Qui dit réduction du nombre de ministres dit réduction du nombre d’employés dans les cabinets (ou bureaux) ministériels et sur plus de personnel pour les places disponibles.
Qui dit perte de sièges à la suite d’une élection générale dit plusieurs ex-députés et candidats de renom à recaser dans les cabinets ministériels.
Qui dit passage d’un gouvernement majoritaire à un gouvernement minoritaire dit efforts supplémentaires du premier ministre pour placer des employés fidèles dans les cabinets de ses propres ministres.
Et lorsqu’on se retrouve avec les trois situations en même temps, ça donne ce que Denis Lessard raconte ce matin dans La Presse:
Le mardi 24 avril 2007
La colère gronde parmi d’ex-employés du PLQ
Denis Lessard
La Presse
QuébecLa colère gronde dans les cabinets libéraux contre l’entourage de Jean Charest. Des chefs de cabinet et des attachés de presse à qui on n’a pas donné de nouvelles depuis les élections, d’autres limogés sans autre forme de procès : le désir de caser des membres de la garde rapprochée de Jean Charest fait grincer des dents.
Le chef de cabinet du premier ministre, Stéphane Bertrand, est le premier ciblé : les conseillers du «bunker», le cabinet du premier ministre, ont obtenu des postes convoités, alors que bien des simples soldats des cabinets politiques des ministres défaits le 26 mars attendaient en vain un coup de fil.
«Un tel mécontentement chez les employés politiques au PLQ, c’est du jamais vu. On traite des gens qui ont travaillé pendant des années comme des mouchoirs jetables», s’insurge un chef de cabinet sous le couvert de l’anonymat. Bien des employés politiques des ministres ou députés battus il y a trois semaines n’ont pas même eu un coup de fil pour préciser leur avenir. Non seulement quatre ministres ont été battus le 26 mars, mais les 25 ministres sont passés à 18, et donc plus d’une centaine d’employés politiques de tous les niveaux se retrouvent carrément le bec à l’eau, indique-t-on.
L’impatience a gagné les députés hier, quand on les a convoqués pour un caucus avant la session, à Montmagny, dimanche prochain.
L’opération auprès des nouveaux cabinets est aussi interprétée comme une volonté de conserver partout des observateurs attentifs aux jeux de coulisses, veillant aux intérêts du premier ministre Charest.
Par exemple, Philippe Dubuisson, responsable du contenu de la campagne libérale, devient le chef de cabinet de Monique Jérôme-Forget aux Finances. Pour le volet Trésor, Véronique Mercier deviendra directrice.
Sylvia Garcia, aussi du bunker, devient chef de cabinet de Christine Saint-Pierre à la Culture. Le bunker a tenté sans succès des coups de force pour déloger d’autres vétérans. Jean-Philippe Marois, le bras droit de Jean-Marc Fournier, a failli passer par-dessus bord, il doit se contenter du poste de chef de cabinet au Revenu, un poste qui a laissé sur sa faim M. Fournier. Aux Ressources naturelles, on a tenté d’imposer Jean Quenneville, mais le ministre Claude Béchard a tenu à conserver son chef de cabinet, Stéphane Gosselin.
On a voulu aussi placer des députés qui ont mordu la poussière aux dernières élections, avec un succès inégal. Dominique Viens, de Bellechasse, devait être chef de cabinet de Marguerite Blais, mais le mariage n’a pas duré. Raymond Bernier devient chef de cabinet de Monique Gagnon-Tremblay, et Claude Drouin, celui de Julie Boulet aux Transports. Candidate aussi dans Rimouski, Hélène Ménard est chef de cabinet de David Whissell au Travail. Isabelle Mignault, qui était chef de cabinet de Carole Théberge, devient attachée de presse de Raymond Bachand au développement économique.
Tags: administration publique, Conseil des ministres, gouvernement du Québec, Jean Charest, personnel politique, PLQ, remaniement ministériel
Ce matin, nous faisons part de quatre articles portant sur la possible teneur du remaniement ministériel publiés dans autant de quotidiens. Ces articles nous inspiré l’idée d’un petit jeu. Nous avons décortiqué chaque article afin de voir, parmi les nombreuses affirmation qui y étaient faites, lesquelles ont été confirmées ou infirmées lors du dévoilement du nouveau Conseil des ministres cet après-midi.
