Le Soleil a publié hier une série d’articles sur les “conclusions” à tirer du vote du 26 mars dernier, notamment en ce qui a trait aux comportements électoraux de certains segments de la population québécoise. D’abord, Martin Pelchat, il parle des comportements électoraux dans les banlieues, particulièrement celle de Québec, citant notamment les travaux de géographie électorale de Paul Villeneuve, chercheur associé à l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional de l’Université Laval, travaux donc nous avions d’ailleurs parlé durant la dernière campagne électorale:
Le dimanche 29 avril 2007
LES LEÇONS DU 26 MARS
La banlieue a parlé…
Martin Pelchat
Le Soleil
QuébecC’est un mouvement qui dépasse même les frontières de l’Amérique du Nord qui a propulsé l’ADQ à l’avant-scène du Québec politique, il y a cinq semaines. Un mouvement qui prend sa source dans la montée des banlieues et qui, n’en déplaise au PLQ et au PQ, n’est pas près de s’essouffler.
Le chercheur Paul Villeneuve en a vu les premiers signes après l’élection de 2003, quand Mario Dumont a raflé 28 % des voix dans la capitale. En y regardant de plus près, la percée adéquiste dans le 450 devenait dès lors probable, dit-il. Et lorsqu’il se tourne vers l’avenir, M. Villeneuve a l’œil sur Laval, où l’ADQ a terminé deuxième dans quatre circonscriptions sur cinq le 26 mars. « S’il y a un autre endroit au Québec qui passe à l’ADQ, ça va être là je pense. »
L’ADQ eut-elle pris ces quatre circonscriptions aux libéraux le 26 mars qu’elle formerait aujourd’hui le gouvernement.
Suburban strategy
« Suburban strategy » : ce sont les maîtres mots des succès adéquistes, estime ce chercheur associé à l’école supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional de l’Université Laval, qui, avant le dernier scrutin, avait analysé trois élections depuis 2003 à Québec dans une perspective de « géographie électorale ».
En examinant la distribution des résultats par bureaux de vote, il a constaté que le comportement électoral en banlieue était plus conservateur et adéquiste. « Si on regarde la prochaine élection et les années à venir, comme les banlieues et les milieux suburbains ont un taux de croissance de population plus élevé que les quartiers centraux, on peut donc penser qu’il y a une tendance à ce que cette orientation augmente », disait-il quelques jours avant que Jean Charest ne lance la dernière course et bien avant que Mario Dumont ne remporte assez de sièges pour former l’opposition officielle.
Comment expliquer cette tendance conservatrice de la banlieue ? Les valeurs du mode de vie de banlieue, royaume de la classe moyenne où chacun a sa maison et son auto, seraient plus associées au désir de contrôler sa vie, son milieu, le plus possible, explique M. Villeneuve. Plus grande ouverture au privé, que ce soit à l’école, pour assurer la réussite de ses enfants, ou en santé. Désir de payer moins de taxes. Et un style de vie qui passe moins par les regroupements, par les stratégies collectives, plus populaires dans les centres-villes.
De Reagan à Blair
Ronald Reagan, le premier, a entrepris de courtiser les banlieusards avec sa « suburban strategy » à mesure que la population américaine se « suburbanisait ». Bill Clinton et ses démocrates lui ont emprunté la recette. Et même l’Anglais Tony Blair. Le Québec n’allait pas y échapper dans la mesure où la moitié de la population du Québec vit dans un milieu de banlieue, observe M. Villeneuve.
