures, des frames et des gifs animés pour revivre l‘expérience complète de la navigation sur «l’autoroute électronique» (tant qu’à retomber dans les archaïsmes…) au temps de Godefroy de Bouillon. 😉 On précise ici que le site web du lieutenant-gouverneur a été lancé en novembre 2001. Sauf que même en novembre 2001, ça faisait cucul.

Au moins le nouveau site du lieutenant-gouverneur a l’air de dater d’une époque où il y a l’électricité.

Ex-lieutenant-gouverneure: 700 000 $ de dépenses injustifiées selon les vérificateurs

Le vérificateur général du Québec et le vérificateur général du Canada ont tous deux dévoilé aujourd‘hui leur rapport spécial portant sur l‘utilisation des fonds publics par l‘ex-lieutenant-gouverneure du Québec, Mme Lise Thibault. Pourquoi deux vérificateurs pour réviser les dépenses de l‘ex-lieutenant-gouverneure? Parce que le budget des lieutenant-gouverneurs relève à la fois du fédéral et des provinces, ce qui, dans le cas qui nous concerne, force chaque vérificateur général à étudier les dépenses relevant de son gouvernement respectif. Il semble que les dépenses les plus controversées touchent les frais de déplacement, lesquels sont défrayés par le fédéral (le gouvernement du Québec paie les dépenses de fonctionnement et la rémunération du Bureau du lieutenant-gouverneur). Les vérificateurs auraient également constaté des cas de double facturation (une même dépense qui aurait été réclamée de la part des deux gouvernements).

Nous allons prendre soin de lire les rapports avant de commenter davantage, mais en attendant, voici les hyperliens vers les rapports et communiqués.

Vérificateur général du Québec

Vérificateur général du Canada

Étude des crédits

Aujourd‘hui débute à l‘Assemblée nationale un moment clé de la vie parlementaire: l‘étude des crédits budgétaires en commission parlementaire. L‘étude des crédits est en effet un des principaux moments où les députés (principalement ceux de l‘opposition dans les faits) sont en mesure d‘exercer leur rôle de surveillance de l‘action gouvernementale.

Nous avons déjà expliqué brièvement la différence entre le « budget » et les « crédits budgétaires » ici, mais pour les besoins de la cause, nous les répétons ici. En gros, la politique budgétaire du gouvernement (le Discours du budget proprement dit et ses lois de mise en oeuvre) propose le niveau global des dépenses du gouvernement, fixe les investissements et annonce les mesures fiscales. Quant aux « crédits budgétaires », que l‘on appelle également « budget des dépenses », ce sont les prévisions de dépenses détaillées pour chaque poste budgétaire dans chaque ministère ou organisme gouvernemental afin qu‘ils puissent réaliser leurs activités et leurs investissement pour une année fiscale donnée.

En déposant les crédits budgétaires à l‘Assemblée nationale, le gouvernement demande donc l‘autorisation de dépenser les sommes d‘argent qu‘il indique pour le financement de ses activités pour la prochaine année. Après un premier examen sommaire à l‘Assemblée, neuf commissions parlementaires étudient les crédits budgétaires des ministères et des organismes compris dans leurs champs de compétence. C‘est cette étape (l‘étude des crédits en commission parlementaire) qui débute aujourd‘hui. 200 heures seront consacrés là -dessus jusqu‘au 18 juin prochain. C‘est un débat prioritaire qui a préséance sur la plupart des autres items qui figurent dans les « affaires du jour » (la préséance ne prévaut pas sur les « affaires courantes », donc il y a toujours une période des questions à chaque jour où l‘Assemblée siège). Puis, lorsque les 200 heures seront complétées, les commissions feront rapport à l‘Assemblée, il y aura débat sur le rapport des commissions et l‘Assemblée nationale votera sur les crédits (pour plus de détails, voir les articles 279 à 291 du Règlement de l‘Assemblée nationale, qui traite de l‘étude des crédits budgétaires). Malgré le fait que le gouvernement soit minoritaire, il ne faut pas nécessairement s‘attendre à une répétition du psychodrame qui a secoué le Québec lors de l‘adoption du Discours sur le budget. Toutefois, on peut certainement s‘attendre à ce que les échanges soient davantage musclés qu‘en situation de gouvernement majoritaire.