L’idée n’est pas d’encenser un journaliste ou d’en planter un autre (à preuve, nous n’attribuons pas de “score” à chaque reportage, ni ne déclarons de gagnant), mais plutôt d’illustrer les difficultés qu’entourent ce type de spéculation, même pour des gens dont le métier consiste à être “généralement bien informé”. Rappelons que la formation d’un Cabinet est une opération délicate dont les détails se règlent souvent à la toute dernière minute, et une décision qui pouvait sembler “coulée dans le béton” 24 heures avant l’assermentation peut être renversée tant et aussi longtemps que les principaux intéressés ne sont pas assermentés. En d’autres termes, certaines informations rapportées dans ce type de reportage peuvent être véridiques au moment où elles sont communiquées au journaliste pour devenir erronées lors de leur publication, d’autres informations demeurent véridiques et d’autres ne l’ont tout simplement jamais été pour diverses raisons (ballons d’essai, etc.).
Méthodologie: nous n’avons retenu que les énoncés faits sur un ton affirmatif (”untel va être nommé à tel ministère”, “Joe Bloe sera exclu”, etc.) et exclu les énoncés qui avaient les allures de spéculations et/ou qui indiquent que le sort d’une personne donnée n’est pas réglé (”untel pourrait être nommé à tel type de ministère”, “on ne sait pas si XYZ va être nommé au Cabinet ou non”, etc.).
Denis Lessard (La Presse)
Là où il a vu juste :
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Là où il s’est trompé :
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Michel Corbeil et Martin Pelchat (Le Soleil) :
Là où ils ont vu juste :
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Là où ils se sont trompés :
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Michel Hébert (Le Journal de Québec) :
Là où il a vu juste :
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Là où il s’est trompé :
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Robert Dutrisac (Le Devoir) :
Là où il a vu juste :
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Là où il s’est trompé :
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Tags: Conseil des ministres, Jean Charest, médias, PLQ, remaniement ministériel
Nous aurons la réponse définitive à toutes nos questions à partir de 14h cet après-midi, heure prévue de l’assermentation du nouveau Conseil des ministres. En attendant, voici ce qu’on raconte à ce sujet dans La Presse, Le Soleil, Le Journal de Québec et Le Devoir (accès réservé aux abonnés), qui tous laissent entendre que nous aurons droit à un remaniement majeur avec beaucoup de mouvement de personnel:
Le mercredi 18 avril 2007
Nouveau cabinet: bien des mécontents à Québec
Denis Lessard
La PressePrès de la moitié du cabinet de Jean Charest, avant les élections, sera passé à l’histoire à compter de ce matin. Pas moins de six ministres redeviendront simples députés, aujourd’hui, pour injecter du sang neuf et réduire la taille du gouvernement. L’opération fera bien des mécontents.
Avec la défaite de quatre ministres aux élections et les départs de Michel Audet et Margaret Delisle, près de la moitié des 25 limousines auront changé de propriétaire après la formation du gouvernement, annoncée pour 14 h aujourd’hui.
Monique Jérôme-Forget, qui a traversé les négociations du secteur public et livré l’entente sur l’équité salariale, a ce qu’elle réclamait : les Finances. Raymond Bachand souhaitait ce poste prestigieux, mais il ne sera pas trop déçu de rester dans les mêmes fonctions, au Développement économique.
Mais Philippe Couillard, qui a tenu le fort à la Santé depuis quatre ans, devra, à contrecoeur, rester à ce poste névralgique, compte tenu de la précarité du gouvernement. Le même sort attend Jean-Marc Fournier, qui réclame les Transports depuis des années. Il sera leader parlementaire, un poste qui le retiendra plus souvent qu’à son tour à Québec. Compte tenu du poids de cette mission délicate au sein d’un gouvernement minoritaire, il obtiendra en plus un ministère très léger - certains évoquent le Revenu.
Une autre déçue : Nathalie Normandeau, qui voulait les Ressources naturelles (poste qu’on confie plutôt à Claude Béchard). En guise de prix de consolation, elle recevrait le titre de vice-première ministre, entend-on.
Pour faire monter quelques nouveaux visages tout en réduisant le nombre de ministres, M. Charest a dû carrément congédier plusieurs membres du gouvernement.