Il s’agit donc pour un parti politique de développer un discours et des politiques qui répondent aux besoins de ce milieu de vie. Un des engagements typiques d’une « suburban strategy » est de baisser les impôts. Ce qui fait par exemple que Mario Dumont aura bien du mal à voter contre celles que promet Jean Charest dans le prochain budget, estime M. Villeneuve. « Devant son électorat, il ne pourra pas s’opposer à ça. »
Sur la foi des résultats dans le 450, notamment de la percée adéquiste en Montérégie jusqu’à Huntingdon, près de la frontière américaine, Paul Villeneuve avance aussi que les thèmes privilégiés par Mario Dumont correspondent mieux au système de valeurs « des gens qui vivent dans le monde des PME », peu syndiquées et plus hostiles à l’intervention de l’État. Dans cette région s’est d’ailleurs développée une agriculture industrielle prospère, souligne-t-il. « Sur les routes de campagne, on rencontre des camions de livraison qui vont d’une PME à l’autre », ajoute le géographe. En Beauce et dans le centre du Québec aussi, où l’ADQ a cartonné, les PME sont reines. « C’est dans ce milieu que l’ADQ obtient du succès », dit-il.
Comme si Mario Dumont avait fait sa niche entre la ville et les régions-ressources, qui ont voté pour le PQ et où prédominent encore la grande industrie et les grands syndicats collectivistes.
Et Québec, ville de fonctionnaires ? N’oublions pas que la région, pour pallier à la réduction de l’État, a entrepris une reconversion industrielle et contribue beaucoup à la nouvelle économie, souligne Paul Villeneuve. Mais non sans noter que la vague adéquiste s’y est heurtée à une poche de résistance dans le tissu plus urbain, comme dans Taschereau.
Quant à Gilbert Lavoie, il parle du vote de la clientèle étudiante dans les résidences des campus universitaires et semble faire l’adéquation “vote pour le PQ=appui au gel des frais de scolarité” et “vote libéral et ADQ=appui au dégel”. Ça nous semble un peu simpliste comme conclusion, comme si les étudiants dans leur ensemble votaient uniquement en fonction d’un seul enjeu qui les concerne directement. De plus, il ne faut pas perdre de vue le fait que les étudiants résidant sur un campus universitaire n’ont pas nécessairement les mêmes caractéristiques socio-économiques que ceux qui résident hors-campus (donc, les comportements électoraux peuvent varier entre les deux). Bref, Gilbert Lavoie semble manquer de prudence ici: (suite de l'article…)
Tags: ADQ, comportements électoraux, géographie électorale, Mario Dumont, PLQ, PQ, PVQ, QS, Suburban strategy, vote étudiant
Les analyses du “swing vote” et les “que serait-il arrivé si” commencent à sortir du côté des analystes de l’opinion publique:
L’analyse du vote selon le sondeur Jean-Marc Léger - Les verts et Québec solidaire auraient privé le PQ d’un gouvernement minoritaire
PC
Le Devoir, édition du mercredi 28 mars 2007Les gains de Québec solidaire et du Parti vert ont beau être modestes, ils pourraient bien avoir privé le Parti québécois, non seulement de l’opposition officielle, mais possiblement d’un gouvernement minoritaire.
L’analyse des pourcentages des suffrages exprimés et des résultats dans une douzaine de circonscriptions démontre en effet que les votes accordés aux tiers partis ont eu une influence considérable en raison d’une lutte serrée à trois inédite, et que cela semble avoir surtout nui au Parti québécois.
Selon Jean-Marc Léger, de la firme Léger Marketing, il est clair que la progression de 3 % de Québec solidaire, qui a récolté près de 4 % des voix (contre 1 % des suffrages en 2003 pour son prédécesseur, l’Union des forces progressistes), s’est faite en quasi-totalité aux dépens du Parti québécois. De même, dit-il, une bonne part de la progression du Parti vert, qui est passé de moins de 0,5 % en 2003 à 4 % en 2007, provient également de péquistes insatisfaits. Il précise, toutefois, que les verts ont également soutiré des appuis aux libéraux, notamment chez les allophones et les anglophones.
