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Réforme du mode de scrutin: le rapport du DGE

Nous avions peur de nous ennuyer pendant le temps des fêtes, mais heureusement que le directeur général des élections est là pour nous donner quelques lectures supplémentaires entre la dinde et la tourtière!

Il y a 1 an, le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Benoît Pelletier (LIB), consultait le DGE afin d‘obtenir son avis sur un certain nombre de modalités entourant l‘adoption éventuelle d‘un mode de scrutin mixte proportionnel pour élire les députés à l‘Assemblée nationale: l‘attribution des sièges de région calculée sur la base des régions administratives, et non de districts regroupant des circonscriptions contiguës; des listes régionales de candidats des partis politiques établies en fonction de l‘alternance femmes-hommes; l‘interdiction de la double candidature; l‘utilisation de deux votes plutôt que d‘un seul et l‘introduction de mesures financières incitatives qui s‘appliquent aux élus seulement et non plus aux candidats et candidates

Le rapport issu de cette consultation, intitulé Les modalités d‘un mode de scrutin mixte compensatoire, a été rendu public hier. Résumé de 18 pages (format pdf), 260 pages de rapport (format pdf) et 150 pages d‘annexes (format pdf): oui, le rapport est aussi dense qu‘il en a l‘air, tellement que pas moins de 5 communiqués ont été publiés pour en résumer le contenu (1, 2, 3, 4 et 5). Notons tout de même l‘idée ingénieuse de réaliser des simulations à partir d‘un modèle théorique plutôt qu‘à partir des résultats des élections générales antérieures. Cela est susceptible d‘augmenter les probabilités que le lecteur se fasse une opinion sur les diverses options en présence en fonction de leur mérite propre plutôt qu‘en fonction de l‘option susceptible de favoriser le parti politique qu‘il appuie généralement.

Pour vous mettre en contexte, nous vous suggérons de lire cet article de Denis Lessard, paru mercredi dernier dans La Presse, où il brosse un portrait des démarches gouvernementales concernant le mode de scrutin depuis 2003 ainsi que des enjeux entourant le débat.

Communiqué

Communiqué no 1 – Rapport du DGE sur le mode de scrutin

Le DGE rend public son rapport sur un mode de scrutin

Québec, le 21 décembre 2007 – Le Directeur général des élections du Québec, Me Marcel Blanchet, rend public un rapport portant sur les modalités d‘un mode de scrutin mixte compensatoire et sur d‘autres questions connexes. Le DGE répond ainsi au mandat que lui a confié en décembre 2006, le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, M. Benoît Pelletier, au nom du gouvernement. Ce dernier avait en effet utilisé une disposition de la loi lui permettant de consulter le Directeur général des élections, à la suite des travaux de la Commission spéciale sur la Loi électorale portant sur un projet de réforme du mode scrutin déposé en 2004 à l‘Assemblée nationale. On se souviendra la Commission n‘avait pu établir de consensus au sujet de certaines modalités du mode de scrutin proposé.

« Les architectes d‘un éventuel mode de scrutin mixte compensatoire doivent faire des choix, a précisé Me Blanchet, et le rapport du DGE éclairera les élus ainsi que toutes les personnes intéressées, quant aux conséquences de certains de ces choix. » L‘exercice réalisé par le Directeur général des élections consistait donc à voir comment pourrait fonctionner un mode de scrutin mixte compensatoire et quels seraient notamment les effets des changements proposés sur la proportionnalité des résultats, la représentation des femmes et des minorités, sur la représentation des régions et sur celle des petits partis.

Un modèle théorique et des simulations statistiques

Comment «faire fonctionner» un mode de scrutin qui n‘existe pas au Québec, de façon à «le voir en action» et à prévoir ses différents impacts possibles? Pour y arriver, le DGE a conçu un modèle théorique en collaboration avec différents spécialistes des mathématiques et des sciences politiques. L‘idée de «tester» le mode de scrutin avec des résultats d‘élections antérieures n‘a pas été retenue : d‘une part pour produire l‘analyse la plus neutre et la plus impartiale possible et, d‘autre part, parce qu‘on ne retrouve pas dans les scrutins québécois, des modalités qu‘il était nécessaire d‘inclure dans l‘analyse, comme le fait de voter deux fois. Le modèle théorique a donc permis de créer une sorte de « laboratoire » où l‘on a pu notamment tester :