Première surprise, Geoff Kelley, ministre délégué aux Autochtones, est démis. Ministre très apprécié par tous ses collègues, il aura été victime de la géographie - il représentait la communauté anglophone de l’ouest de Montréal, acquise de toute façon au PLQ.
Le même sort attendait Lawrence Bergman, autre anglophone qui représentait la communauté juive au sein du gouvernement. M. Bergman avait connu de sérieux ennuis de santé il y a quelques mois et a demandé à être relevé, indique-t-on.
Comme représentant des anglophones, le choix, semble-t-il, s’est porté sur une femme de couleur : Yolande James, la jeune députée de 30 ans de Nelligan. Cette avocate, un nouveau visage, permettrait d’assurer en même temps la représentation de trois groupes sous-représentés chez les élus.
Lise Thériault redeviendra elle aussi simple députée ; la déléguée aux Communautés culturelles et députée d’Anjou était aussi desservie par la géographie.
Comme l’avait indiqué La Presse en début de semaine, Henri-François Gautrin (Services gouvernementaux) et Yvon Marcoux (Justice) seront aussi mis sur la touche. Fort populaire auprès des agriculteurs, Yvon Vallières, atteint par le cancer il y a deux ans, aurait aussi demandé à être déchargé de ses fonctions ; il pourrait être nommé whip du gouvernement, un poste important en situation minoritaire que le vétéran député de Richmond a déjà occupé dans le passé.
Les congédiements se sont passés en matinée, au cabinet du premier ministre. En fin d’après-midi, tout le monde s’est transporté dans un hôtel de Sainte-Foy où, dans un deuxième temps, on a distribué les portefeuilles à ceux qui restaient au Conseil des ministres, ainsi qu’aux nouveaux venus.
Couillard déçu
Déçu, Philippe Couillard a dû être convaincu de rester à la Santé, un service que lui a demandé Jean Charest : avec un gouvernement minoritaire et des élections probables d’ici deux ans, il fallait maintenir une main ferme à la barre de cet important ministère.
Monique Jérôme-Forget obtiendra les Finances, comme elle le réclamait depuis quelques semaines - dès qu’elle a vu que Raymond Bachand se pointait à l’horizon. Certains spéculaient hier sur des scénarios où le ministre des Finances serait aussi titulaire du Trésor, un projet qui alimentait les discussions dans les coulisses encore hier soir. Car le nom du nouveau titulaire du Trésor restait une énigme hier.
Pierre Arcand, la vedette recrutée dans Mont-Royal, deviendra ministre, mais le Trésor paraît un défi énorme pour quelqu’un qui n’est pas familier avec l’administration publique.
D’autres députés seront déçus. Par exemple Christine Saint-Pierre, l’ancienne journaliste, et Alain Paquet, qui finalement ne monterait pas au Conseil des ministres. Le sort de Pierre Paradis semblait aussi incertain- plusieurs sources étaient convaincues de le voir ministre aujourd’hui. D’autres prédisaient que Jean Charest ne pourrait surmonter la vieille inimitié qu’il lui portait.
Marguerite Blais, députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, deviendra aussi ministre, tout comme David Whissell, jusqu’ici président du caucus.
Hamad recalé
Sam Hamad, ancien titulaire des Richesses naturelles, avait été recalé. Seul élu libéral à Québec avec Philippe Couillard, M. Hamad reviendra au Conseil des ministres, avec un portefeuille surprenant pour quelqu’un qui a son profil économique, indique-t-on. Aussi élus en dehors de la région de Montréal, Julie Boulet et Laurent Lessard auront des promotions. M. Lessard sera à l’Agriculture ou aux Affaires municipales.
Tout indique par ailleurs que Claude Béchard aura les Richesses naturelles, poste qu’il convoitait, à l’instar de Nathalie Normandeau.
Beauchamp à l’Environnement
Jacques Dupuis sera à la Justice, et ne sera plus leader parlementaire.
Line Beauchamp quitterait la Culture pour l’Environnement, ce qui n’était pas son premier choix. Nathalie Normandeau resterait au Conseil des ministres, mais à des fonctions plus nébuleuses - elle obtiendrait toutefois le poste de vice-première ministre.
Le sort de Monique Gagnon-Tremblay, responsable des Affaires internationales, était incertain : des rumeurs l’envoyaient à la présidence ou à la vice-présidence de l’Assemblée nationale.