Quoi qu’il en soit, sans ces pertes, le Parti québécois aurait obtenu près de 33 % des voix, soit le même pourcentage que le Parti libéral, ce qui lui aurait valu, au minimum, la deuxième place pour ce qui est du nombre de sièges et probablement un gouvernement minoritaire, indique M. Léger.
Il ajoute que, même si l’ADQ a surtout fait le plein des votes libéraux cette fois-ci, après avoir joué le même tour au PQ en 2003, le parti de Mario Dumont a probablement continué de gruger aussi dans l’électorat péquiste, notamment en raison de l’impopularité du chef péquiste, André Boisclair, mais il est impossible de dire dans quelle proportion.
Mais, sans la progression de Québec solidaire et du Parti vert, une victoire péquiste aurait été plausible dans 12 circonscriptions supplémentaires, dont Sherbrooke, celle du premier ministre Jean Charest.
Dans ces 12 circonscriptions, les tiers partis ont permis à quatre libéraux et à huit adéquistes de dépasser des péquistes (outre Sherbrooke, il s’agit des circonscriptions de Laurier-Dorion, Saint-Henri-Sainte-Anne, La Prairie, Deux-Montagnes, Prévost, Saint-Hyacinthe, Johnson, Orford, Joliette, L’Assomption et Terrebonne). En d’autres termes, si le vote péquiste ne s’était pas effrité vers la marge, André Boisclair aurait pu devenir premier ministre d’un gouvernement minoritaire avec 48 sièges. Les libéraux, eux, auraient formé l’opposition sans leur chef avec 44 sièges, et Mario Dumont aurait quand même pu crier victoire avec 33 sièges.
Dans la région de Québec, où l’ADQ a connu sa plus forte poussée, il y a aussi fort à parier que le PQ a souffert d’une saignée plus importante au profit de ce parti, sans laquelle, à défaut de prendre les circonscriptions de Louis-Hébert (PLQ, Sam Hamad) et de Jean-Talon (PLQ, Philippe Couillard), il aurait pu mettre à mal les deux têtes d’affiche libérales.
Certes, la montée adéquiste ne fait aucun doute, mais la multiplication par 10 de son nombre de sièges (41 sièges en 2007 contre quatre en 2003) représente une distorsion par rapport à sa progression dans le vote qui, elle, n’est que de 13 % (31 % des suffrages exprimés en 2007 contre 18 % en 2003).
Cette progression a la même ampleur que la chute du Parti libéral, également de 13 % (33 % des suffrages exprimés en 2007 contre 46 % en 2003), mais les libéraux ont perdu plus du tiers de leurs sièges (48 sièges en 2007 contre 76 en 2003). Jean-Marc Léger souligne que les libéraux, qui obtiennent systématiquement autour de 1,7 million de votes à chaque élection depuis 1981, n’en ont récolté que 1,3 million cette année, une chute considérable qui a secoué la formation au pouvoir.
Pour les péquistes, le recul dans les suffrages n’est que de 5 % (28 % en 2007 contre 33 % en 2003), mais cela s’est traduit par une perte d’un siège sur cinq (36 en 2007, soit 12 de moins qu’en 2003).
Tags: ADQ, élection générale 2007, comportements électoraux, géographie électorale, minorités, PLQ, PQ, PVQ, QS, sondages
La Presse a dévoilé ce matin les résultats d’un deuxième sondage en cette campagne électorale sur les intentions de vote dans la région de la Capitale-Nationale (le premier datant du 28 février dernier). Le territoire couvert est le même que lors du sondage de février, soit
(…) des circonscriptions du centre-ville comme Jean-Talon, où se présente le libéral Philippe Couillard, et Taschereau, où on retrouve la péquiste Agnès Maltais. L’ADQ a déjà deux circonscriptions sur les 12 sondées, Vanier et Chutes-de-la-Chaudière. On cou20vre aussi en bonne partie les circonscriptions de Chauveau (où l’ADQ présente une vedette, Gilles Taillon), Portneuf, Montmorency et Charlesbourg
auxquels s’ajoutent Jean-Lesage, La Peltrie, Lévis et Louis-Hébert.