  • trois types de compensation;
  • des façons d‘élire les députés qui feraient en sorte que la répartition des élus représenterait plus ou moins les pourcentages de votes exprimés (le caractère « proportionnel » de la représentation);
  • des méthodes de calcul pour attribuer les sièges de compensation (qui seraient attribués à des « députés de liste », lesquels s‘ajouteraient à des « députés de circonscription » choisis selon le mode majoritaire traditionnel);
  • des seuils de représentation (des pourcentages minimaux de vote qu‘un parti devrait obtenir pour avoir droit à des sièges de liste);
  • des hypothèses en vertu desquelles l‘électrice ou l‘électeur exerce un vote ou deux votes pour élire les députés de circonscription et les députés de liste.

C‘est en procédant à des simulations statistiques, en collaboration avec l‘Institut de la statistique du Québec, que l‘on a appliqué le modèle théorique. « Nous avons ainsi fait appel à des mathématiciens statisticiens à qui nous avons soumis divers scénarios », a précisé Me Blanchet. « Cela nous amenait inévitablement sur un terrain très spécialisé, mais c‘était la meilleure façon d‘obtenir des réponses éclairantes, et de voir quels impacts les modalités d‘un mode de scrutin mixte compensatoire pouvaient avoir », a ajouté le DGE.

Les consultations effectuées au Québec et l‘expérience internationale

Le rapport du DGE sur le mode de scrutin mixte compensatoire fait également écho aux consultations qui ont suivi le dépôt de l‘avant-projet de loi sur la Loi électorale. Tous les mémoires soumis en 2005 et 2006 à la Commission spéciale sur la réforme de la Loi électorale ont été réexaminés. La documentation émanant des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques qui se sont déroulés au début de 2003, et de la consultation publique qui les avait précédés, a aussi été passée en revue.

L‘examen des différentes modalités du mode de scrutin mixte compensatoire a en outre été alimenté par des recherches réalisées par divers experts internationaux. De plus, le DGE a compilé un inventaire de nombreuses expériences vécues dans les provinces canadiennes et dans différents pays, et qui avaient un lien avec le projet québécois.

Toute cette recherche documentaire, autant au Québec, au Canada, qu‘à l‘international, a permis de compléter les informations recueillies lors des simulations statistiques.

Les «autres questions» abordées par le DGE et sa position quant aux choix à effectuer

Le mandat confié par le gouvernement au DGE était «ouvert», puisqu‘il permettait au Directeur général des élections de « proposer toute suggestion ou modalité apparaissant appropriée afin d‘atteindre l‘objectif d‘une Assemblée nationale qui représente mieux la diversité des opinions politiques et des volontés de l‘électorat québécois».

Le rapport rendu public aujourd‘hui va donc plus loin que ne le demandait le ministre, en étudiant certains impacts particuliers d‘un mode de scrutin mixte compensatoire et en abordant la question du nombre de députés à l‘Assemblée nationale. Sur le strict plan de l‘administration des scrutins, le document revient par ailleurs sur l‘idée de voter le dimanche plutôt que le lundi, en plus de répondre au souhait du ministre d‘examiner l‘idée de tenir des élections à date fixe au Québec.

Finalement, il est important de souligner que s‘il se prononce sur de nombreux sujets en termes «d‘avantages et d‘inconvénients», le rapport du DGE demeure avant tout une source d‘analyses et de renseignements ayant pour but d‘éclairer celles et ceux qui prendront les décisions quant à d‘éventuelles modifications du mode de scrutin québécois. «Le DGE ne prétend pas se substituer au législateur, a voulu réaffirmer Me Blanchet, car la façon d‘élire les députées et les députés, ainsi que la représentation des électrices et des électeurs à l‘Assemblée nationale, sont porteuses d‘enjeux extrêmement importants qui doivent faire l‘objet de décisions qui appartiennent avant tout aux citoyens et aux élus.»

Le rapport du Directeur général des élections sur les modalités d‘un mode de scrutin mixte compensatoire est accessible sur le site Web du DGE à l‘adresse www.electionsquebec.qc.ca.