Tags: Conseil des ministres, Jean Charest, PLQ, remaniement ministériel
Il n’y a pas beaucoup d’informations sur les titulaires des différents ministères qui devraient être dévoilés demain, mais selon Denis Lessard de La Presse, on a une bonne idée de l’identité des personnes qui feront partie du prochain Conseil des ministres. On semble également se diriger vers un Cabinet de taille réduite, mais pas nécessairement vers des fusions de ministères car ça prend une loi de l’Assemblée nationale pour ce faire.
Le mardi 17 avril 2007
Pierre Paradis sera de retour au Conseil des ministres
Denis Lessard
La PresseMis au rancart depuis les élections de 2003, le député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, devrait être de retour au Conseil des ministres dont on prévoit annoncer la composition demain, à l’Assemblée nationale.
Selon les informations obtenues par La Presse auprès de plusieurs sources libérales, le retour du mouton noir sera un élément important pour redresser la barre comme entend le faire Jean Charest à la suite du verdict du 26 mars. On fera tout pour indiquer à la population que «Jean Charest a compris le message du résultat de l’élection», indique-t-on.
Pierre Paradis avait été laissé sur le carreau lors de la formation du gouvernement Charest après les élections de 2003. Plusieurs bonzes du PLQ avaient été surpris de cette décision. Après le scrutin du mois dernier, la réhabilitation du député de l’Estrie doit contribuer à établir la perception que bien des choses ont changé à Québec. Il faut dire qu’en 2003, il avait été mis de côté à la recommandation de Daniel Johnson, son ancien rival qui souhaitait voir choisis des députés qui avaient formé sa garde rapprochée, dont Jacques Chagnon. Les relations se sont refroidies passablement entre MM. Johnson et Charest depuis le dossier du choix du site du CHUM.
Les stratèges du PLQ ont envoyé à la corbeille à papiers tous les scénarios de fusions de ministère - on songeait à un superministère des Finances qui aurait avalé le Revenu, ou un autre pour la Justice et la Sécurité publique. Mais de tels changements structurels nécessitent des projets de lois, et, en situation minoritaire, l’aval de l’ADQ et du PQ est loin d’être acquis. Les seuls regroupements possibles se feront en confiant au même ministre des responsabilités qui en mobilisaient deux.
Les principaux conseillers du premier ministre Charest ont tenu une ultime réunion de stratégie hier après-midi au cabinet de Montréal, histoire de mettre la dernière main à un plan pour la formation de la prochaine équipe.
Des sources fiables indiquaient que, dans un premier temps, le premier ministre Charest comptait entrer en contact avec ceux de ses ministres qui ne seraient plus membres du gouvernement à compter de cette semaine.
La Presse a déjà indiqué que le ministre de la Justice, Yvon Marcoux, risquait de perdre son poste, tout comme son collègue montréalais, Henri-François Gautrin, responsable des Services gouvernementaux.
Moins de ministres
Avec seulement 46 députés élus, le prochain gouvernement comptera moins de ministres que les 24 actuels, mais il semble que l’on ne pourra pas descendre en bas de 20 limousines.
Des sources fiables indiquaient hier que le premier ministre Charest allait demander au Dr Philippe Couillard de demeurer à la Santé pour cette période délicate où le gouvernement se retrouve minoritaire en Chambre. Jean-Marc Fournier, titulaire de l’Éducation, avait été pressenti pour servir à ce poste délicat, mais le principal intéressé ne l’était justement pas. La décision sera importante pour M. Couillard qui n’a jamais caché sa détermination à passer à un autre ministère.
Une question centrale demeure. Monique Jérôme-Forget obtiendra-t-elle les Finances comme elle le souhaite ou obtiendra-t-elle la sinécure des Relations internationales, le poste qu’elle s’attendait d’avoir en 2003? S’il joue la carte du redressement, Jean Charest devrait y nommer Raymond Bachand. Mais Mme Jérôme-Forget a de si longs états de service qu’il sera difficile de lui dire non.
Dans les coulisses hier, les hautes sphères du PLQ signalaient la nécessité de présenter «du sang neuf» dans la nouvelle équipe. Pierre Arcand, Marguerite Blais seront, parmi les nouveaux élus, appelés tout de suite au Conseil des ministres. Des députés avec de plus longs états de service obtiendront aussi des portefeuilles : à coup sûr David Whissell, président du caucus et député d’Argenteuil, ainsi que, probablement, Alain Paquet, élu dans Laval-des-Rapides.