Or, donc, après répartition proportionnelle des 15% indécis, les intentions de vote dans la région de Québec seraient les suivantes (les chiffres entre parenthèses indiquent les variations par rapport au précédent sondage CROP de fin février):
- ADQ: 40% (+10)
- PQ: 26% (+1)
- LIB: 24% (-8)
- VRT: 8% (=)
- QS: 4% (=)
- Autres: 0% (-1)
Oui, si on additionne, ça fait 102%, mais ce sont les chiffres qui sont parus dans La Presse. On vous reviendra là-dessus. MISE À JOUR: Dans Le Soleil, on attribue 6% aux verts et 5% à Québec solidaire à un endroit, mais 8% et 4% respectivement à un autre endroit. À suivre…
Comment cela pourrait-il se refléter en termes de sièges? Les responsables de la firme CROP refusent de prédire le nombre de sièges qu’obtiendra chaque parti, mais fait valoir que la répartition géographique du vote adéquiste pourrait l’empêcher de “passer la gratte” dans toutes les circonscriptions de la région. En effet,
Dans les circonscriptions du centre-ville, on trouve grosso modo 30 % d’adéquistes, un appui qui grimpe à 45 % en périphérie et sur la rive sud.
Ces chiffres sont en continuité avec d’autres enquêtes réalisées récemment et qui tendent à démontrer que l’appui adéquiste se concentre dans les anciennes villes de banlieue de la défunte Communauté urbaine de Québec. C’est ce qu’avaient démontré Paul Villeneuve, professeur associé à l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional (ÉSAD), et Yvon Jodoin, professionnel de recherche au Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD) de l’Université Laval, lors d’une conférence donnée au début de février et dont on avait parlé dans Le Soleil. Selon cette étude, un électeur qui habite dans l’axe central Québec – Sainte-Foy aurait peu tendance à voter pour un parti prônant une idéologie conservatrice, tandis qu’un électeur qui vit loin du centre-ville et de la banlieue immédiate, et plus particulièrement dans l’ouest de la ville, aurait davantage tendance à voter à droite. Il y a d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte, mais il y a un compte rendu un peu plus détaillé dans un journal de campus de l’Université Laval, Au fil des événements (la carte ci-jointe est d’ailleurs tirée de cet article).
Le sondage téléphonique a été réalisé du 15 au 18 mars 2007 auprès de 500 répondants. La marge d’erreur est de 4%, 19 fois sur 20.
Le mercredi 21 mars 2007
Vers un balayage adéquiste à Québec
Denis Lessard
La PresseÀ une semaine du scrutin, l’Action démocratique du Québec s’apprête à balayer la région de Québec. Un sondage CROP terminé dimanche soir montre que le parti de Mario Dumont est très nettement en avance sur ses adversaires dans les 12 circonscriptions de la région de la Capitale-Nationale.
Pour ce coup de sonde, réalisé pour La Presse et Le Soleil, CROP a joint 500 personnes, du 15 au 18 mars. Les résultats sont frappants : l’Action démocratique rafle désormais 40 % des intentions de vote, par rapport à 26 % au PQ et 24 % au PLQ, une fois répartis proportionnellement les 15 % d’indécis.
Ces résultats permettent de prédire toute une dégelée pour le PLQ dans cette région où il détient actuellement neuf des 12 circonscriptions sondées par CROP.
Pour Claude Gauthier, le spécialiste de la maison, la «vague adéquiste» a traversé sans problème le débat des chefs à Québec, et il n’y a pas de raison de croire que le dépôt du budget de Stephen Harper - dont les idées sont proches de l’ADQ - permette aux libéraux de renverser la vapeur. «Renverser la tendance qu’on observe à Québec, c’est une grosse commande», résume-t-il.