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Sondage Léger Marketing de septembre 2007: l’image des politiciens

((MISE À JOUR: 11 septembre 2007, 23h) Après publication ce matin du rapport d’analyse (format pdf) du sondage Léger Marketing sur la rentrée politique, nous avons mis à jour ce billet afin d’inclure les réponses pour les 65 politiciens mentionnés dans la section sur l’image des politiciens. Et nous devons vous faire une confidence: nous avons la prétention d’avoir une certaine connaissance du milieu politique et malgré cela, nous serions incapables de donner une opinion favorable ou défavorable sur la totalité des 65 personnalités politiques nommées dans le sondage. Alors, imaginez lorsqu’on pose la question à un individu qui, pour toutes sortes de bonnes ou de mauvaises raisons, n’a ni le temps, ni l’intérêt pour s’informer sur la vie politique, les protagonistes et les enjeux… Tout le monde a une opinion sur le gouvernement, les partis politiques ou leurs chefs, mais est-ce que tout le monde a vraiment une opinion sur un quelconque maire, un backbencher fédéral ou un ministre qui n’est pas sous les feux de la rampe? Le nombre effarant de politiciens pour lesquels l’option majoritaire est « ne connaît pas » est assez révélateur à cet égard.

Un autre danger avec ce genre de questionnaire est justement sa longueur: lorsqu’on demande à une personne d’exprimer son opinion sur 65 individus, les risques sont grands que vers la fin, entre le souper à préparer, les devoirs (scolaires, conjugaux et autres), la tondeuse et la soirée de bridge, on donne la première réponse qui passe par la tête sans trop réfléchir. Et ce « sans trop réfléchir » devient parfois « j’en connais aucun d’la gang » ou bien « parti X=opinion défavorable ». Rendus là , ce n’est plus l’individu qu’on évalue, mais sa notoriété et son appartenance politique.

Bref, demander une opinion favorable ou défavorable sur un chef de parti, un ministre important, un candidat-vedette ou le maire d’une grande ville demeure pertinent, mais à force de questionner les gens là -dessus en « batch » de 65 politiciens, on finit par perdre de l’impact et de la pertinence.)

Léger Marketing a réalisé la semaine dernière un sondage, dévoilé hier au réseau TVA et ce matin dans Le Journal de Montréal et The Gazette portant sur l’image des politiciens. Plus précisément, l’étude consistait à demander aux répondants s’ils ont une opinion favorable ou défavorable envers un certain nombre d’hommes et de femmes politiques

Voici les résultats partiels à la lecture des articles sur ce sondage dans Le Journal de Montréal et dans la Presse canadienne.

