Discours de démission

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Texte intégral du discours de démission du chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest (LIB), prononcé le 5 septembre 2012.

Point de presse de M. Jean Charest, premier ministre et chef du Parti libéral du Québec

Le mercredi 5 septembre 2012, 16 h

Hall principal de l’hôtel du Parlement, Hôtel du Parlement

Alors, bonjour, tout le monde. D’abord, hier, alors que nous vivions un moment très fort de notre démocratie, le Québec a été frappé en plein cœur. Un geste de folie que rien ne justifie et que rien n’explique. Aujourd’hui, mes premiers mots sont pour offrir aux familles des victimes et en mon nom personnel, au nom de mon gouvernement, mais aussi au nom de tous les Québécois, nos plus sincères condoléances.

Je veux aussi aujourd’hui saluer le travail et le courage des hommes et des femmes qui ont pour mandat de protéger notre démocratie et ceux qui l’incarnent. On ne peut malheureusement pas toujours empêcher un événement tragique comme celui dont nous avons été témoins hier. Il y a une leçon à tirer de cet épisode-là de notre histoire. Alors que nous vivions un des moments les plus forts de notre vie démocratique, nous avons été témoins d’un événement qui nous rappelle la fragilité aussi de nos vies.

Mesdames et messieurs, vous le savez déjà mais je tiens à vous le redire, j’aime profondément le Québec. Je crois plus que jamais en nos valeurs. Je crois en notre nation, dans ses rêves, dans ses élans autant que dans ses tiraillements et ses entêtements.

Ici, au Québec, nous avons l’ambition des meilleurs, nous avons la solidarité de ceux qui sont les plus humbles et nous avons la créativité des plus brillants. Hier, les Québécois se sont exprimés. Ils ont élu un gouvernement du Parti québécois tout en accordant un fort appui au Parti libéral du Québec. Ils ont écrit une page d’histoire en élisant pour la première fois une femme au poste de première ministre. Ils ont fait la preuve de prudence en… Ils ont fait preuve de prudence en plaçant le gouvernement dans un cadre de cohabitation.

Je souhaite au gouvernement de Mme Marois le succès que le Québec puisse espérer en formulant aussi le voeu que les partis représentés à l’Assemblée nationale sachent emprunter le chemin de la coopération. À l’heure où l’économie mondiale est menaçante, les leaders politiques du Québec partagent la responsabilité de conduire le Québec avec fermeté et sagesse.

Mesdames et messieurs, aujourd’hui, j’ai réuni mon Conseil des ministres. Demain, j’aurai également l’occasion de réunir mon caucus et l’Exécutif de mon parti. La grande famille québécoise s’est réunie hier, le 4 septembre, pour choisir un gouvernement. Et, dans la foulée de cette décision, ma famille immédiate s’est également réunie pour une consultation sur notre avenir. Je vous annonce une décision unanime: Je quitterai mes fonctions de chef du Parti libéral du Québec dans quelques jours, dès que le prochain gouvernement sera formé.

Après 28 ans de services publics, le temps est venu pour moi et ma famille de faire un nouveau pas, de tourner une page. Jamais la vie ne m’aura fait plus grand honneur que celui d’agir d’abord à titre de député du comté de Sherbrooke, ce qui a rendu possible pour moi de devenir premier ministre du Québec. J’ai aimé chaque jour que j’ai passé à occuper mes fonctions, incluant les jours les plus difficiles. Pendant plus de neuf ans, j’aurai brûlé d’un feu constant et j’aurai bataillé pour le succès du Québec. Je l’aurai fait dans le respect de mes convictions.
Je n’ai pas tout réussi. Il n’est pas un jour où les décisions que j’ai prises ont eu d’autres motivations que la recherche de l’intérêt supérieur du Québec. J’annonce mon départ sans aucun regret. Les résultats que nous avons obtenus hier ne sont pas à la hauteur de ce que nous aurions souhaité. Néanmoins, nous avons fait une forte campagne basée sur des idées et nous l’avons fait dans le respect. Nous avons fait mentir les analystes et, devinez qui, les sondeurs – ah, les sondeurs – en terminant avec moins de 1 %… à moins de 1 % de nos principaux adversaires.

Comme premier ministre, je suis fier de ce que nous avons accompli sur le plan économique avec l’une des meilleures performances au monde pendant la crise économique et financière. Les Québécois n’ont jamais été autant à l’emploi que sous notre gouvernement. Je suis fier de ce nouvel espace économique que nous avons créé pour nos entreprises en ouvrant les marchés et en lançant le Plan Nord. Le gouvernement qui nous succédera doit absolument poursuivre le déploiement du Plan Nord pour le bénéfice des générations futures et de tous les Québécois. Je suis fier que nous laissions les finances publiques en ordre, alors que le Québec atteindra l’équilibre financier dans quelques mois, tout en contribuant au contrôle et au remboursement de la dette avec le Fonds des générations.