L’enquête montre aussi que Mario Dumont a très nettement remporté le débat télévisé des chefs aux yeux des gens de Québec. Elle indique aussi que les adéquistes sont déterminés à maintenir leur choix jusqu’au 26 mars.
L’avance du parti de Mario Dumont dans la grande région de Québec se situe bien au-delà de la marge d’erreur de 4 points de pourcentage. Les verts font 8 % et Québec solidaire 4 %.
Montée depuis février
Le score de l’ADQ représente une augmentation très nette, de 10 points, depuis la fin février, des gains faits surtout aux dépens des libéraux. Peu après le déclenchement des élections, CROP avait mesuré 30 % d’appuis à l’ADQ. Les libéraux avaient alors 32 % des intentions de vote, huit points de plus que dans l’enquête terminée en fin de semaine. Le PQ faisait, à un point près, le même score. L’ADQ domine dans toutes les strates d’âge, sauf chez les aînés, qui restent acquis aux libéraux.
M. Gauthier parle facilement d’une «vague adéquiste à Québec», mais refuse de prédire le nombre des sièges que pourra obtenir ce parti le 26 au soir. Les électeurs adéquistes, observe-t-il, ne sont pas répartis également sur l’ensemble du territoire.
Dans les circonscriptions du centre-ville, on trouve grosso modo 30 % d’adéquistes, un appui qui grimpe à 45 % en périphérie et sur la rive sud.
L’enquête couvre des circonscriptions du centre-ville comme Jean-Talon, où se présente le libéral Philippe Couillard, et Taschereau, où on retrouve la péquiste Agnès Maltais. L’ADQ a déjà deux circonscriptions sur les 12 sondées, Vanier et Chutes-de-la-Chaudière. On couvre aussi en bonne partie les circonscriptions de Chauveau (où l’ADQ présente une vedette, Gilles Taillon), Portneuf, Montmorency et Charlesbourg.
Mario Dumont souffle dans le cou de Jean Charest comme meilleur candidat au poste de premier ministre. Ainsi, 27 % pensent que le chef libéral serait «le plus apte à diriger le prochain gouvernement» et 25 % que ce serait Mario Dumont. André Boisclair ferme la marche avec 18 %.
Fait intéressant, désormais, 60 % des gens pensent que les libéraux vont l’emporter - 67 % des gens étaient de cet avis fin février. C’était prévisible : huit libéraux sur 10 pensent que Jean Charest sera premier ministre, mais 67 % des électeurs adéquistes et 51 % des péquistes pensent la même chose.
Les gens de la région de Québec sont, plus que la moyenne québécoise, intéressés par la campagne électorale : 58 % des gens suivent la campagne, mais l’intérêt atteint 67 % chez les électeurs adéquistes.
Mario Dumont ressort clairement gagnant du débat des chefs, comme le laissait entrevoir le sondage CROP-Express effectué le soir même. Au même moment, Léger Marketing déclarait le match nul. Ainsi, 38 % des électeurs à Québec estiment que M. Dumont a été «le plus convaincant» des trois chefs au débat; 19 % donnent plutôt la palme à André Boisclair, et seulement 14 % estiment que Jean Charest a mieux fait. Le débat a conforté les adéquistes dans leur choix à 61 %; un peu comme les péquistes qui, à 62 %, disent que l’affrontement a renforcé leur opinion. Enfin, 40 % des électeurs libéraux disent que leur décision a été renforcée par le débat.
Adéquistes décidés
Élément nouveau, les électeurs adéquistes sont désormais aussi déterminés que les autres à maintenir leur choix jusqu’aux élections - les enquêtes montraient jusqu’ici que ce vote était beaucoup plus friable. Désormais, 68 % des électeurs adéquistes disent que leur choix est définitif, davantage même que les électeurs libéraux et péquistes, décidés à, respectivement, 62 et 63 %. Les électeurs de Québec solidaire et du Parti vert sont encore à plus de 60 % prêts à changer d’idée. Les premiers vont une fois sur deux vers le PQ, et les seconds se distribuent plus également entre les trois partis, avec un léger avantage à l’ADQ.
