La politique québécoise un 15 janvier
- 15 janvier 2008: Le parti Affiliation Québec obtient officiellement le statut de parti politique autorisé.
- 15 janvier 1996: Lucien Bouchard démissionne démissionne comme chef de l’Opposition officielle à la Chambre des communes, député de Lac-Saint-Jean et chef du Bloc québécois.
- 15 janvier 1993: Le chef du Parti égalité et député de D’Arcy-McGee, Robert Libman, démissionne comme chef du Parti.
- 15 janvier 1963: Ouverture de la 1re session du 27e Parlement du Québec.
- 15 janvier 1910: Le député de Gaspé, Louis-Joseph Lemieux (LIB), démissionne comme député à la suite de sa nomination comme shérif.
- 15 janvier 1907: Ouverture de la 3e session du 11e Parlement du Québec.
- 15 janvier 1898: Prorogation de la 1re session du 9e Parlement du Québec.
- 15 janvier 1890: Élection partielle dans Berthier, remportée par A.-E.-Omer Dostaler (LIB).
La politique québécoise un 3 décembre
- 3 décembre 1993: Le député de D’Arcy-McGee et ex-chef du Parti égalité, Robert Libman (EP), quitte le groupe parlementaire du Parti égalité afin de siéger comme député indépendant.
- 3 décembre 1929: Le député de Beauce, Joseph-Hugues Fortier (LIB), démissionne comme député à la suite de sa nomination comme juge.
- 3 décembre 1874: Ouverture de la 4e session du 2e Parlement du Québec.
- 3 décembre 1812: Le conseiller exécutif Pierre-Louis Panet (BUR) décède en fonction.
- 3 décembre 1808: John Hale (BUR) est nommé au Conseil législatif du Bas-Canada.
La politique québécoise un 15 octobre
- 15 octobre 2007: Le député de Pointe-aux-Trembles, ex-chef du Parti québécois et ex-ministre, André Boisclair (PQ), annonce sa démission comme député, laquelle deviendra effective le 15 novembre 2007.
- 15 octobre 1991: Le député de Westmount, Richard Holden (EP), est expulsé du groupe parlementaire du Parti égalité. Il siégera comme député indépendant.
- 15 octobre 1983: À la suite d’un congrès à la direction, Robert Bourassa est élu chef du Parti libéral du Québec, poste qu’il avait déjà occupé de 1970 à 1976.
- 15 octobre 1976: Le député d’Arthabaska, Jean-Gilles Massé (LIB), démissionne comme député à la suite de sa nomination comme membre de la Commission des accidents du travail.
- 15 octobre 1958: Élections partielles dans Labelle et Roberval, remportées par Pierre Bohémier (UN) et Jean-Joseph Turcotte (UN). Bohémier est le dernier député à être élu sans opposition (sans adversaire ou «par acclamation»).
- 15 octobre 1909: Le député de Rimouski et trésorier, Auguste Tessier (LIB), et le député de Nicolet, Alfred Marchildon (LIB), démissionnent comme députés et ministre à la suite de leur nomination comme juges.
- 15 octobre 1863: Prorogation de la 1re session du 8e Parlement de la Province du Canada.
- 15 octobre 1831: Le député de Vaudreuil, Godefroy Beaudet (PAT), démissionne comme député.
La politique québécoise un 25 septembre
- 25 septembre 2004: (25-26 septembre) 5e Congrès des membres de l’Action démocratique du Québec sous le thème 10 ans : voir grand pour le Québec.
- 25 septembre 1989: 34e élection générale à l’Assemblée nationale du Québec:
- Parti libéral du Québec (Robert Bourassa): 92 sièges;
- Parti québécois (Jacques Parizeau): 29 sièges;
- Parti égalité (Robert Libman): 4 sièges.
(plus…)
- 25 septembre 1984: Remaniement ministériel au sein du Conseil des ministres de René Lévesque (PQ).
- 25 septembre 1973: Dissolution du 29e Parlement du Québec et émission des brefs de la 30e élection générale à l’Assemblée nationale du Québec, laquelle aura lieu le 29 octobre 1973.
- 25 septembre 1973: Le député de Rimouski et ministre des Travaux publics et de l’Approvisionnement, Maurice Tessier (LIB), démissionne comme député et ministre à la suite de sa nomination comme juge à la Cour provinciale.
- 25 septembre 1963: Élection partielle dans Montréal-Notre-Dame-de-Grâce, remportée par Eric W. Kierans (LIB).
- 25 septembre 1935: Le député de Pontiac, Wallace R. McDonald (LIB), démissionne comme député à la suite de sa décision de faire le saut en politique fédérale.
- 25 septembre 1900: Le premier ministre du Québec et député de St-Jean, Félix-Gabriel Marchand (LIB), décède en fonction à l’âge de 68 ans.
- 25 septembre 1849: Élection partielle dans Chambly, remportée par Louis Lacoste (PAT).
- 25 septembre 1843: Élection partielle dans Rouville, remportée par Timothée Franchère (PAT).
- 25 septembre 1829: Le conseiller législatif William Burns (BUR) décède en fonction.
La politique québécoise un 11 septembre
- 11 septembre 1990: Le Directeur général des élections confirme la fusion du Parti égalité / Equality Party et du Parti unité / Unity Party, tous deux fondés en 1989, sous le nom de Parti égalité / Equality Party.
- 11 septembre 1985: Le Parti du progrès obtient officiellement le statut de parti politique autorisé.
- 11 septembre 1959: À la suite du décès du député de Trois-Rivières et premier ministre, Maurice Duplessis (UN), quatre jours auparavant, le député de Deux-Montagnes, Paul Sauvé (UN) est assermenté premier ministre du Québec.
- 11 septembre 1862: Élection législative dans la division de Victoria, remportée par Luther Hamilton Holton (ROU).
- 11 septembre 1858: Élection partielle dans Portneuf, remportée par Joseph-Élie Thibaudeau (LIB), qui avait démissionné lors de sa nomination comme président du Conseil exécutif et ministre de l’Agriculture dans le gouvernement Brown-Dorion le 2 août 1858.
- 11 septembre 1854: Formation du gouvernement MacNab-Morin dans la province du Canada, dirigé par le député de Hamilton, président du Conseil exécutif et ministre de l’Agriculture, Allan Napier MacNab (L-CON), et par le député de Bellechasse et commissaire des Terres de la couronne, Augustin-Norbert Morin (REF).