Comment se déroulera l‘étude des crédits? Le fonctionnement de l‘Assemblée nationale étant un gros « work in progress » depuis le 26 mars, le président de l‘Assemblée nationale a rendu vendredi dernier une directive (format pdf, voir aux pp. 3-4) aux présidents de commission parlementaire concernant la répartition du temps entre les groupes parlementaires pour l‘étude des crédits. En gros, chaque parti aura un temps d‘intervention proportionnel à sa représentation en Chambre. Comme d‘habitude, le temps de parole sera divisé en blocs de 20 minutes pour chacun des partis. Le premier temps de parole sera accordé à l‘opposition officielle (l‘Action démocratique du Québec), le deuxième temps de parole au deuxième groupe d‘opposition (le Parti québécois) et le troisième au groupe ministériel (le Parti libéral du Québec). Le temps de réponse du ministre est inclus dans chaque bloc.

Le président rend une directive concernant la répartition du temps entre les groupes parlementaires pour l‘étude des crédits budgétaires en commission.

DIRECTIVE DE LA PRÉSIDENCE

La présidence doit s‘en tenir à un critère objectif pour répartir le temps de parole entre les groupes parlementaires. Le critère retenu jusqu‘à maintenant, lorsqu‘un débat est limité dans le temps, consiste à répartir les temps de parole proportionnellement au nombre de sièges détenus à l‘Assemblée par chaque groupe parlementaire. Toutefois, pour les fins de l‘étude des crédits budgétaires pour l‘année financière 2007-2008, la présidence prend note du fait que le gouvernement accepte d‘ajuster le critère de proportionnalité stricte afin de permettre à l‘opposition de bénéficier d‘un temps plus important que ce qui résulterait de l‘application pure et simple des pourcentages de sièges que chaque groupe parlementaire détient au sein de l‘Assemblée.

Ainsi, selon cette proposition, les groupes d‘opposition bénéficieront de 65 % du temps de parole contre 35 % pour le groupe formant le gouvernement. Il a également été convenu que, à moins d‘indication contraire, les débats d‘une durée de deux heures et moins ne donneront lieu à aucune remarque préliminaire, sauf pour les crédits consacrés à la jeunesse qui feront l‘objet de remarques préliminaires de 10 minutes pour chaque groupe parlementaire. Les débats de plus de deux heures, mais de moins de six heures, donneront lieu à des remarques préliminaires de 10 minutes pour chaque groupe parlementaire, sauf pour les crédits consacrés au Conseil exécutif qui feront l‘objet de remarques préliminaires de 20 minutes pour chaque groupe parlementaire. En ce qui concerne les débats de plus de six heures, la durée de chacune des remarques préliminaires sera de 15 minutes. Aucun temps particulier ne sera prévu pour des remarques préliminaires de la part des ministres, mais ces derniers pourront utiliser celui dévolu au groupe parlementaire formant le gouvernement.

Déduction faite des remarques préliminaires, le groupe formant le gouvernement disposera de 35% du temps de l‘étude des crédits, alors que les deux groupes d‘opposition se partageront les 65 % du temps restant en fonction de leur part respective au sein de l‘opposition, soit 53 % pour l‘opposition officielle et 47 % pour le deuxième groupe d‘opposition. Le temps non utilisé par un groupe parlementaire sera redistribué entre les groupes parlementaires selon la proportion énoncée ci-haut.

Les interventions de chaque groupe parlementaire s‘effectueront en blocs de 20 minutes maximum comprenant les questions et les réponses du ministre. Puisqu‘il s‘agit de l‘exercice d‘un contrôle parlementaire, le premier bloc sera attribué à l‘opposition officielle. Le deuxième bloc ira au deuxième groupe d‘opposition et le troisième au groupe parlementaire formant le gouvernement.

Il convient toutefois de mentionner que cette façon de répartir le temps est valable dans la mesure où il n‘y a pas d‘entente entre les groupes parlementaires au sein d‘une commission. Il sera donc toujours possible pour les membres d‘une commission de convenir d‘une autre manière de répartir le temps.

L’expérience est une lanterne que l’on porte dans le dos et qui n’éclaire que le chemin parcouru

C’est maintenant un classique: après chaque élection générale, les sondeurs se lancent en pleine introspection afin de trouver pourquoi le scrutin ne se déroule pas comme ils l’avaient prévu. Ce matin dans La Presse (pas de lien disponible), Claire Durand, professeure au département de sociologie à l’Université de Montréal, dévoile les résultats d’une étude réalisée en collaboration avec CROP afin de tenter d’expliquer les raisons pour lesquelles le vote de l’ADQ avait été sous-estimé par les sondeurs à la veille de l’élection générale du 26 mars dernier.

Mais d’abord, une petite mise en contexte s’impose: le texte de Mme Durand porte spécifiquement sur le sondage CROP paru deux jours avant le scrutin, soit le 24 mars. Or, trois autres sondages étaient parus le même jour.