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Tags: ADQ, André Boisclair, élection générale 2007, CROP, géographie électorale, intentions de vote, Jean Charest, Mario Dumont, Paul Villeneuve, PLQ, popularité des chefs, PQ, PVQ, QS, région de Québec, sondages, Yvon Jodoin
Sondage Léger: reality check
Nous vous rassurons tout de suite: cet article n’a pas pour but d’essayer de trouver des failles dans le “méga-sondage” publié hier. Alors que les commanditaires s’intéressaient surtout aux luttes serrées que laissaient entrevoir les résultats régionaux, nous allons comparer les résultats des sous-échantillons régionaux avec les résultats de la dernière élection générale. Bref, c’est le “swing vote” potentiel qui nous intéresse ici.
Nous avertissons d’entrée de jeu: avec une marge d’erreur allant de 4 à 7% selon la région, l’exercice doit être pris avec un grain de sel. De plus, le territoire des circonscriptions électorales ne coïncide pas nécessairement partout avec celui des régions administratives, ce qui vient apporter un bémol supplémentaire aux résultats qui suivent (sans compter qu’il n’existe aucun élément dans le sondage qui nous indique à quelle région est rattachée la circonscription d’Ungava; elle a donc été exclue du calcul des résultats régionaux de 2003). Bref, c’est un exercice qui peut être éclairant à certains égards, mais nous vous invitons à exercer votre jugement critique en les lisant.
Enfin, autre précision élémentaire: le sondage est une photographie de la situation telle qu’elle se présentait du 24 au 28 février derniers et non une prévision de ce qui nous attend d’ici le 26 mars prochain.
Bas-Saint-Laurent/Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (01-11): 8 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 39,62% | 37,54% | 21,59% | 1,25% |
| Sondage Léger | 40% | 29% | 27% | 4% |
| n=201 marge d’erreur=7% | ||||
Appui libéral stable, mais baisse du PQ qui excède la marge d’erreur, principalement vers l’ADQ, mai aussi vers les autres partis (QS à 2%, VRT à 2%). Le territoire des 8 circonscriptions coïncide à peu près complètement avec celui des deux régions administratives.
Saguenay–Lac-Saint-Jean/Côte-Nord (02-09): 8 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 35,21% | 42,73% | 19,79% | 2,27% |
| Sondage Léger | 38% | 39% | 15% | 9% |
| n=200 marge d’erreur=7% | ||||
Baisse du PQ et de l’ADQ, hausse des libéraux et des autres partis (QS à 5%, VRT à 3%), le tout à l’intérieur de la marge d’erreur. Le territoire des 8 circonscriptions coïncide à peu près complètement avec celui des deux régions administratives.
Capitale-Nationale (03): 11 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 41,20% | 28,86% | 27,11% | 2,83% |
| Sondage Léger | 30% | 27% | 31% | 12% |
| n=500 marge d’erreur=4% | ||||
Légère variation du PQ et de l’ADQ à l’intérieur de la marge d’erreur, forte baisse des libéraux et forte hausse des autres partis (QS à 5%, VRT à 6%). Le territoire des 11 circonscriptions coïncide à peu près complètement avec celui de la région administrative.
Mauricie/Centre-du-Québec (04-17): 8 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 38,12% | 35,99% | 24,31% | 1,57% |
| Sondage Léger | 36% | 24% | 30% | 10% |
| n=200 marge d’erreur=7% | ||||
Appui libéral à peu près stable, renversement de position du PQ et de l’ADQ et hausse des autres partis (QS à 6%, VRT à 3%) qui excède la marge d’erreur. Le territoire des 8 circonscriptions présente des différences marquées par rapport à celui des deux régions administratives (surtout la région 17).