La politique québécoise un 11 août
- 11 août 1992: Le député de Westmount, Richard Holden (ind.), joint le groupe parlementaire du Parti québécois après avoir quitte les rangs du Parti égalité un an plus tôt.
- 11 août 1989: Le Parti 51 obtient officiellement le statut de parti politique autorisé.
- 11 août 1972: Le député de Rouyn-Noranda, Camil Samson (ind.), le député de Mégantic, Bernard Dumont (ind.), et le député d’Abitibi-Ouest, Aurèle Audet (ind.), réintègrent le groupe parlementaire du Ralliement créditiste.
- 11 août 1926: Le député de Témiscouata, Jules Langlais (CON), décède en fonction.
- 11 août 1854: Sanction royale d’un projet de loi du Parlement britannique qui donne au Parlement de la province du Canada le pouvoir de modifier la constitution de son Conseil législatif.
- 11 août 1814: Le conseiller législatif et membre du Conseil exécutif du Bas-Canada, Paul-Roch de Saint-Ours (BUR), décède en fonction.
- 11 août 1814: Prorogation de la 4e session du 3e Parlement du Bas-Canada.
Membership des partis politiques en 2008
Le DGE a rendues publiques hier les «grandes lignes» des rapports financiers des partis politiques autorisés pour l’année financière 2008 (du 1er janvier au 31 décembre). Ces données incluent les résultats des instances politiques autorisées (associations de circonscription, associations régionales, etc.).
Déduire le membership d’un parti à partir de son rapport financier
C’est maintenant devenu une tradition sur ce site que de profiter du dévoilement des rapports financiers pour analyser le membership des partis politiques (nous l’avions fait pour les années 2006 et 2007). En effet, en vertu des règles de financement prévues dans la Loi électorale, les «revenus d’adhésion», soit «un montant de 50 $ ou moins payé annuellement par une personne physique à un parti pour en être membre», doivent être comptabilisés séparément dans les revenus.
Par conséquent, si on connait les revenus d’adhésion et le prix d’une carte de membre pour un parti politique donné, une simple règle de 3 suffit pour déduire le nombre de membres en règle.
Utile pour contrer le spin
L’avantage avec cette méthode, qui à notre connaissance n’est pas reprise dans les médias, c’est précisément de contrer le spin des organisateurs politiques qui ont la fâcheuse (et néanmoins compréhensible) tendance à gonfler leur membership. Un exemple tout récent: le journaliste Denis Lessard qui, il y a quelques semaines, avançait dans un reportage que
l’ADQ a déjà eu plus de 80 000 membres, en 2003,
chiffre vraisemblablement gonflé puisqu’une simple vérification dans le rapport financier vérifié par un comptable agréé en 2003 aurait démontré que l’ADQ et ses instances n’avaient recueilli que 68345$ en frais d’adhésion cette année là, ce qui donne 13 669 membres en règle (à raison de 5$ par carte de membre). Même en additionnant ce chiffre avec le rapport de l’année précédente (2002, la meilleure année de l’histoire de l’ADQ soit dit en passant), ça ne donne que 50 189 cartes vendues en 2 ans (dont plusieurs milliers de doublons issus de membres de longue date qui renouvellent annuellement leur adhésion)! Cet exemple particulier concerne l’ADQ, mais le même phénomène s’est déjà produit avec d’autres partis.
Les chiffres de 2008
Selon les rapports financiers des 17 partis politiques autorisés en 2008, le nombre d’adhésions au sein de chaque parti politique serait le suivant:
- Parti québécois: 71 283 adhérents;
- Parti libéral du Québec: 68 515 adhérents;
- Action démocratique du Québec: 12 275 adhérents;
- Québec solidaire: 5 673 adhérents;
- Parti vert du Québec: 1 006 adhérents;
- Parti indépendantiste: 627 adhérents;
- Parti démocratie chrétienne du Québec: 65 adhérents;
- Parti égalité: 3 adhérents (ben oui, 15$ de revenus d’adhésion en 2008!);
- Parti marxiste-léniniste du Québec: ND (revenus d’adhésion: 749$);
- Bloc pot: ND (revenus d’adhésion: 85$);
- Parti communiste du Québec: ND (Revenus d’adhésion: 0$);
- Parti durable du Québec: ND (Revenus d’adhésion: 0$);
- Union du centre: ND (Revenus d’adhésion: 0$);
- Affiliation Québec: ND (pas de rapport financier);
- Parti des immigrés du Québec: ND (pas de rapport financier);
- Parti république du Québec: ND (pas de rapport financier);
Évidemment, la nouvelle de l’année au chapitre du membership des partis politiques est la dégringolade du nombre d’adhérents à l’Action démocratique du Québec, qui passe de 25 887 (la 2e meilleure année de l’histoire du parti) à 12 275 en 1 an. Le nombre d’adhérents baisse également au Parti libéral du Québec et au Parti québécois, ce qui est pour le moins particulier lorsqu’on sait que le membership a tendance à augmenter plutôt que de diminuer lors des années électorales. Parmi les principaux partis, seul Québec solidaire est en hausse par rapport à 2007 (5 673 membres en 2008 vs 4 778 en 2007). Quant au Parti vert du Québec, il comptait un millier d’adhérents (1 006 en 2008).

La politique québécoise un 7 avril
- 7 avril 1989: Le Parti égalité / Equality Party obtient officiellement le statut de parti politique autorisé.
- 7 avril 1888: Le député de Laval, Pierre-Évariste Leblanc (CON), est reconnu coupable par les tribunaux de manœuvre électorale frauduleuse lors de l’élection générale du 14 octobre 1886. Son élection est annulée et le siège de Laval devient vacant.
- 7 avril 1873: Élection partielle dans Gaspé, remportée sans opposition par Pierre-Étienne Fortin (CON), commissaire des Terres de la Couronne dans le gouvernement Ouimet.
- 7 avril 1848: Élection partielle dans Verchères, remportée par George-Étienne Cartier (REF).
La politique québécoise un 29 mars
- 29 mars 2003: Cinq partis politiques perdent le statut de parti politique autorisé, faute d’avoir présenté au moins dix candidats lors de l’élection générale prévue le 14 avril 2003: l’Équipe options, le Parti communiste du Québec, le Parti de la loi naturelle du Québec, le Parti démocrate du Québec et le Parti innovateur du Québec.
- 29 mars 1994: Le député de Notre-Dame-de-Grâce, Gordon Atkinson (EP), quitte le groupe parlementaire du Parti égalité afin de siéger comme député indépendant.