Ministre-orchestre depuis l’élection des libéraux en 2003, Jacques Dupuis cédera des responsabilités : il sera responsable de la Justice et ne serait plus vice-premier ministre, ni leader du gouvernement à l’Assemblée nationale.
MISE À JOUR (17 avril 2007, 12h45): Gilbert Lavoie y va de ses suggestions dans Le Soleil: (suite de l'article…)
Tags: Conseil des ministres, Jean Charest, PLQ, remaniement ministériel
Rumeurs sur le nouveau Cabinet Charest - 3
Selon Denis Lessard de La Presse qui rapporte aujourd’hui les dernières rumeurs qui circulent sur la Colline parlementaire, on parle d’un possible remaniement ministériel le 17 ou le 24 avril prochain. Toujours dans La Presse, Vincent Marissal parle plutôt du contexte et des contraintes auxquelles doit faire face le premier ministre dans la constitution de son nouveau cabinet.
Le mercredi 11 avril 2007
Le cabinet Charest sera rafraîchi
Denis Lessard
La Presse
QuébecLe casse-tête de Jean Charest commence à prendre forme. La formation du gouvernement prévue mardi ou mercredi la semaine prochaine laisse prévoir des changements importants, nécessaires pour un gouvernement qui vient de subir une raclée aux élections.
Le premier ministre Charest a passé le week-end de Pâques à New York, en compagnie du président du PLQ, Me Marc-André Blanchard, et l’organisateur de la dernière campagne libérale, Benoît Savard. À une semaine de l’annonce de la formation du prochain gouvernement, beaucoup de prudence s’impose, mais des gestes semblent déjà prévisibles, a appris La Presse.
Plusieurs stratèges ont prévenu Jean Charest qu’il doit remanier en profondeur son équipe ministérielle s’il veut que la population retienne qu’il a bien entendu le verdict du 26 mars.
Avant les élections, deux ministres avaient annoncé leur départ, Michel Audet et Margaret Delisle. Et quatre ont été battus aux élections: Pierre Corbeil, Françoise Gauthier, Carole Théberge et Michel Després. S’il conserve le même nombre de ministres, Jean Charest a six chaises à distribuer.
Or il tentera de présenter un gouvernement un peu plus léger, avec deux ou trois limousines de moins, peut-on entendre, que les 24 d’avant les élections.
Avec ce scénario, deux ministres seront renvoyés aux banquettes arrière. Le premier, Yvon Marcoux, à la Justice, avait d’ailleurs failli ne pas se représenter. Déjà on s’était préparé à rétrograder le titulaire des Transports en 2004, qui avait été sauvé par le refus d’Yves Séguin d’accepter la Justice. Quant à Henri-François Gautrin, le responsable des Services gouvernementaux, il est aussi dans le pétrin, car les libéraux sont déjà bien nombreux dans l’île de Montréal et Jean Charest sait qu’il doit présenter de nouveaux visages.
Parmi les députés qui deviendront ministres, on retrouvera Marguerite Blais, à un portefeuille social, Sam Hamad, rétrogradé en 2004 mais seul élu de Québec avec Philippe Couillard, Pierre Arcand, qui obtiendra un portefeuille économique, et probablement Nicole Ménard, la députée libérale de Laporte.
D’autres députés seront aussi appelés : David Whissell, élu dans Argenteuil et déjà président du caucus, probablement aussi Alain Paquet dans Laval-des-Rapides, qui passerait devant Guy Ouellet, la vedette recrutée dans Chomedey.
Et bien des vétérans libéraux pensent que Jean Charest devrait faire table rase du passé et faire entrer au gouvernement Pierre Paradis, mis de côté en 2003.
Philippe Couillard au Trésor ?
Une question centrale : Philippe Couillard, qui veut quitter la Santé, se laissera-t-il convaincre de rester en poste pour la durée de vie du gouvernement minoritaire ? M. Couillard a déjà confié qu’il aimerait l’Énergie ou les Ressources naturelles, mais il irait plutôt au Trésor si Jean Charest accepte qu’il quitte la Santé.