Je suis fier de ce que nous avons réalisé pour les familles québécoises, en particulier pour les familles, parce qu’en agissant pour les familles ce sont les femmes qui ont pu faire le choix de travailler. Nous avons réduit la pauvreté, nous avons permis aux familles de faire davantage le choix d’avoir des enfants.

Dans le domaine de la santé, nous avons fait des progrès importants. Et, dans le domaine de l’éducation, nous avons également réussi à réduire le taux de décrochage scolaire, encouragé davantage nos jeunes à fréquenter l’école. Je suis fier que nous ayons fait du Québec un leader dans le domaine de l’environnement et du développement durable avec le plus important projet de conservation de l’histoire.

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Je suis fier de ce que notre gouvernement a fait pour avancer la cause des femmes en donnant au Québec son premier gouvernement paritaire et en assurant la représentation des femmes sur les conseils d’administration des sociétés d’État. Nous avons fait la démonstration qu’aucun sommet ne sera trop haut pour les jeunes femmes du Québec.

Je suis fier que notre gouvernement ait fait la démonstration que le Québec peut et doit assumer un rôle de leadership au sein de la fédération canadienne avec la création du Conseil de la fédération et la signature de nombreuses ententes qui ont fait la différence dans la vie des Québécois. Et je suis fier que mon gouvernement, plus que tout autre, ait contribué au rayonnement du Québec sur la scène internationale. Cette présence est cruciale, à la fois pour notre culture et, bien sûr, pour notre économie.

Comme premier ministre, je suis fier d’avoir servi avec des députés et des ministres talentueux qui, à chaque instant, ont à coeur les intérêts du Québec. J’ai eu l’occasion de leur dire il y a quelques instants qu’il n’y a pas un groupe de personnes avec qui j’aurais voulu être sauf eux, et que ça a été un très, très grand privilège pour moi d’être accompagné, pendant ces neuf dernières années, par cette équipe formidable.

Comme chef du Parti libéral du Québec, je veux réitérer à quel point le Parti libéral est un grand parti dont l’histoire est intimement liée à celle du Québec, avec des valeurs connues, énoncées, qui se vivent aujourd’hui comme nous les avons vécues il y a de cela 20, 30, 40 ans.

Comme député de Sherbrooke, je suis fier de la confiance que m’ont témoignée pendant 28 ans les hommes et les femmes qui m’ont vu grandir. Et, comme simple citoyen, je veux dire à quel point je suis fier, très fier d’être Québécois et Canadien.

I’m very proud of what I’ve accomplished in my public career. It’s been a real privilege for me to serve the people of Sherbrooke, to serve the people of Québec and to serve the people of Canada. We are all blessed to have been born in this country, to share its wealth and we’re blessed to have each other. I wish that, every day, each and every one of us could feel and understand how much of an opportunity it is for us to live here and to do our life here. There’s no other place that I would want to be.

Je veux remercier ceux qui ont accepté la responsabilité de diriger notre campagne électorale et qui ont fait, franchement, un travail exceptionnel, en particulier Michel Bissonnet et Karl Blackburn. Je veux également remercier mes collaborateurs qui, au fil des ans, m’ont secondé dans mes fonctions. Ils sont nombreux, ils ont été formidables, ils ont été patients, ils ont été là à chaque fois que nous avions et que j’avais besoin d’eux. Ils ont surtout su combler tous mes défauts, qui ne sont pas nombreux mais quand même importants.

Je tiens aussi à reconnaître et à remercier tout spécialement la fonction publique québécoise qui, à tous les niveaux, est une des meilleurs fonctions publiques au monde, et cela fait une différence dans la vie d’une société. Vous savez, je quitte mes fonctions. Je n’ai plus rien, moi, à demander à cette fonction publique, mais aujourd’hui je veux leur rendre hommage, leur dire merci. Mais, si je pouvais rendre un service aux Québécois, c’est de leur dire à quel point nous sommes privilégiés d’avoir des hommes et des femmes qui nous servent si bien, et cela fait une grande différence dans la vie de notre société.

Comme père de famille qui sera aussi bientôt grand-père, comme si la vie m’envoyait un signal, je veux dire aux miens qu’ils ont été une grande source d’inspiration. Sans mon épouse Michèle, je n’aurais jamais été premier ministre du Québec. Et ils m’ont accompagné dans tout ce que j’ai fait avec beaucoup d’amour et de patience.

Et je dis à tous les Québécois un grand merci du fond du coeur. Vous êtes merveilleux. Les plus grandes choses et les plus grands rêves vous sont accessibles. Vous allez continuer, nous allons continuer à défier toutes les tendances et à réaliser les plus belles choses ensemble, parce que nous sommes, nous, les Québécois, un peuple de rêveurs mais un peuple aussi de bâtisseurs. Je rentre maintenant à la maison et je vous remercie de ce privilège de m’avoir permis d’être votre premier ministre.

Merci.