- 29 mars 1977: Le chef du Parti national populaire, Jérôme Choquette (PNP), démissionne comme chef du parti à la suite de sa défaite dans Outremont lors de l’élection générale du 15 novembre 1976. Le député de Beauce-Sud, Fabien Roy (PNP), devient chef du Parti.
- 29 mars 1872: Le député de Rimouski, Louis-Honoré Gosselin (CON), démissionne comme député.
- 29 mars 1867: Sanction, à la suite de son adoption par le Parlement de Westminster, de l’«Acte de l’Amérique du Nord britannique, 1867» (30-31 Vict., c. 3, R.-U.), qui réunit les colonies du Canada (Bas-Canada et Haut-Canada), du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse en une fédération sous le nom de «Dominion du Canada».
La politique québécoise un 22 mars
- 22 mars 2001: Le premier ministre du Québec et député de Verchères, Bernard Landry (PQ), annonce la création de la Commission sur le déséquilibre fiscal, chargée d’étudier les causes fondamentales du déséquilibre fiscal entre le gouvernement fédéral et le Québec. La présidence de la commission est confiée à Yves Séguin.
- 22 mars 1989: Congrès de fondation du Parti égalité / Equality Party, rassemblant des dissidents libéraux anglophones opposés à la Loi 178 du gouvernement Bourassa (LIB) sur la langue d’affichage.
- 22 mars 1970: À l’issue d’un congrès à la direction, Camil Samson est élu chef du Ralliement créditiste.
- 22 mars 1849: Le député de Sherbrooke, Samuel Brooks (TOR), décède en fonction.
- 22 mars 1802: Le député d’Effingham, Charles-Baptiste Bouc (CAN), est expulsé de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada pour une quatrième fois en deux ans à la suite d’une condamnation criminelle pour fraude en 1799. Le siège d’Effingham devient vacant.
651 candidats le 8 décembre
La période de mise en candidature prenait fin à 14h cet après-midi. Il y aura donc 651 candidats dans nos 125 circonscriptions le 8 décembre prochain:
- Action démocratique du Québec: 125 candidats
- Parti libéral du Québec: 125 candidats
- Parti québécois: 125 candidats
- Québec solidaire: 122 candidats
- Parti vert du Québec: 80 candidats
- Parti marxiste-léniniste du Québec: 23 candidats
- Parti indépendantiste: 19 candidats
- Parti durable du Québec: 1 candidat
- Parti République du Québec: 1 candidat
- Indépendants et sans désignation: 30 candidats
8 partis n’ont présenté aucun candidat, ce qui représente tout de même la moitié des partis politiques autorisés au Québec (il y en a 17 actuellement):
- Affiliation Québec
- Bloc pot
- Mouvement équité au Québec
- Parti communiste du Québec
- Parti démocratie chrétienne du Québec
- Parti des immigrés du Québec
- Parti égalité
- Union du centre
Avec 651 candidats officiels en 2008, on se maintient dans la moyenne des 25 dernières années, mais on est encore loin du record du 680 candidats lors de l’élection générale de 1994 (suivi de près par les 679 candidats en 2007).

Candidats par élection générale, 1867-____
Membership des partis en 2007
Le DGE a rendues publiques hier les «grandes lignes» des rapports financiers des partis politiques autorisés pour l’année financière 2007 (du 1er janvier au 31 décembre). Ces données excluent donc les résultats des instances politiques autorisées (associations de circonscription, associations régionales, etc.), ainsi que les listes des électeurs dont le total des contributions dépasse 200 $, informations qui devraient être disponibles dans quelques semaines.
Depuis le temps que vous nous lisez, vous n’êtes pas sans savoir qu’un de nos dadas est le membership des partis politiques. Et ce qui est intéressant avec les rapports financiers des partis politiques, c’est qu’ils permettent d’avoir un portrait juste de nombre de membres de chaque parti politique, puisque les revenus d’adhésions sont contre-vérifiés par un comptable agréé. Par conséquent, lorsqu’un député ou un employé d’un parti politique «spinne» le nombre d’adhérents, c’est assez facile de voir si le nombre avancé est vraisemblable ou invraisemblable.
Mais trêve de palabres. Selon les rapports financiers des 12 partis politiques autorisés en 2007, le nombre d’adhésions au sein de chaque parti politique serait le suivant:
- Parti québécois: 75 379 adhérents;
- Parti libéral du Québec: 73 641 adhérents;
- Action démocratique du Québec: 25 887 adhérents;
- Québec solidaire: 4 778 adhérents (sans compter les instances autorisées);
- Parti vert du Québec: 1 512 adhérents (sans compter les instances autorisées);
- Parti démocratie chrétienne du Québec: 133 adhérents (sans compter les instances autorisées);
- Parti égalité: 11 adhérents (sans compter les instances autorisées);
- Parti marxiste-léniniste du Québec: ND (revenus d’adhésion: 1 010$, sans compter les instances autorisées);
- Bloc pot: ND (revenus d’adhésion: 240$, sans compter les instances autorisées);
- Parti communiste du Québec: ND (Revenus d’adhésion: 0$, sans compter les instances autorisées);
- Parti république du Québec: ND (pas de rapport financier);
- Parti indépendantiste: ND (pas de rapport financier, mais comme le DGE ne précise pas que ce parti «n’a pas remis son rapport», c’est probablement qu’il n’avait pas à le faire);
Oui, c’est assez paradoxal de voir que le parti qui a terminé 3e lors de la dernière élection générale se retrouve, à la fin de l’année financière, celui qui a le plus grand nombre d’adhérents. Mais en même temps, lorsqu’on analyse le membership sur plusieurs années, on voit que le nombre d’adhérents au PQ varie très peu (sauf pour 2005, l’année où André Boisclair a été élu chef du parti). En fait, si le PQ a pris la première place en 2007, c’est parce que le Parti libéral a connu une baisse du nombre d’adhérents. Quant à l’ADQ, il a connu en 2007 la deuxième meilleure année de son histoire (le parti comptait près de 37 000 membres en 2002 contre 26 000 en 2007).