Monique Jérôme-Forget souhaite aller aux Finances et non à la Santé, comme l’envoie la rumeur à Québec. Raymond Bachand aurait aimé les Finances aussi, mais il ne pourrait se battre contre les longs états de service de Mme Jérôme-Forget.
Michelle Courchesne quitterait la Solidarité sociale pour la Culture, où elle a déjà été sous-ministre. Line Beauchamp, qui occupait ce poste, sera affectée à l’Éducation ou aux Transports, elle qui a déjà réclamé les Relations internationales. Monique Gagnon-Tremblay quittera les Relations internationales pour être remplacée par une femme, semble-t-il, – elle ne veut pas laisser son poste à son rival de longue date, Benoît Pelletier.
Jacques Dupuis se contenterait volontiers de la Justice, ce qui laisserait son poste de leader parlementaire à Jean-Marc Fournier, qui restera ministre mais ailleurs qu’à l’Éducation – il voulait les Transports, mais on ne sait pas s’il sera satisfait.
Rayé de la carte dans plusieurs régions, le gouvernement devra identifier des ministres responsables de ces secteurs à découvert. Claude Béchard, ministre élu dans le Bas-du-Fleuve, s’occupera aussi de la Côte-Nord. Philippe Couillard sera conscrit pour monter au Saguenay en plus d’être ministre responsable de la région de Québec. Un ministre de l’Outaouais, probablement M. Whissell, se verra confier l’Abitibi où les libéraux sont absents depuis la défaite de Pierre Corbeil. Nathalie Normandeau, qui veut aller aux Ressources naturelles, continuera de s’occuper de la Gaspésie, et Julie Boulet de la Mauricie.
(suite de l'article…)
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Rumeurs sur le nouveau Cabinet Charest - 2
Lu ce matin dans Le Devoir:
Le défi de Jean Charest
Kathleen Lévesque
Le Devoir
Édition du samedi 07 et du dimanche 08 avril 2007Avec son nouveau conseil des ministres, le premier ministre devra recréer rapidement des liens avec la population
Héritier d’un gouvernement minoritaire, Jean Charest jongle ces jours-ci avec les pièces d’un gros casse-tête: la composition de son conseil des ministres. Ce qui est toujours un geste capital pour orienter le travail d’un gouvernement constitue cette fois-ci un défi de taille puisque l’équipe de Jean Charest aura à démontrer rapidement son efficacité et surtout une sensibilité envers la population, ce qui lui a fait défaut dans la première moitié de son mandat précédent.
Le gouvernement Charest ne peut pas profiter d’un répit. Bien que ses adversaires, tant adéquistes que péquistes, ne semblent pas pressés de relancer la machine électorale, les uns étant occupés à s’acclimater à leur nouveau rôle d’opposition officielle et les autres étant plongés dans un mélodrame existentiel, il y a fort à parier que Jean Charest et ses 47 députés ne bénéficieront pas d’une période de grâce très longue. Le gouvernement devra se montrer suffisamment convaincant pour que les électeurs aient le goût de le réélire une autre fois. L’efficacité doit donc être au rendez-vous, et vite, estiment des observateurs de la scène politique.
Le sénateur Jean-Claude Rivest, qui a longtemps été aux côtés de Robert Bourassa et qui a donc été aux premières loges de la composition successive de conseils des ministres, est de ceux-là. La situation inusitée dans laquelle se trouve le Québec depuis le 26 mars modifie en profondeur les règles de ce jeu d’adresse qu’est le choix des ministres, croit-il.
«M. Charest a sûrement deux ans devant lui, minimum. Mais les problèmes vont survenir plus rapidement. Il y a assez d’inconnues avec un gouvernement minoritaire que le premier ministre a peut-être intérêt à fonctionner avec du connu dans son conseil des ministres. J’aurais cette prudence-là», affirme le sénateur Rivest.
John Parisella, qui a été chef de cabinet de l’ancien premier ministre Bourassa et qui est aujourd’hui associé à l’université Concordia, abonde ce sens. Selon lui, il s’agit pour Jean Charest d’injecter assez de sang neuf dans son équipe sans tout chambarder de A à Z. Le premier ministre ne peut pas se permettre de permettre un apprentissage prolongé à un trop grand nombre de ses ministres.