Estrie (05): 6 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 47,96% | 33,39% | 17,26% | 1,39% |
| Sondage Léger | 33% | 35% | 19% | 12% |
| n=200 marge d’erreur=7% | ||||
Légère hausse PQ et de l’ADQ, baisse libérale qui excède la marge d’erreur et hausse des autres partis (QS à 9%, VRT à 3%) qui excède également la marge d’erreur. Le territoire des 6 circonscriptions présente des différences marquées par rapport à celui de la région administrative.
Montréal (06): 28 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Sondage Léger | 32% (E) 61% (O) | 29% (E) 17% (O) | 21% (E) 10% (O) | 18% (E) 12% (O) |
| n=200 marge d’erreur=7% (Montréal Est et Ouest) | ||||
Nous sommes confrontés à une double impossibilité ici: impossibilité d’une part de fusionner les deux échantillons de Léger (Montréal-Est et Montréal-Ouest), faute de pouvoir pondérer les résultats en fonction des caractéristiques de la population de l’île de Montréal et impossibilité d’autre part de subdiviser la région administrative de Montréal, faute de connaître les limites géographiques exactes des deux échantillons montréalais de Léger Marketing. Voici néanmoins les données brutes de Léger Marketing pour votre information.
Outaouais (07): 5 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 62,41% | 22,74% | 11,98% | 2,86% |
| Sondage Léger | 45% | 23% | 20% | 15% |
| n=200 marge d’erreur=7% | ||||
Appui péquiste stable, baisse libérale marquée qui excède la marge d’erreur et hausse de l’ADQ et des autres partis (QS à 6%, VRT à 8%) qui excède également la marge d’erreur. Le territoire des 5 circonscriptions est identique à celui de la région administrative.
Abitibi-Témiscamingue (08): 3 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 38,65% | 37,37% | 22,58% | 1,41% |
| Sondage Léger | 27% | 42% | 20% | 10% |
| n=200 marge d’erreur=7% | ||||
Légère hausse du PQ et légère baisse de l’ADQ, à l’intérieur de la marge d’erreur dans les deux cas, baisse libérale et hausse des autres partis (QS à 5%, VRT à 4%) qui excèdent la marge d’erreur. Le territoire 3 circonscriptions est identique à celui de la région administrative.
Chaudière-Appalaches (12): 8 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 38,12% | 24,36% | 36,01% | 1,52% |
| Sondage Léger | 32% | 27% | 37% | 6% |
| n=200 marge d’erreur=7% | ||||
Appui adéquiste stable, baisse libérale et hausse du PQ et des autres partis (QS à 3%, VRT à 3%), le tout à l’intérieur de la marge d’erreur. Le territoire des 8 circonscriptions présente des différences marquées par rapport à celui de la région administrative (surtout à l’ouest).
Laval (13): 5 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 51,66% | 32,68% | 12,12% | 3,54% |
| Sondage Léger | 43% | 28% | 22% | 6% |
| n=200 marge d’erreur=7% | ||||
Baisse des libéraux qui excède la marge d’erreur, baisse moyenne du PQ, mais à l’intérieur de la marge d’erreur, forte fausse de l’ADQ qui excède la marge d’erreur et hausse modeste des autres partis (QS à 1%, VRT à 5%). Le territoire des 5 circonscriptions coïncide parfaitement avec celui de la région administrative.
Lanaudière/Laurentides (14-15): 16 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 35,42% | 41,65% | 20,93% | 2,00% |
| Sondage Léger | 17% | 39% | 37% | 7% |
| n=300 marge d’erreur=6% | ||||
Baisse légère du PQ à l’intérieur de la marge d’erreur, mais renversement de position entre les libéraux et l’ADQ et hausse des autres partis à l’intérieur de la marge d’erreur (QS à 5%, VRT à 1%). Le territoire des 14 circonscriptions coïncide parfaitement avec celui des deux régions administratives.