| Membership des principaux partis politiques québécois, 1999-2007 | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| LIB | ADQ | PQ | VRT | UFP/QS | |
| 1999 | 71 860 | 2 223 | 65 221 | ||
| 2000 | 64 041 | 2 404 | 74 357 | ||
| 2001 | 92 013 | 2 759 | 71 991 | 103 | |
| 2002 | 97 612 | 36 520 | 67 556 | 189 | 174 |
| 2003 | 93 944 | 13 669 | 72 169 | 283 | 2 034 |
| 2004 | 61 867 | 3 414 | 72 416 | 380 | 1 092 |
| 2005 | 58 788 | 3 575 | 155 803 | 288 | 1 499 |
| 2006 | 83 313 | 5 119 | 74 438 | 924 | 4 686 |
| 2007 | 73 641 | 25 887 | 75 379 | 1 512 | 4 778 |
Les partis, qu’ossa donne? (version 2008)
Oui, nous avons déjà posé cette question l’année dernière, mais le chroniqueur Don Macpherson de la Gazette pose à nouveau la question dans cette chronique de la semaine dernière, à la suite du «lancement» de l’Union du centre. On peut se questionner sur le sérieux de plusieurs tiers-partis lorsqu’on sait que, sur les 12 partis autorisés lors de la dernière élection générale, 4 n’ont présenté aucun candidat, soit:
- le Parti égalité, dont le chef a annoncé sa démission après l’élection générale de 2003 et qui n’a toujours pas été remplacé 5 ans plus tard, et qui n’a participé à aucune élection depuis;
- le Parti communiste du Québec, dissous en 2002 lors d’une fusion avec d’autres partis de gauche, qui a été recréé en 2006, essentiellement pour empêcher un groupe de dissidents de reprendre le nom;
- le Parti conscience universelle, qui a été créé en 2005, qui n’a jamais présenté de candidat à aucune élection, et donc les derniers faits d’armes ont été de fermer le site Internet (il reste le cache de Google) et d’envoyer un mémoire à la Commission Bouchard-Taylor (voir à 20h47);
- le Parti unitaire du Québec, qui a été créé en 2005 et qui n’a jamais présenté de candidat à aucune élection depuis.
Et ça ne s’annonce pas plus prometteur. Depuis 1 an, 5 autres partis ont vu le jour, dont 2 seulement (Parti république du Québec et Parti indépendantiste) sont passés de la parole aux actes. Affiliation Québec n’a pas encore participé à un scrutin (quoique aucun siège n’est devenu vacant dans le West Island récemment), l’Union du centre ne cache pas que sa principale vocation est celle de lobby plutôt que de parti et le Parti des immigrés du Québec, bien il n’y a rien à dire sur eux.
Comment est-ce possible? Merci de nous poser la question. Pour faire une histoire courte avec une histoire longue, selon la Loi électorale, il suffit de regrouper 100 personnes, de les faire adhérer à une formation pour qu’elle obtienne le statut de parti politique autorisé. Et pour la maintenir, même pas besoin de faire ce qui est, après tout, la raison d’être d’un parti politique: présenter des candidats lors des élections (tout ce qu’il faut, c’est de remplir la paperasse demandée par le DGE et de payer ses factures). Avant 2004, un parti devait obligatoirement présenter au moins 20 candidats lors d’une élection générale pour conserver le statut de parti politique autorisé, mais depuis le jugement rendu par la Cour suprême dans l’affaire Figueroa (chef du parti communiste du Canada qui contestait une disposition similaire dans la Loi électorale fédérale), il a été statué que le fait d’obliger un parti à présenter un nombre relativement élevé de candidats violait la Charte canadienne des droits et libertés (en gros, c’est à peu près ça, mais c’est très résumé). Conséquemment, le seuil minimal de candidats a été aboli des lois québécoises en 2004 (L.Q., 2004, c. 36).
Voilà , vous savez maintenant d’où vient la prolifération des partis politiques qui font tout et n’importe quoi, sauf participer à des élections. Plus…
Membership des partis politiques
Le Directeur général des élections a dévoilé la semaine dernière les rapports financiers des partis politiques autorisés pour l‘année 2006 (période allant du 1er janvier au 31 décembre 2006) ainsi que lors de l‘élection générale du 26 mars 2007. Radio-Canada avait d‘ailleurs fait la manchette là -dessus la semaine dernière en découvrant que 17 députés élus sous la bannière de l‘ADQ lors de cette élection n‘avaient fait aucune dépense électorale dans leur circonscription pour remporter la victoire (en fait, ce n‘était pas des victoires totalement gratuites puisque certaines dépenses occasionnées par la permanence de l‘ADQ avaient été faites dans ces circonscriptions, mais ce n‘est pas un tour de passe-passe ni quelque chose d‘unique au parti. d‘ailleurs, cet élément était mentionné par Radio-Canada).
Les rapports financiers des partis politiques en dévoilent davantage sur leur santé respective qu‘on pourrait le croire au premier abord. En effet, les rapports financiers des partis politiques autorisés et de leurs instances (associations de circonscription ou de région, etc.) contiennent des informations, vérifiées par un comptable agréé, sur les revenus tirés des frais d‘adhésion. Donc, si on connaît le montant qu‘une personne doit verser pour devenir membre d‘un parti politique (vérification faite, c‘est 5$ par année pour adhérer aux cinq principaux partis politiques), une simple règle de trois suffit pour connaître le nombre à peu près exact d‘adhérents.
Ainsi, selon les rapports financiers des 12 partis politiques autorisés en 2006 (rapport couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2006), le nombre d‘adhésions au sein de chaque parti politique serait le suivant :
- Parti libéral du Québec: 83 313 adhérents;
- Parti québécois: 74 438 adhérents;
- Action démocratique du Québec: 5 119 adhérents;
- Québec solidaire: 4 686 adhérents;
- Parti vert du Québec: 924 adhérents;
- Parti démocratie chrétienne du Québec: 127 adhérents;
- Parti égalité: 35 adhérents;
- Parti marxiste-léniniste du Québec: ND (revenus d‘adhésion: 835$);
- Bloc pot: ND (revenus d‘adhésion: 500$);
- Parti unitaire du Québec: ND (revenus d‘adhésion: 75$);
- Parti conscience universelle: ND (revenus d‘adhésion: 0$);
- Parti communiste du Québec: ND (revenus d‘adhésion: 0$).
Bien que les calculs ci-dessus soient relativement fiables, il y a tout de même un certain nombre de bémols à souligner :
- Membres « à renouveler » : Certains partis politiques ont pris l‘habitude, lorsqu‘ils diffusent des informations sur leur membership, de comptabiliser les membres « à renouveler » (ceux dont l‘adhésion est échue depuis un certain temps, généralement moins d‘un an) en plus des membres « en règle ». Pour notre part, nous préférons souscrire au proverbe anglais disant que « Put your money where your mouth is »; une personne qui est sérieuse dans son affiliation partisane va payer en conséquence et à temps (surtout que 5$ par année, il n‘y a pas de quoi ruiner personne).