Michel Fréchette, communicateur-conseil, renchérit: «Les ministres choisis devront être opérationnels dès le jour de leur nomination, ce qui veut dire comprendre la mécanique d’un ministère et agir promptement.» Et de toute façon, rappelle M. Fréchette, le chef du Parti libéral a fait de la continuité un thème central de sa campagne électorale; par souci de cohérence, il ne peut donc pas parler de changement profond. «Ce serait son premier mensonge alors que c’est là un des reproches qui lui ont été faits par la population», affirme-t-il.
Jusqu’à maintenant, 25 ministres entourent Jean Charest. Ce dernier sera-t-il tenté de se serrer la ceinture et de réduire le nombre de titulaires ministériels? La parité entre hommes et femmes est-elle une option? Chose certaine, les conjectures vont bon train: qui dirigera quoi? Les rumeurs de corridors, souvent nourries par les ambitions des uns et des autres, laissent voir un jeu de chaises musicales d’envergure. On dit par exemple que Philippe Couillard voudrait bien quitter la Santé pour le Conseil du trésor et que Monique Jérôme-Forget pourrait hériter de la Santé. Mais rien n’est encore définitif: le nouveau conseil des ministres pourrait n’être connu que dans deux semaines, tout juste avant la rentrée parlementaire, en mai. C’est du moins ce qui circule.
Chose certaine, Jean Charest peut compter sur des valeurs sûres. Outre Mme Jérôme-Forget et M. Couillard, il y a Jean-Marc Fournier, Line Beauchamp, Benoît Pelletier et Raymond Bachand, auxquels il faut ajouter Claude Béchard, Nathalie Normandeau, Yvon Vallières et Michèle Courchesne. Pour le sénateur Rivest et pour Michel Fréchette, il est clair que Jean Charest devra peut-être demander à certains de ses poids lourds de mettre leurs ambitions personnelles entre parenthèses au nom de l’efficacité.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne faille pas faire de place aux nouveaux venus, à la condition que leur expérience personnelle leur permette de contribuer de façon pertinente à la bonne marche de l’État. Les nouvelles députées Hélène Ménard, Marguerite Blais et Christine St-Pierre pourraient ainsi faire leurs premiers pas à la barre d’un ministère. Ce pourrait également être le cas de Pierre Arcand.
Au-delà des compétences des candidats, le choix des ministres, règle générale, se fait en fonction d’une certaine représentation régionale afin que l’ensemble du Québec ait une place sur la ligne de front. Or les libéraux sont complètement absents de quatre régions: Côte-Nord, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Lanaudière et Abitibi. Aucun des experts consultés n’y voit de problème. Ce critère n’est pas essentiel, arguent-ils. Le sénateur Rivest estime qu’un conseiller spécial aux régions auprès du premier ministre, capable de travailler avec les élus de l’opposition dans des dossiers précis, pourrait donner d’excellents résultats.
«Le jugement a été sévère en régions, rappelle John Parisella. Le Parti libéral doit en prendre acte et recréer des liens.» Selon lui, il s’agit là du principal défi de Jean Charest. Le gouvernement libéral doit donc agir comme s’il était dans l’opposition, en «brassant la cage», en «forçant la réflexion» et donc en se ressourçant auprès de ses membres. «Il ne faut pas que le conseil général soit un club social. Il faut que ce soit un lieu de débats politiques. Ça enverra des signaux indiquant que le Parti libéral est bien vivant», affirme M. Parisella, qui prône ainsi une plus grande synergie entre le conseil des ministres, le caucus des députés et le parti.
Cette sensibilité envers les militants libéraux doit également s’appliquer à l’ensemble de la population. Pour Michel Fréchette, un changement d’attitude doit s’opérer. Le gouvernement Charest doit apprendre à fixer clairement ses objectifs, être concret et parler franchement. Les libéraux doivent être de «connivence» avec la population et développer «l’efficacité emphatique», affirme-t-il.
Sans verser dans le populisme avec lequel flirte l’Action démocratique, le gouvernement libéral doit revenir aux raisons d’être de la politique, croit-il. «Ils sont élus pour dire à l’appareil administratif ce que le peuple veut. Malheureusement, les politiciens deviennent rapidement les représentants de la fonction publique et disent au peuple: “Voici ce que les fonctionnaires pensent être bon pour vous.” Là, ça va prendre un conseil des ministres composé de représentants du peuple», soutient M. Fréchette.
