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Rumeurs sur le nouveau Cabinet Charest – 3

Mercredi, 11 avril 2007 à 12:25 · Catégories: Événements politiques, Exécutif, Sur la Colline parlementaire 
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Selon Denis Lessard de La Presse qui rapporte aujourd‘hui les dernières rumeurs qui circulent sur la Colline parlementaire, on parle d‘un possible remaniement ministériel le 17 ou le 24 avril prochain. Toujours dans La Presse, Vincent Marissal parle plutôt du contexte et des contraintes auxquelles doit faire face le premier ministre dans la constitution de son nouveau cabinet.

Le mercredi 11 avril 2007

Le cabinet Charest sera rafraîchi

Denis Lessard
La Presse
Québec

Le casse-tête de Jean Charest commence à prendre forme. La formation du gouvernement prévue mardi ou mercredi la semaine prochaine laisse prévoir des changements importants, nécessaires pour un gouvernement qui vient de subir une raclée aux élections.

Le premier ministre Charest a passé le week-end de Pâques à New York, en compagnie du président du PLQ, Me Marc-André Blanchard, et l‘organisateur de la dernière campagne libérale, Benoît Savard. À une semaine de l‘annonce de la formation du prochain gouvernement, beaucoup de prudence s‘impose, mais des gestes semblent déjà prévisibles, a appris La Presse.

Plusieurs stratèges ont prévenu Jean Charest qu‘il doit remanier en profondeur son équipe ministérielle s‘il veut que la population retienne qu‘il a bien entendu le verdict du 26 mars.

Avant les élections, deux ministres avaient annoncé leur départ, Michel Audet et Margaret Delisle. Et quatre ont été battus aux élections: Pierre Corbeil, Françoise Gauthier, Carole Théberge et Michel Després. S‘il conserve le même nombre de ministres, Jean Charest a six chaises à distribuer.

Or il tentera de présenter un gouvernement un peu plus léger, avec deux ou trois limousines de moins, peut-on entendre, que les 24 d‘avant les élections.

Avec ce scénario, deux ministres seront renvoyés aux banquettes arrière. Le premier, Yvon Marcoux, à la Justice, avait d‘ailleurs failli ne pas se représenter. Déjà on s‘était préparé à rétrograder le titulaire des Transports en 2004, qui avait été sauvé par le refus d‘Yves Séguin d‘accepter la Justice. Quant à Henri-François Gautrin, le responsable des Services gouvernementaux, il est aussi dans le pétrin, car les libéraux sont déjà bien nombreux dans l‘île de Montréal et Jean Charest sait qu‘il doit présenter de nouveaux visages.

Parmi les députés qui deviendront ministres, on retrouvera Marguerite Blais, à un portefeuille social, Sam Hamad, rétrogradé en 2004 mais seul élu de Québec avec Philippe Couillard, Pierre Arcand, qui obtiendra un portefeuille économique, et probablement Nicole Ménard, la députée libérale de Laporte.

D‘autres députés seront aussi appelés : David Whissell, élu dans Argenteuil et déjà président du caucus, probablement aussi Alain Paquet dans Laval-des-Rapides, qui passerait devant Guy Ouellet, la vedette recrutée dans Chomedey.

Et bien des vétérans libéraux pensent que Jean Charest devrait faire table rase du passé et faire entrer au gouvernement Pierre Paradis, mis de côté en 2003.

Philippe Couillard au Trésor ?

Une question centrale : Philippe Couillard, qui veut quitter la Santé, se laissera-t-il convaincre de rester en poste pour la durée de vie du gouvernement minoritaire ? M. Couillard a déjà confié qu‘il aimerait l‘Énergie ou les Ressources naturelles, mais il irait plutôt au Trésor si Jean Charest accepte qu‘il quitte la Santé.

Monique Jérôme-Forget souhaite aller aux Finances et non à la Santé, comme l‘envoie la rumeur à Québec. Raymond Bachand aurait aimé les Finances aussi, mais il ne pourrait se battre contre les longs états de service de Mme Jérôme-Forget.

Michelle Courchesne quitterait la Solidarité sociale pour la Culture, où elle a déjà été sous-ministre. Line Beauchamp, qui occupait ce poste, sera affectée à l‘Éducation ou aux Transports, elle qui a déjà réclamé les Relations internationales. Monique Gagnon-Tremblay quittera les Relations internationales pour être remplacée par une femme, semble-t-il, – elle ne veut pas laisser son poste à son rival de longue date, Benoît Pelletier.

Jacques Dupuis se contenterait volontiers de la Justice, ce qui laisserait son poste de leader parlementaire à Jean-Marc Fournier, qui restera ministre mais ailleurs qu‘à l‘Éducation – il voulait les Transports, mais on ne sait pas s‘il sera satisfait.

Rayé de la carte dans plusieurs régions, le gouvernement devra identifier des ministres responsables de ces secteurs à découvert. Claude Béchard, ministre élu dans le Bas-du-Fleuve, s‘occupera aussi de la Côte-Nord. Philippe Couillard sera conscrit pour monter au Saguenay en plus d‘être ministre responsable de la région de Québec. Un ministre de l‘Outaouais, probablement M. Whissell, se verra confier l‘Abitibi où les libéraux sont absents depuis la défaite de Pierre Corbeil. Nathalie Normandeau, qui veut aller aux Ressources naturelles, continuera de s‘occuper de la Gaspésie, et Julie Boulet de la Mauricie.