- Adhésions sur plusieurs années : la plupart des partis politiques permettent à leurs membres, s‘ils le souhaitent, de payer leur carte de membre sur plusieurs années (jusqu‘à trois ans). Or, comme les frais d‘adhésion sont déboursés en une seule fois, le paiement total apparaît dans les livres comptables lors de la première année couverte par le versement, ce qui peut fausser légèrement le nombre total d‘adhésions lors d‘une année donnée. Toutefois, à notre connaissance, cette pratique n‘est pas très répandue et la plupart des personnes qui adhèrent à un parti politique renouvellent leur adhésion annuellement.
Mais là où ça devient vraiment intéressant, c‘est lorsqu‘on analyse le membership sur plusieurs années. Une étude rapide des rapports financiers disponibles sur le site Web du DGE (à partir de 2000) nous permet d‘avoir un bon aperçu de l‘actualité politique depuis 2000.

| Membership des principaux partis politiques québécois, 1999-2006 | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| LIB | ADQ | PQ | VRT | UFP/QS | |
| 1999 | 71 860 | 2 223 | 65 221 | ||
| 2000 | 64 041 | 2 404 | 74 357 | ||
| 2001 | 92 013 | 2 759 | 71 991 | 103 | |
| 2002 | 97 612 | 36 520 | 67 556 | 189 | 174 |
| 2003 | 93 944 | 13 669 | 72 169 | 283 | 2 034 |
| 2004 | 61 867 | 3 414 | 72 416 | 380 | 1 092 |
| 2005 | 58 788 | 3 575 | 155 803 | 288 | 1 499 |
| 2006 | 83 313 | 5 119 | 74 438 | 924 | 4 686 |
Au Parti libéral, on peut observer que la variation du nombre d‘adhérents suit les cycles électoraux, le membership du parti s‘élevant lors des années pré-électorales et électorales. Pour ce qui est de l‘ADQ, il a rarement dépassé le cap des 5 000 membres ces dernières années (en 2006, Québec solidaire a presque autant de membres que l‘ADQ…), sauf pour les années 2002-2003 correspondant à la remontée du parti dans les sondages et les quatre victoires en élections partielles. Avec la percée survenue lors de la dernière élection générale, on peut penser que le rapport 2007 démontrera une hausse notable du nombre d‘adhérents à l‘ADQ. Quant au PQ, le membership est demeuré stable entre 1999 et 2006, sauf pour le « pic » de 2005 correspondant à la course à la direction cette année là . Quel effet aura la déconfiture lors de la dernière élection générale, la démission d‘André Boisclair et/ou l‘arrivée de Pauline Marois à la tête du parti? Selon un article du Devoir datant du mois dernier (accès réservé aux abonnés), le chiffre qui circulait il y a quelques semaines au PQ était un membership de l‘ordre de 90 000 membres en règle depuis le retour de Pauline Marois.
Nous seront en mesure de le vérifier lors de la publication des rapports financiers 2007.
Reality check: les chefs de partis qui ne sont pas députés
Étant donné la controverse qui fait rage actuellement concernant la présence ou non d‘un candidat de l‘Action démocratique du Québec dans Charlevoix, nous avons vérifié dans nos archives le sort qui est généralement réservé aux chefs de partis qui tentent de se faire élire comme députés à l‘Assemblée nationale. Pour les besoins de la démonstration, nous nous en sommes tenus aux chefs qui correspondent aux critères suivants:
- Être chef d‘un parti qui est représenté à l‘Assemblée nationale (seule exception: Maurice Bellemare, dont le parti n‘avait pas de député lors de sa nomination comme chef, mais qui a tout de même réussi à faire son entrée en Chambre).
- Ne pas être un député au moment de devenir chef de parti (ce qui élimine à peu près tous les chefs avant 1950).
- Tenter de se faire élire une première fois lors d‘une élection partielle (depuis les années 30, tout chef d‘un parti représenté en Chambre affronte des adversaires des autres partis).
Partis politiques actuels
Parti libéral du Québec
- Georges-Émile Lapalme (devenu chef en 1950): battu lors de l‘élection générale de 1952 dans Joliette, élu lors de l‘élection partielle du 9 juillet 1953 dans Outremont (3 adversaires, dont UN).
- Claude Ryan (devenu chef en 1978): élu lors de l‘élection partielle du 30 avril 1979 dans Argenteuil (3 adversaires, dont PQ et UN).
- Robert Bourassa (redevenu chef en 1983): élu lors de l‘élection partielle du 3 juin 1985 dans Bertrand (6 adversaires, dont PQ), battu lors de l‘élection générale de 1985, puis réélu lors de l‘élection partielle du 20 janvier 1986 dans Saint-Laurent (9 adversaires).
Action démocratique du Québec
- Ne s‘applique pas car aucun de ses chefs n‘a tenté de faire son entrée en Chambre lors d‘une élection partielle.
Parti québécois
- Lucien Bouchard (devenu chef en 1996): élu lors de l‘élection partielle du 19 février 1996 dans Jonquière (6 adversaires).
- André Boisclair (devenu chef en 2005): élu lors de l‘élection partielle du 14 août 2006 dans Pointe-aux-Trembles (7 adversaires).
- Pauline Marois (devenue chef en 2007): à venir.
Parti égalité
- Ne s‘applique pas car aucun de ses chefs n‘a tenté de faire son entrée en Chambre lors d‘une élection partielle.
Partis politiques qui sont maintenant disparus
Union nationale
- Maurice Bellemare (devenu chef en 1974): élu lors de l‘élection partielle du 28 août 1974 dans Johnson (3 adversaires, dont LIB et PQ). L‘Union nationale n‘avait aucun siège à l‘Assemblée nationale à ce moment-là .
Parti conservateur
- Joseph-Alfred Mousseau (devenu chef en 1882): élu lors de l‘élection partielle du 26 août 1882 dans Jacques Cartier (1 adversaire de son propre parti!). Fait cocasse: l‘élection a été annulée par les tribunaux et il a dû se faire réélire lors d‘une autre élection partielle le 26 septembre 1883.
Action libérale nationale, Bloc populaire canadien, Ralliement créditiste
- Ne s‘applique pas car aucun de leurs chefs n‘a tenté de faire son entrée en Chambre lors d‘une élection partielle.
