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Discours de démission

Bernard LandryTexte intégral du discuors de démission du chef du Parti québécois, Bernard Landry (PQ),
prononcé lors 15e Congrès national du Parti québécois le 4 juin 2005.


Merci.

Je veux d‘abord remercier l‘immense majorité qui m’a fait confiance. Je vous en suis très reconnaissant. Par ailleurs, nous avions tous bien convenu que ce congrès était crucial. Il devait nous conduire dans une bataille impitoyable pour changer le mauvais gouvernement que nous avons, pour ensuite se servir de cette victoire comme base à une action référendaire rapide et réaliser la souveraineté du Québec. C‘est votre rêve et c‘est le mien.

Vous vous souvenez, au début de mon discours, je vous ai dit que nous étions des militants et des militantes. C‘était le titre que nous avions en commun et c‘est le plus beau des titres. Bien, je vais vous dire qu‘à partir de maintenant, c‘est le seul titre que je vais porter.

Pour assumer des fonctions comme les miennes, qui étaient celles de René Lévesque et ses successeurs, il faut avoir un appui solide, indiscutable et massif. Je suis un homme de cause. Je ne suis pas un individualiste. Je suis un démocrate, je suis un homme de société, et je pense, en mon âme et conscience, que je ne pourrai pas servir la société comme je voulais le faire, avec ce niveau d‘appui. Il laisse une inquiétude trop grande. Il laisse des possibilités de spéculation qui nuiraient à l‘action du Parti et à mon action comme chef de ce parti.

Quand je dis que je suis un militant, pensez qu‘après des décennies d‘action en faveur de l‘indépendance nationale, mes convictions ne seront pas changées d‘un iota. J’aurai même plus de temps pour les approfondir. Mais, je ne serai plus en mesure de diriger ce parti que j’ai tant aimé et que j’aime encore.

Je souhaite que ces événements que nous vivons – et c‘est mon vœu le plus cher – ne ralentissent en rien la marche de notre peuple vers son indépendance nationale.

Je compte sur vous et j’ai confiance en vous pour intensifier l‘action. Je compte sur vous pour faire les sacrifices requis, dans l‘enthousiasme et dans la joie, parce que fabriquer un pays et le faire naître c‘est une des tâches les plus nobles qu‘un homme peut avoir à accomplir.

Je sais que nous allons le faire, ensemble, moi, les militantes et les militants, avec ceux ou celles qui nous dirigeront. Je vais, évidemment, en raison de la décision que je viens de prendre, écrire au président pour lui dire que je démissionne de mon poste de député de Verchères et de chef de l‘opposition. Je suis désolé de vous faire ça. Écoutez, ça me brise le cœur, de vous dire ça, mais je le fais au nom de l‘intérêt national. Je le fais par respect de la démocratie. Il aurait fallu que j’aie un niveau d‘appui beaucoup plus élevé pour être en mesure d‘accomplir pleinement mes fonctions. N‘oubliez pas que personne n‘est irremplaçable. On l‘a assez dit et on l‘a assez vu dans l‘histoire de l‘humanité. Je vous souhaite tout simplement d‘avoir un chef ou une chef, capable, décidé, qui a l‘énergie, qui a la force requise pour diriger un parti comme le nôtre. Et je suis certain que vous y arriverez. Alors, nous nous reverrons sur le terrain de la militance et j’espère que je serai avec vous le soir de l‘indépendance nationale.

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