Montérégie (16): 21 circonscriptions
| LIB | PQ | ADQ | Aut. | |
|---|---|---|---|---|
| Élection 2003 | 44,26% | 37,34% | 16,07% | 2,33% |
| Sondage Léger | 33% | 31% | 27% | 10% |
| n=300 marge d’erreur=6% | ||||
Baisse des libéraux et du PQ qui égale ou excède la marge d’erreur, le tout au profit de l’ADQ et des autres partis (QS à 4%, VRT à 5%) dont la hausse des appuis est supérieure à la marge d’erreur. Le territoire des 21 circonscriptions présente certaines différences par rapport à celui de la région administrative.
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Tags: Abitibi-Témiscamingue, ADQ, élection générale 2007, Bas-Saint-Laurent, Capitale-Nationale, Côte-Nord, Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches, Estrie, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, géographie électorale, intentions de vote, Lanaudière, Laurentides, Laval, Léger Marketing, Mauricie, méthodes quantitatives, Montérégie, Montréal, Outaouais, PLQ, PQ, PVQ, QS, Saguenay-Lac-Saint-Jean, sondages
C’est un troisième sondage que Léger Marketing rend public en février, cette fois-ci pour le compte du Journal de Montréal et de TVA. Après répartition des indécis, les intentions de vote seraient les suivantes (les variations indiquées sont celles par rapport au précédent sondage Léger Marketing/Le Devoir rendu public lundi dernier):
- LIB: 36% (-1)
- PQ: 29% (+1)
- ADQ: 25% (+1)
- QS: 5% (-1)
- VRT: 5% (=)
- Autres: 1% (+1)
Fait à noter, la taille de l’échantillon est inhabituellement grande pour un sondage d’opinion politique (plus de 3000 répondants), ce qui réduit la marge d’erreur par rapports aux sondages d’un millier de répondants que l’on voit habituellement.
Au moment d’écrire ces lignes, le rapport de Léger Marketing n’était pas encore en ligne. (MÀJ: voir le pdf ici).
Le sondage téléphonique a été réalisé auprès de 3101 Québécois entre le 24 et le 28 février. La marge d’erreur est de 1,8% 19 fois sur 20.
MISE À JOUR (2 mars, 7h): les données complètes du sondage sont présentées dans un article du journal de Montréal. De plus, selon une projection réalisée par Léger Marketing,
Avec une telle performance, les candidats de Mario Dumont iraient chercher, outre les cinq circonscriptions déjà adéquistes, quatre comtés au Parti québécois (PQ) et 11 au Parti libéral du Québec (PLQ), selon les projections de Jean-Marc Léger.
Dans un tel contexte, le premier ministre Jean Charest aurait été réélu, mais à la tête d’un gouvernement minoritaire.
Se peut-il que Jean-Marc Léger fasse erreur? Le tout dépend du point de départ. Si M. Léger prend comme point de départ la composition de l’Assemblée nationale lors de la dissolution le 21 février dernier, la 37e législature se composerait ainsi:
- LIB: 72-11=61 sièges
- PQ: 45-4=41 sièges
- ADQ: 5+15=20 sièges
Si vous faites un calcul rapide, vous remarquerez qu’il manque 3 sièges pour arriver à 125 députés. 2 sièges étaient vacants en date du 21 février (Borduas (PQ) et Chambly (LIB)), et Mégantic-Compton était représentée par M. Daniel Bouchard (ind.), élu sous la bannière libérale en 2003.
Dès lors, si on prend en compte ces trois sièges en fonction du parti qui y avait fait élire un député en 2003.
- LIB: 74-11=63 sièges
- PQ: 46-4=42 sièges
- ADQ: 5+15=20 sièges
Donc gouvernement libéral majoritaire “faible”, mais égalité technique avec l’opposition si le président de la chambre est un libéral.
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