Chefs qui ont tenté de faire leur entrée en Chambre lors d‘une élection générale
Nous les mentionnons ici à titre informatif.
- Adélard Godbout (LIB): devenu chef en 1936; député sortant défait en 1936, a refait son entrée en Chambre en 1939.
- Jean Lesage (LIB): devenu chef en 1958; élu une première fois en 1960.
- René Lévesque (PQ): devenu chef en 1968; député sortant défait en 1970, a refait son entrée en Chambre en 1976.
- Rodrigue Biron (UN): devenu chef en 1976; élu une première fois la même année.
- Jacques Parizeau (PQ): devenu chef en 1988; réélu en 1989.
- Mario Dumont (ADQ): devenu chef en 1994; élu une première fois la même année.
- Jean Charest (LIB): devenu chef en 1998; élu une première fois la même année.
Bâtir sur les ruines du Parti égalité?
La Gazette de Montréal nous apprend aujourd‘hui la tenue ce week-end de l‘assemblée de fondation d‘Affiliation Québec, un parti politique voué à la défense des « Canadiens loyaux » habitant la grande région métropolitaine de Montréal. Le site web du regroupement peut être consulté à l‘adresse www.affiliationquebec.ca. La plate-forme proposée présente de nombreuses similitudes avec celle du Parti égalité et est largement axée sur des enjeux tels que les droits linguistiques de la minorité anglo-québécoise et le maintien du Québec au sein de la fédération canadienne.
Bien que toujours existant sur papier, le Parti égalité n‘a pas aligné un seul candidat lors de la dernière élection générale. De même, son ancien site web a été abandonné il y a près d‘un an. Or, dans la lignée du dernier remaniement ministériel, où plusieurs ministres anglophones avaient été démis de leurs fonctions, plusieurs voix s‘étaient élevées afin de recréer un parti centré sur les intérêts de la communauté anglophone, notamment l‘ancien chef du Parti égalité et ex-député de D‘Arcy-McGee (1989-1994), M. Robert Libman, dans une lettre ouverte publiée dans The Gazette le 29 avril dernier (A federalist, minority-rights party could make inroads in Quebec, accès réservé aux abonnés).
Enfin, vérification faite, Affiliation Québec ne figure pas sur la liste des dénominations réservées pour les partis politiques provinciaux administrée par le Directeur général des élections (la dernière mise à jour affichée date du 27 avril). Si le regroupement devait réunir les conditions nécessaires pour obtenir le statut de parti politique autorisé, il deviendrait le 14e parti autorisé au Québec. Plus…
Un Parlement multipartite: 1- Les précédents
Un Parlement multipartite
Lorsque la 1re session de la 38e législature de l‘Assemblée nationale débutera le 8 mai prochain, il y aura non seulement un premier gouvernement minoritaire au Québec pour la première fois depuis 1878 mais également, pour la première fois en 37 ans, un troisième groupe parlementaire de plein droit (c‘est-à -dire sans avoir obtenu ce statut à la suite d‘une dérogation au Règlement de l‘Assemblée nationale) au Salon Bleu. On l‘a dit et redit des milliers de fois depuis deux semaines, mais cette situation (gouvernement minoritaire et multipartisme «officiel») est rarissime en contexte québécois et sera une source d‘inconnu et, souhaitons-le, d‘innovation et de progrès pour notre système parlementaire.
Puisqu‘il s‘agit d‘un sujet long à traiter, nous l‘avons divisé en deux parties. Dans la première partie ci-dessous, nous traiterons des précédents en matière de reconnaissance des tiers partis à l‘Assemblée nationale. Puis, dans la seconde partie qui paraîtra demain (probablement), nous parlerons des règles en vigueur lorsqu‘il y a une gouvernement minoritaire et un troisième parti en Chambre.
1- Les précédents
Pour bien saisir ce qui suit, il faut faire la distinction entre un «parti politique» et un «groupe parlementaire». Un parti politique est une
Organisation durable qui vise à conquérir et à exercer le pouvoir en défendant un certain nombre d‘idées définies dans un programme. Les partis politiques se démarquent des groupes de pression ou des autres organisations de la société civile (syndicats, chambres de commerce, corporations professionnelles, etc.) dans la mesure où ils visent explicitement à former le gouvernement et non pas simplement à l‘influencer ou à faire pression sur lui. (!) (source)
Quant à un groupe parlementaire, il s‘agit, d‘après le Règlement de l‘Assemblée nationale, d‘une organisation qui satisfait aux critères suivants énoncés à l‘article 13:
13. Définition – Tout groupe d‘au moins douze députés élus sous la bannière d‘un même parti politique, ou tout groupe de députés élus sous la bannière d‘un parti politique qui a obtenu au moins 20 % des voix aux plus récentes élections générales, constitue un groupe parlementaire.
À l‘exception du Président, les députés n‘appartenant à aucun groupe siègent à titre d‘indépendants.
Selon l‘ouvrage La procédure parlementaire au Québec (PDF, 635 Ko), les groupes parlementaires ne sont formellement reconnus dans les règles de procédure de l‘Assemblée nationale que depuis l‘adoption du présent Règlement de l‘Assemblée nationale en 1984. La version précédente du Règlement de l‘Assemblée nationale (1972-1984) contenait plutôt des dispositions concernant les «partis politiques reconnus». Et avant 1972, il n‘y avait pas de critères précis pour qu‘un tiers parti soit reconnu comme tel en Chambre (au moment d‘écrire ces lignes, nous n‘avions pu mettre la main sur le «Règlement annoté de l‘Assemblée législative» ou «Code Geoffrion», en vigueur de 1941 à 1972, mais l‘ouvrage La procédure parlementaire au Québec ne mentionne pas de dispositions sur les groupes parlementaires contenues dans ce règlement). De fait, il n‘existait que deux «groupes parlementaires» (pardonnez l‘anachronisme): le «gouvernement» et «l‘opposition» (ou encore les «ministériels» et les «oppositionnistes»). C‘est ainsi que, par exemple, durant la 12e législature (1908-1912), les députés de l‘opposition envisagèrent de nommer Henri Bourassa comme chef de l‘opposition officielle, même s‘il avait été élu sous la bannière de la Ligue nationaliste canadienne (3 députés) plutôt que sous celle du Parti conservateur (14 députés), compte tenu du fait que le chef conservateur de l‘époque, Pierre-Évariste LeBlanc, avait été défait dans sa circonscription.