Sondage LIB ADQ PQ VRT QS Aut. Écart total* Écart total**
Résultats du scrutin (arrondi à l’unité près) 33 31 28 4 4 0    
Angus Reid Strategies (sondage par Internet, réalisé du 22 au 23 mars, N=838, ME=3,5%) 30 31 27 7 5 0 4 6
CROP (sondage téléphonique, réalisé du 15 au 22 mars, N=1053, ME 3,1%) 34 25 28 8 5 0 7 10
Léger Marketing (sondage téléphonique, réalisé du 19 au 23 mars, N=1000, ME=3,1%) 35 26 29 5 4 1 8 10
The Strategic Counsel (sondage téléphonique, réalisé du 21 au 22 mars, N=1000, ME=3,1%) 30 28 31 6 5 0 9 10

* Écart total pour les trois principaux partis.
** Écart total pour tous les partis.

Les nombres en caractères gras indiquent les scores « prédits » par les sondeurs dont l’écart par rapport au score « réel » est supérieur à la marge d’erreur. On peut voir qu’Angus Reid Strategies a les résultats qui sont les plus près du vote réel (lui seul met le PQ en troisième place) tandis que CROP et Léger sous-estiment le vote adéquiste selon un écart supérieur à la marge d’erreur. Quand à Strategic Counsel, il n’a aucun écart individuel qui dépasse la marge d’erreur (pour les trois principaux partis, il est « flush » à chaque fois), mais lorsque l’on cumule les écarts, c’est le sondage qui s’avère le moins exact (il allait jusqu’à prédire une première place au PQ).

(Petite parenthèse sur Angus Reid Strategies: c’est une firme basée principalement à Vancouver, fondée par un vieux routier des sondages d’opinion au Canada anglais, Angus Reid, et qui occupe un créneau encore peu occupé au Canada: les panels sur Internet (pour ceux qui sont à l’aise en anglais et qui veulent en savoir plus sur les panels en ligne, il y a un document explicatif (format pdf) ici). Le sondage que cette firme a publié le 24 mars est passé complètement inaperçu au Québec (quand nous disons complètement inaperçu, nous nous incluons là dedans; nous n’en avons pris connaissance que quelques jours après le jour J). Pourtant, ils se vantent d’avoir réalisé le sondage le plus précis lors des dernières élections générales au Québec et au Manitoba (c’était en mai). Fin de la parenthèse)

Selon l’étude postélectorale de Claire Durand, 16% des répondants qui avaient révélé leur choix lors du sondage ont changé d’avis au moment de voter (on parle d’une personne sur six, quand même!). De plus, les « indécis » et les « discrets » se répartissent de la même manière que les autres répondants, ce qui semble confirmer que la répartition « proportionnelle » des indécis lors des sondages serait, dans le contexte actuel, la plus susceptible de donner des bons résultats. Or, en tenant compte des mouvements de dernière minute (rappelons que le sondage CROP a débuté le 15 mars), on revient à l’intérieur de la marge d’erreur. Donc, la principale erreur de CROP est vraisemblablement d’avoir échelonné le sondage sur huit jours. Quand on y pense, c’est énorme sur une campagne électorale de 33 jours.

La grosse conclusion de Mme Durand, c’est que le Québec est divisé en trois et que si les sondeurs se sont trompés, c’est parce que l’électorat est très volatile.

Cela nous rappelle une controverse similaire en 1998 alors que les sondeurs avaient sous-évalué le vote libéral et mis le PQ largement en avance avant l’élection générale du 30 novembre 1998. Après coup, on a découvert que les indécis avaient des caractéristiques proches de l’électorat libéral, que la répartition proportionnelle des indécis n’était pas valide et qu’il fallait plutôt transférer la très grande majorité des indécis au Parti libéral (la fameuse méthode 60-30-10). En 2003, ça a marché mais maintenant, ça ne marche plus et la répartition proportionnelle semble redevenir valide.

Bref, comme le disait si bien Confucius (pour vrai!): « L’expérience est une lanterne que l’on porte dans le dos et qui n’éclaire que le chemin parcouru. »

Vendredi, 08 juin 2007

Que s’est-il passé?

Claire Durand
La Presse

L’auteur est professeur titulaire au département de sociologie de l’Université de Montréal

Au moment où tant de politiciens, de militants, de journalistes invoquent les sondages, il est important de se pencher sur les raisons qui pourraient expliquer pourquoi les sondages n’avaient pas bien estimé le vote pour l’Action démocratique du Québec (ADQ) lors des dernières élections, l’écart entre l’intention de vote déclarée et le vote ayant été de 5%.

