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Un vieux classique dont on ne se tanne pas

Lu dans Le Devoir, Le journal de montréal et Radio-Canada.

C’est un classique qui revient à chaque fois qu’un événement touchant notre système électoral survient au Québec, que ce soit une élection générale, une poursuite devant les tribunaux ou alors l’abrogation d’une virgule dans la Loi électorale: les lobbies du système électoral (Association pour la revendication des droits démocratiques, Collectif féminisme et démocratie, Mouvement démocratie et citoyenneté du Québec, etc.) convoquent une conférence de presse pour affirmer que [insérez l’événement de votre choix] est dangereux pour la pérennité de notre système démocratique et que la seule solution pour remédier à [insérez l’événement de votre choix], c’est une réforme du mode de scrutin. Même la recommandation devient de plus en plus prévisible: c’est un mode de scrutin mixte, avec un vote pour la circonscription au scrutin majoritaire et un vote pour le parti à la représentation proportionnelle.

Le prétexte, cette fois-ci, c’est le début des consultations publiques sur la refonte de la carte électorale.

Parions que cette nouvelle démarche ne donnera pas plus de résultats que les fois précédentes.

Réforme du mode de scrutin : une coalition revient à la charge

La Presse canadienne
Le Devoir
Édition du lundi 07 avril 2008

Près de six mois après avoir déposé une pétition contenant 20 315 signatures à l’Assemblée nationale réclamant un nouveau mode de scrutin, les trois organismes à l’origine de cette initiative reviennent à la charge.

En conférence de presse, hier à Montréal, ils ont à nouveau interpellé les trois partis politiques présents sur la colline parlementaire à Québec pour qu’ils aillent plus loin que la réforme de la carte électorale afin que chaque vote compte peu importe où l’électeur se trouve au Québec. Une des porte-parole, Louise Paquet, soutient que c’est une erreur de dépenser du temps et de l’argent pour aller en consultation uniquement sur la révision de la carte électorale puisque «c’est tout le système électoral qu’il faut revoir, soit le mode de scrutin et la carte électorale».

La Coalition pour un nouveau mode de scrutin rassemble l’Association pour la revendication des droits démocratiques, le Collectif féminisme et démocratie et le Mouvement démocratie et citoyenneté du Québec. Elle souhaite des élections à date fixe, se déroulant le dimanche, dans 127 circonscriptions, soit deux de plus qu’actuellement en ajoutant un siège aux Îles-de-la-Madeleine et un autre pour représenter le Nunavik.

La coalition propose également un mode de scrutin mixte, c’est-à -dire avec deux votes sur le bulletin, un pour la circonscription et un pour le parti. Elle réclame également une représentation homme-femme pratiquement égale à l’Assemblée nationale afin d’être plus représentatif de la population.

Absence de volonté réelle

La porte-parole du Collectif féminisme et démocratie, Louise Paquet, affirme que ça fait plus de 40 ans que les politiciens au pouvoir disent vouloir apporter des améliorations au système électoral, mais elle déplore l’absence de volonté réelle. Elle estime que tant le Parti libéral du Québec que le Parti québécois, voire l’Action démocratique du Québec préfèrent servir leur propres intérêts avant ceux de la population. Mme Paquet croit que l’heure est venue pour les élus de passer à l’action et que s’ils ne peuvent le faire, «parce qu’ils sont en conflit d’intérêts», qu’ils donnent la parole aux citoyens qui pourraient se prononcer sur le sujet par voie de référendum.

Actuellement, Mme Paquet estime que notre système électoral, basé sur le modèle britannique, est fait pour dégager deux partis principaux, ceux du pouvoir et de l’opposition, ne laissant peu ou pas de place aux autres partis. Elle croit que ce n’est que pur hasard s’il y a présentement trois partis à l’Assemblée nationale puisque le vote était réparti selon un tiers, un tiers, un tiers et que les partis ont réussi à concentrer leurs votes dans un tiers des circonscriptions. Selon Louise Paquet, il n’aurait fallu qu’un parti obtienne un vote plus dispersé à la grandeur du Québec pour qu’il soit moins représenté à Québec.

Rappelons que la pétition réclamant un nouveau mode de scrutin avait été déposée le 14 novembre dernier à l’Assemblée nationale par les députés péquiste Daniel Turp et adéquiste Sébastien Proulx.

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