En date de l‘inauguration de la 38e législature le 8 mai prochain, l‘Assemblée nationale sera composée, sauf décès ou incapacité d‘un des députés élus, de la façon suivante :
- LIB: 48 sièges;
- ADQ: 41 sièges;
- PQ: 36 sièges.
C‘est la première fois depuis la 29e législature (1970-1973) qu‘il y plus de deux « partis politiques reconnus » (selon l‘expression en vigueur à l‘époque) de plein droit à l‘Assemblée nationale. Lors de l‘élection générale de 1970, l‘Union nationale (19,65%, 17 élus) avait formé l‘opposition officielle, mais le Ralliement créditiste (11,19%, 12 élus) et le Parti québécois (23,06%, 7 élus) constituèrent deux autres groupes parlementaires d‘opposition.
Nous disons «de plein droit» car lors de la 31e législature (1976-1981), l‘Union nationale (18,20%, 11 élus), n‘avait pas atteint le minimum requis par le règlement de l‘époque pour être reconnu comme groupe parlementaire. L‘Union nationale avait néanmoins obtenu des autres partis une modification temporaire au règlement (le 22 décembre 1976, selon la Chronologie parlementaire de l‘Assemblée nationale) afin d‘abaisser le nombre minimum de députés de 12 à 11, permettant ainsi sa reconnaissance comme groupe parlementaire. À la suite de l‘élection générale de 2003, l‘Action démocratique du Québec (18,18%, 4 élus), avait tenté d‘obtenir une dérogation semblable afin d‘être reconnu comme groupe parlementaire, ce qui avait été refusé.
Bien entendu, il est arrivé à de nombreuses reprises depuis la Confédération que des tiers partis soient parvenus à faire élire des députés en Chambre. Toutefois, ils n‘avaient pas été reconnus en tant que «groupes parlementaires», soit parce que le concept n‘existait tout simplement pas et/ou qu‘ils s‘étaient alliés à un autre parti d‘opposition (ex.: la Ligue nationaliste canadienne en 1908, l‘Action libérale nationale et le Parti conservateur en 1935, le Bloc populaire canadien en 1944), soit parce qu‘ils ne satisfaisaient pas aux critères pour être reconnus comme tel (ex. : le Ralliement créditiste en 1973 et 1976, le Parti égalité en 1989 ou l‘ADQ en 1994, 1998 et 2003).
En ce sens, la 38e législature sera unique pour plusieurs raisons dans l‘histoire parlementaire du Québec. D‘abord parce qu‘il s‘agira du premier parlement depuis la Confédération où le gouvernement sera véritablement minoritaire au sens où nous l‘entendons de nos jours, c‘est-à -dire où le parti politique formant le gouvernement est en minorité face à un ou plusieurs partis d‘opposition (l‘historien parlementaire Gaston Deschênes explique sur son blogue les circonstances exceptionnelles qu‘on ne saurait retrouver en 2007 et qui expliquent pourquoi, à la fin du 19e siècle, le libéral Joly de Lotbinière et le conservateur Taillon ont tenté de gouverner sans majorité en chambre. Voir également ce texte qu‘il a publié dans Le Devoir le 26 mars dernier). Ensuite parce que les trois groupes parlementaires ont un nombre de sièges relativement (nous disons bien relativement) équivalent, chacun ayant, grosso modo, un tiers des sièges.
Généralement, lorsque des parlements minoritaires sont élus dans d‘autres juridictions au Canada, le troisième parti est beaucoup plus faible en nombre que les deux autres. Rappelons qu‘en ce début de 38e législature à l‘Assemblée nationale, le parti formant le gouvernement a 38,4% des sièges (à titre de comparaison, le gouvernement Harper avait fait élire 124 députés sur 308 (40,3%) en janvier 2006 tandis qu‘en Nouvelle-Écosse, le gouvernement conservateur de Rodney MacDonald avait fait élire 23 députés sur 52 (44,2%) en juin dernier), le parti formant l‘opposition officielle en détient 32,8% et le troisième parti se retrouve avec les 28,8% «restants» (toujours sur le plan comparatif, le troisième parti à la Chambre des communes, le Bloc québécois, avait gagné 51 sièges (16,6%) en janvier 2006 tandis qu‘en Nouvelle-Écosse, le Parti libéral avait terminé troisième en juin 2006 avec 9 sièges (17,3%)).
À venir: À quel point les règlements de l‘Assemblée nationale sont adaptés à cette nouvelle situation?
680 candidats
La période de mise en candidature prenait fin cet après-midi à 14 heures. C‘est donc un nombre record de 680 candidats qui se disputeront les suffrages le 26 mars prochain. Par contre, seulement huit partis seront de la course. Jamais depuis 1973 (5 partis politiques enregistrés à l‘époque) a-t-on vu aussi peu de partis politiques présenter de candidats lors d‘une élection générale.
La répartition des candidats selon leur appartenance politique est la suivante:
- Action démocratique du Québec: 125 candidats
- Parti libéral du Québec: 125 candidats
- Parti québécois: 125 candidats
- Québec solidaire: 123 candidats
- Parti vert du Québec: 108 candidats
- Parti marxiste-léniniste du Québec: 24 candidats
- Parti démocratie chrétienne du Québec: 12 candidats
- Bloc pot: 9 candidats
- Indépendants et sans désignation: 29 candidats
Seuls les trois principaux partis sont parvenus à aligner une équipe complète de 125 candidats. Québec solidaire et le Parti vert du Québec ne sont pas loin derrière, chacun alignant au moins une centaine de candidats.
Contrairement aux intentions qu‘ils avaient affichées en début de campagne, le Parti conscience universelle et le Parti unitaire du Québec ne sont pas parvenus à présenter de candidat pour le 26 mars prochain. Quant au Parti communiste du Québec et au Parti égalité, ils avaient déjà confirmé plus tôt dans la campagne qu‘ils ne présenteraient pas de candidat.
Les listes de candidats par circonscription sur ce site seront mises à jours d‘ici demain soir.
Le point sur les tiers partis
Alors que les cinq principaux partis politiques complètent le recrutement de leurs candidats respectifs, Hugo Meunier a brossé lundi dernier dans La Presse un portrait des autres partis politiques enregistrés, notamment au chapitre des candidatures, dont voici les faits saillants:
- Bloc pot (BP): le Bloc pot a lancé sa campagne électorale vendredi dernier. On envisage de présenter une quarantaine de candidats.
- Parti communiste du Québec (COM): nous en avions déjà parlé en fin de semaine, le Parti communiste ne présentera pas de candidat et son chef, André Parizeau, sera candidat sous l‘étiquette de Québec solidaire dans l‘Acadie.