Deux raisons sont habituellement invoquées lorsque les sondages « se trompent » : Soit les électeurs ont changé d’avis entre le moment où ils ont été interrogés et le jour du scrutin, soit les non-répondants – à la question sur l’intention de vote ou au sondage lui-même – n’avaient pas la même intention de vote que les répondants.

Notre équipe de recherche (John Goyder, de l’Université de Waterloo, et moi-même) a collaboré avec CROP et La Presse au cours des dernières élections pour mener une recherche permettant entre autres de répondre à ces questions.

Dans la semaine qui a suivi l’élection, nous avons effectué un sondage auprès des répondants aux sondages préélectoraux faits par CROP durant la campagne. Plus de 80% des répondants au dernier sondage CROP effectué du 15 au 22 mars, soit de deux à dix jours avant les élections du 26 mars 2007, ont été joints après les élections.

Parmi les 602 personnes qui ont révélé leur vote, un peu plus de 16% n’ont pas voté comme elles avaient dit vouloir le faire. Ces répondants «volatiles» se répartissent comme suit: 4,1% sont passés à I’ADQ, 3,3% au PLQ; 6,9% au PQ et 2,2% à Québec solidaire ou au Parti vert. Qui a perdu dans ces mouvements? Les pertes touchent l’ADQ pour 4,1%, le PLQ pour 3,2% le PQ pour 2,9% et Québec solidaire ou le Parti vert pour 6,0% (ces derniers changements se faisant proportionnellement plus vers le Parti québécois).

Il y a donc eu des mouvements entre les partis durant les derniers jours avant le scrutin mais ceux-ci ont été plus favorables au Parti québécois qu’à l’ADQ et ont nui plus aux deux petits partis qu’aux trois principaux.

Par ailleurs, 7,0% de ceux qui ont révélé leur vote s’étaient dits indécis ou n’avaient pas révélé leur intention de vote au sondage préélectoral. Ils se répartissent sensiblement de la même manière que les autres répondants. Au total, les mouvements provenant des autres partis ou des indécis vers l’ADQ ont donc atteint 6,7% alors qu’ils atteignaient 5% vers le PLQ, 8,9% vers le PQ et 2,7% vers Québec solidaire ou le Parti vert.

Après l’ensemble de ces mouvements, le vote déclaré lors du sondage postélectoral se situe à l’intérieur de la marge d’erreur si on le compare aux résultats du scrutin. L’ADQ se situe à 27,6%, soit à 3,2% de moins que le vote obtenu, et le PLQ à 31,3% (1,8% de moins que le vote). Toutefois, le Parti québécois est maintenant surévalué à 32% (à la limite de la marge d’erreur étant donné le vote de 28,3%). La prise en compte des mouvements déclarés permet donc d’obtenir une estimation du vote à l’intérieur de la marge d’erreur mais, étant donné le peu d’écart entre les partis, elle ne permet toujours pas de bien estimer l’ordre d’arrivée, mettant même le Parti québécois au premier rang.

Il faut donc conclure que c’est en premier lieu la volatilité de l’électorat qui explique l’écart entre le dernier sondage CROP et le vote. Il faut également conclure qu’il n’y a pas eu, du moins en fin de campagne, un mouvement vers l’ADQ nettement. plus fort que vers les autres partis.

Pourquoi changer?

Tous les répondants qui n’indiquaient pas avoir voté comme ils en avaient exprimé l’intention ou qui étaient indécis au départ ont été interrogés sur les raisons de leur choix. La moitié des répondants qui sont passés à l’ADQ justifient leur choix par une simple volonté de changement. Suivent le chef et le programme comme principales explications. Pour ce qui est des mouvements vers le PLQ, ils sont davantage justifiés par le candidat dans la circonscription et par l’importance accordée à l’expérience et à la continuité.

Enfin, les répondants qui sont allés vers le Parti québécois sont les plus nombreux (près de 40%) à ne pas donner de justification à leur changement. Suivent trois raisons qui arrivent à égalité : le fait de se définir comme souverainiste, le candidat dans le comté et le fait d’être contre un ou l’autre des deux autres partis.

Pouvons-nous tirer de ces informations des enseignements pour une éventuelle campagne? Il ressort des éléments présentés – et les derniers sondages publiés semblent le confirmer – que le Québec est en ce moment divisé en trois parties relativement égales et que les mouvements entre les partis politiques sont relativement courants. Ces mouvements ne sont pas nécessairement motivés par des changements fondamentaux dans les opinions et relèvent plutôt d’éléments conjoncturels. Dans une telle situation, l’estimation du transfert des intentions de vote en nombre de circonscriptions relève de la haute voltige.