Michel Fréchette souligne que le gouvernement a été victime d’un taux record d’insatisfaction lors de son premier mandat parce qu’«il a très mal communiqué ce qu’il faisait, le sens de ses mesures, dans quel cadre elles s’intégraient». Pire encore, il s’est tenu loin de la population, croyant qu’il lui avait suffisamment parlé, rappelle M. Fréchette. Et il estime que la population sera plus que jamais à l’écoute du gouvernement pour s’assurer qu’il s’agira d’un gouvernement «qui s’occupe des gens». «L’opinion publique sera le joueur invisible de toutes les stratégies du prochain gouvernement», affirme-t-il.
Jean-Claude Rivest juge également que le premier ministre et sa nouvelle équipe ministérielle devront faire montre d’ouverture et de doigté. Dans un contexte minoritaire, le premier ministre devra être entouré de gens habiles à créer des ponts, y compris avec l’opposition. C’est fondamental, répète le sénateur. Puis, il lance en riant: «Ce n’est pas pour rien. Les deux principaux ministres de Jean Charest seront Mario Dumont et André Boisclair, avec lesquels il va parler le plus dorénavant.»
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Rumeurs sur le nouveau Cabinet Charest - 1
Ce n’est pas pour rien que nous avons numéroté le titre de ce billet; il y aura beaucoup d’autres articles de ce type, évoquant les dernières rumeurs et autres «informations privilégiées» provenant de «sources généralement bien informées», d’ici le 28 avril prochain, date envisagée pour l’assermentation du nouveau Conseil des ministres.
LE CABINET CHAREST
Couillard au Trésor et Jérôme-Forget à la Santé?
Michel Hébert
Le Journal de Québec
5 avril 2007, p. 18Après un mois et demi de tranquillité, l’Assemblée nationale revit dans l’attente du prochain gouvernement, une tâche à laquelle Jean Charest s’est déjà attelé.
Les 48 députés libéraux seront assermentés aujourd’hui alors que ceux de Mario Dumont le seront le 12 avril, au retour du congé pascal. Les péquistes suivront Le premier ministre a déjà entrepris des pourparlers avec ses adversaires pour établir un plan de match jusqu’à la fin de 2007, incluant un nouveau budget. M. Charest jonglerait aussi avec l’idée d’un discours du Trône insistant sur la nécessaire «stabilité» de son gouvernement minoritaire.
M Charest a du pain sur la planche et a déjà repoussé l’assermentation de son futur cabinet au 24 avril, soit deux semaines avant la rentrée parlementaire du 8 mai.
Sam Hamad
D’une certaine façon, la capitale nationale ne posera pas un problème majeur à Jean Charest. Avec seulement deux députés, il lui sera difficile de les écarter du conseil des ministres. Pour Sam Hamad, qui prend son mal en patience durant trois ans, ce sera la résurrection. On raconte dans les officines gouvernementales et notamment aux Transports, que le député de Louis-Hébert sera appelé à chausser les souliers de Michel Després, battu sans équivoque le 26 mars.
M. Hamad reprendrait aussi le poste de responsable de la Capitale-Nationale pour mener à terme les projets destinés au 400` de Québec. Mais Jean-Marc Fournier voudrait aussi les Transports et M. Charest devra trancher; à moins qu’il ne refile la Santé à son ministre de l’Éducation.
Car tous savent que Philippe Couillard veut quitter le fabuleux monde hospitalier C’est au Trésor qu’il serait muté, question de lui permettre d’apprendre le fonctionnement du modèle québécois M. Couillard pourrait aussi hériter du poste de vice-premier ministre, au détriment de Jacques Dupuis.
Et la santé?
Monique Jérôme-Forget pourrait atterrir à la Santé; une main de fer dans un gant de chirurgien, dit-on. Comme M. Couillard, elle voudrait changer d’air, surtout que les grands dossiers du Trésor; comme l’équité salariale, sont réglés. D’autres croient qu’elle ira à l’Éducation, présider au dégel des frais de scolarité.
S’il est écrit dans le ciel que Raymond Bachand héritera des Finances, Line Beauchamp pourrait se retrouver au ministère de la Famille et de l’Enfance, laissant la Culture à une nouvelle venue, Marguerite Blais. Julie Boulet et Claude Béchard seraient aussi appelés à relever de nouveaux défis, l’une au Tourisme, l’autre aux Ressources naturelles.
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