- Parti conscience universelle (CU): la chef du parti, Mme Aline Lafond, en sera l‘unique candidate. Elle présentera sa candidature dans Labelle.
- Parti démocratie chrétienne du Québec (DC): le chef du Parti, M. Gilles Noël, sera candidat dans Verdun, où il avait déjà été candidat en 1998 et 2003. Ils ont fait part de leur intention de présenter 35 candidats à travers le Québec.
- Parti égalité (EP): selon La Presse, les responsables du parti ignorent si des candidats feront campagne sous l‘étiquette du Parti égalité cette année.
- Parti marxiste-léniniste du Québec (ML): pas de nouvelles des ML.
- Parti unitaire du Québec (UNI): le chef du parti, M. Louis-Marie Tiffault, sera candidat dans Portneuf. Il est le seul candidat de son parti pour l‘instant (petite parenthèse ici, on comprend maintenant pourquoi le parti n‘a pas de site web lorsqu‘on sait que « Pour l‘heure, il est le seul candidat de son parti et il n‘a qu‘une seule pancarte sous la main ». We did not make this up!).
Si vous avez des informations à nous transmettre sur des candidatures indépendantes ou des tiers partis dans les circonscriptions, contactez-nous dans la zone « commentaires ».
Traverser la Chambre?
Michel Corbeil relate dans l‘édition du Soleil de ce matin les tractations qui auraient pu mener vers un événement rarissime à l‘Assemblée nationale, soit un député qui quitte son groupe parlementaire pour joindre un autre parti politique. Le député de Groulx, Pierre Descôteaux (LIB), aurait été approché par des membres de l‘État-major du Parti québécois afin de joindre l‘opposition officielle:
Le mardi 12 décembre 2006
PASSAGE DU PLQ AU PQ
Le député Descôteaux nie les rumeurs
Michel Corbeil
Le Soleil
QuébecLe député libéral de Groulx, Pierre Descôteaux, nie formellement la rumeur voulant qu‘il songe à traverser le parquet de la Chambre à l‘Assemblée nationale pour se joindre au Parti québécois.
L‘élu s‘est amusé d‘être approché à ce sujet. « C‘est rare qu‘un journaliste appelle un député d‘arrière-banc », a-t-il blagué.
« Si j‘étais sollicité par le PQ, je m‘en serais vanté », a-t-il ajouté. Il a signalé qu‘il comprend bien le jeu politique, même s‘il n‘a pas une longue expérience comme député.
Selon les bruits qui sont parvenus au Soleil, des tractations avaient eu lieu au plus haut niveau, ces derniers jours. Certains ont même affirmé que le député de Groulx, une circonscription au nord de Montréal, avait rencontré son chef, Jean Charest, et un conseiller du leader péquiste André Boisclair.
On a souvent vu un député démissionner (ou être démissionné!) de son parti politique afin de siéger en chambre comme député indépendant, mais le fait de passer directement d‘un parti à un autre est très peu fréquent à l‘Assemblée nationale. Les derniers événements de ce type remontent à la 31e législature (1976-1981), le député de Huntingdon, Claude Dubois (UN), ayant quitté l‘Union nationale en septembre 1979 afin de joindre le Parti libéral du Québec, tandis qu‘un an plus tard, le député de Rouyn-Noranda et chef du Parti démocrate créditiste, Camil Samson (CS), joignait également les libéraux. Pour sa part, le député de Lotbinière, Rodrigue Biron (ind.), avait démissionné comme chef de l‘Union nationale en mars 1980 et siégé comme député indépendant avant de joindre le PQ en novembre 1980.
Plus récemment, en août 1992, le député de Westmount, Richard B. Holden (ind.), annonçait qu‘il joignait le groupe parlementaire du Parti québécois, mais il s‘était écoulé près d‘un an entre sa démission du Parti égalité et son adhésion au PQ. Par ailleurs, le 2 mars 1994, le député d‘Iberville, Yvon Lafrance (ind.), qui avait quitté le Parti libéral du Québec un mois plus tôt, annonçait qu‘il siégerait comme député de l‘Action démocratique du Québec. L‘ADQ ne constituait toutefois pas un groupe parlementaire reconnu en chambre, n‘ayant pas encore participé à un scrutin à l‘époque.
Ça sent la fin pour deux partis politiques
En visitant aujourd‘hui le site du Parti conscience universelle, nous avons lu le message suivant:
Après trois ans d‘investissements physiques, monétaires et d‘espoir, je suis obligée de voir la vérité en face : tout le monde veut un monde meilleur mais personne ne veut s‘investir.
À compter d‘aujourd‘hui, le 28 août 2006, j‘ai mis fin à mon rêve d‘une société meilleure. Donc ne perdez pas de temps à lire ce programme, il n‘y a plus d‘abonné au numéro inscrit.
signé: Aline Lafond
Par ailleurs, il y a lieu de se demander si le Parti égalité n‘est pas également en sérieuses difficultés. Le site web du parti est en effet hors d‘usage depuis juin 2006 et la confusion demeure concernant la direction du parti. En effet, bien que Keith Henderson, chef du parti depuis 1993, ait annoncé sa démission dès le lendemain de l‘élection générale de 2003, ce dernier est encore officiellement, selon le Registre des entités autorisées du Directeur général des élections, chef du Parti égalité.
À moins d‘un revirement, il y a donc tout lieu de croire que ces deux formations politiques perdront leur statut de parti politique autorisé d‘ici la prochaine élection générale.
MISE À JOUR (6 décembre 2006): le Parti conscience universelle semble être sorti de sa torpeur, le message présenté en début d‘article ayant été retiré du site.
Investiture libérale dans D’Arcy-McGee: Bergman briguera un 4e mandat
Le député de D‘Arcy-McGee et ministre du Revenu, Lawrence S. Bergman (LIB), a été nommé pour une quatrième fois candidat du Parti libéral du Québec dans la circonscription de D‘Arcy-McGee lors d‘une assemblée d‘investiture rassemblant plus de 300 militants de la circonscription.
M. Bergman est député depuis 1994, ayant alors battu l‘ex-chef du Parti égalité (1989-1993) et député de D‘Arcy-McGee, Robert Libman (ind.). Il est ministre du Revenu depuis l‘entrée en fonction du gouvernement Charest en avril 2003.
Élection générale 2007: circonscription électorale de D‘Arcy-McGee


Le mardi 12 décembre 2006