Le mercredi 11 avril 2007

Moins, c‘est mieux

Vincent Marissal
La Presse

On spécule beaucoup, ces temps-ci, sur les députés qui se retrouveront au Conseil des ministres de Jean Charest. Mais le plus important, ce n‘est pas tant le nom de ceux et celles qui occuperont un fauteuil ministériel que le nombre de ces fauteuils.

Au cours de la dernière campagne électorale, Jean Charest s‘est bien gardé de dire combien de ministres il souhaitait nommer dans son nouveau cabinet. Mais qui se souvient qu‘après sa première élection, il y aura quatre ans samedi, il jonglait avec le chiffre 20, soit 17 ministres, deux délégués et lui-même?

Évidemment, une fois devant la liste de ses 75 députés, les bonnes intentions avaient rapidement pris le bord. Fallait bien en donner un peu à toutes les régions, respecter les promesses faites avant la campagne, récompenser les fidèles, donner une chance aux recrues et aux vedettes, et nommer un nombre respectable de femmes. Comme d‘habitude, donc, nous nous étions retrouvés avec un Conseil des ministres plus près de 30 que de 20 personnes.

Mais il est vrai que le cabinet de M. Charest paraissait tout de même léger comparé aux 36 ministres (la moitié du caucus!) de Bernard Landry. À l‘époque, on disait à la blague à Québec que la longue file de limousines s‘étirait du bunker jusqu‘à l‘hôtel Loews-Le Concorde…

Mais cette fois, avec 48 députés (47 si on soustrait le premier ministre), M. Charest ne pourra, la semaine prochaine, allonger indéfiniment le cortège de limousines.

L‘heure est à l‘humilité, Jean Charest l‘a dit lui-même au lendemain du scrutin, et la meilleure façon de prouver qu‘il a vraiment compris le message est d‘éviter tout geste d‘arrogance. Comme de convoquer la moitié de son caucus autour de la grande table, par exemple. Son objectif de 2003 de 20 ministres semble, dans les circonstances, tout à fait raisonnable.

Ce n‘est pas si sorcier, après tout. Il suffirait de couper par la fin, soit d‘éliminer les postes de ministres délégués, qui ne sont là , disons-le, que pour des raisons de politique et non d‘efficacité. Franchement, a-t-on besoin d‘un ministre délégué aux Transports au Québec? Ou d‘un ministre délégué à la Jeunesse et à la Réadaptation? Un ministre «économique» ne pourrait-il pas chapeauter le Tourisme ou le Revenu? Et le premier ministre ne peut-il pas prendre une responsabilité de plus, une de ses priorités, comme le ministère des Aînés, promis par Jean Charest pendant la campagne?

La réalité, c‘est que les gouvernements du Québec aiment bien se doter de cabinets luxueux, ce qui fait que l‘on se retrouve très souvent avec plus de ministres à Québec qu‘à Ottawa.

Toute comparaison est boiteuse, bien sûr, mais si l‘administration américaine fonctionne avec cinq ou six «ministres», pourquoi en aurions-nous besoin de 30 au Québec?

On peut bien se bricoler un cabinet luxueux pour satisfaire les régions, les minorités, les vétérans et les recrues, sans oublier la proportion de femmes, mais le fait est que la moitié des ministres, sinon les trois quarts, restent dans l‘ombre. Faites le test : nommez donc cinq ministres du cabinet Harper. Ou cinq de l‘ancien cabinet Charest.

Il y a très longtemps que la taille du Conseil des ministres fait jaser à Québec, mais aucun premier ministre n‘a osé trancher dans le gras, sauf Lucien Bouchard, qui avait maintenu le nombre de limousines entre 20 et 22 pendant les années austères de la lutte contre le déficit. Mais, chassez le naturel et il revient au galop : le cabinet Bouchard était remonté à 25 membres quelques mois avant les élections de novembre 1998.

Le nombre de ministres dans le gouvernement minoritaire de Jean Charest passera un message, mais la place faite aux femmes aussi. En fait, la principale question ces jours-ci est de savoir si le premier ministre nommera une femme aux Finances, ce qui n‘est arrivé qu‘une seule fois au Québec (Pauline Marois, quelques mois, dans le gouvernement Landry).

L‘actuelle présidente du Conseil du Trésor est parfaitement qualifiée pour les Finances, mais il semble que M. Charest lui préférera Raymond Bachand et qu‘elle échangera son fauteuil contre celui de Philippe Couillard (la Santé).

Si M. Charest veut contenir les ambitions de M. Couillard, le Conseil du Trésor est probablement le meilleur endroit : c‘est un ministère «drabe», dont on entend surtout parler quand il y a conflit avec les syndiqués de la fonction publique, et son titulaire doit constamment dire non à ses collègues ministres.

Ce nouveau cabinet pourrait envoyer un autre message : la réconciliation, ce dont auront bien besoin les libéraux au cours des prochains mois. S’il est vrai, comme le veut le dicton, qu‘un chef politique doit garder ses amis près de lui et ses ennemis… encore plus près, alors M. Charest ravalera peut-être sa rancune pour nommer Pierre Paradis au Conseil des ministres.

Évidemment, M. Charest doit aussi faire attention aux susceptibilités de tout son caucus, parce que quelques députés frustrés pourraient être tentés de passer à l‘ADQ.

Cela dit, André Boisclair, qui n‘a pas le tracas de former un Conseil des ministres, doit lui aussi garder un oeil sur son caucus. À chaque crise, certains de ses députés pourraient aussi être tentés de traverser chez Mario Dumont.

Surtout si le Bloc se prend une baffe à son tour aux prochaines élections fédérales.

(…)

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