Opinion favorable Opinion défavorable Ne connaît pas
1. Mario Dumont (ADQ) 68,0 30,0 2,0
2. Pauline Marois (PQ) 60,0 33,0 4,0
3. Gilles Duceppe (fédéral) 59,0 37,0 5,0
4. Philippe Couillard (LIB) 57,0 31,0 12,0
5. Pierre Curzi (PQ) 54,0 19,0 26,0
6. Gérald Tremblay (municipal) 53,0 24,0 23,0
7. Louise Harel (PQ) 52,0 25,0 24,0
8. Liza Frulla (fédéral) 52,0 29,0 19,0
9. Jack Layton (fédéral) 51,0 18,0 31,0
10. François Legault (PQ) 50,0 22,0 27,0
11. Thomas Mulcair (fédéral) 47,0 14,0 38,0
12. Louise Beaudoin (PQ) 47,0 24,0 29,0
13. Stephen Harper (fédéral) 47,0 51,0 3,0
14. Justin Trudeau (fédéral) 46,0 39,0 15,0
15. André Boisclair (PQ) 45,0 49,0 6,0
16. Marguerite Blais (LIB) 39,0 15,0 45,0
17. Pierre Paradis (LIB) 38,0 20,0 42,0
18. Jean Charest (LIB) 38,0 60,0 2,0
19. Yves Séguin (LIB) 37,0 11,0 51,0
20. Bernard Drainville (PQ) 37,0 16,0 46,0
21. Lucienne Robillard (fédéral) 35,0 29,0 36,0
22. Stéphane Dion (fédéral) 35,0 58,0 6,0
23. Maka Kotto (fédéral) 34,0 11,0 56,0
24. Joseph Facal (PQ) 34,0 18,0 48,0
25. Line Beauchamp (LIB) 34,0 19,0 47,0
26. Christine St-Pierre (LIB) 33,0 10,0 57,0
27. Josée Verner (fédéral) 33,0 19,0 49,0
28. Françoise David (QS) 33,0 25,0 42,0
29. François Gendron (PQ) 31,0 12,0 57,0
30. Monique Jérôme-Forget (LIB) 30,0 32,0 38,0
31. Maxime Bernier (fédéral) 29,0 12,0 59,0
32. Claude Béchard (LIB) 29,0 22,0 49,0
33. Denis Coderre (fédéral) 29,0 41,0 30,0
34. André Arthur (fédéral) 27,0 51,0 22,0
35. Nathalie Normandeau (LIB) 26,0 11,0 63,0
36. Scott McKay (VRT) 25,0 14,0 61,0
37. Jean-Marc Fournier (LIB) 25,0 20,0 55,0
38. Gilles Vaillancourt (municipal) 24,0 15,0 61,0
39. Raymond Bachand (LIB) 23,0 15,0 62,0
40. Jean-Pierre Blackburn (fédéral) 22,0 16,0 62,0
41. Monique Gagnon-Tremblay (LIB) 22,0 18,0 59,0
42. Marie Grégoire (ADQ) 20,0 9,0 71,0
43. Gilles Taillon (ADQ) 20,0 14,0 65,0
44. Michael Fortier (fédéral) 20,0 14,0 66,0
45. Amir Khadir (QS) 20,0 18,0 62,0
46. Sam Hamad (LIB) 18,0 17,0 65,0
47. Pierre Paquette (fédéral) 17,0 8,0 75,0
48. Lawrence Cannon (fédéral) 17,0 15,0 69,0
49. Jacques Dupuis (LIB) 17,0 17,0 66,0
50. Michelle Courchesne (LIB) 17,0 18,0 65,0
51. Julie Boulet (LIB) 15,0 17,0 68,0
52. Benoît Pelletier (LIB) 14,0 13,0 73,0
53. Jean Tremblay (municipal) 11,0 9,0 81,0
54. Sébastien Proulx (ADQ) 9,0 7,0 85,0
55. Yolande James (LIB) 9,0 8,0 83,0
56. Linda Lapointe (ADQ) 9,0 8,0 83,0
57. David Whissell (LIB) 9,0 9,0 82,0
58. Laurent Lessard (LIB) 8,0 8,0 84,0
59. Jean Perreault (municipal) 7,0 6,0 87,0
60. Pierre Gingras (ADQ) 7,0 8,0 85,0
61. Claude Gladu (municipal) 7,0 8,0 84,0
62. Sylvie Roy (ADQ) 6,0 5,0 88,0
63. Éric Caire (ADQ) 6,0 6,0 88,0
64. Pablo Rodriguez (fédéral) 6,0 8,0 85,0
65. Bernard Bigras (fédéral) 5,0 7,0 88,0

Le sondage téléphonique a été réalisé du 5 au 8 septembre 2007 auprès de 1 472 répondants. La marge d’erreur est de 2,6%, 19 fois sur 20. Les données finales ont été pondérées selon le sexe et l’âge de façon à être représentatives de la population selon les dernières données de Statistique Canada.

Charbonneau et Cliche sur le mode de scrutin

Dans une lettre ouverte publiée aujourd‘hui dans Le Devoir, Jean-Pierre Charbonneau et Paul Cliche, commentent la décision du ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques et député de Chapleau, Benoît Pelletier (LIB), de renvoyer le dossier de la réforme du mode de scrutin pour étude auprès du Directeur général des élections:

Le DevoirOpinion

Réforme du mode de scrutin – Comment mettre fin à cette saga

Paul Cliche, Membre fondateur du Mouvement pour une démocratie nouvelle et auteur du livre Pour une réduction du déficit démocratique: le scrutin proportionnel
Jean-Pierre Charbonneau, Ex-président de l‘Assemblée nationale et ex-ministre de la Réforme des institutions démocratiques

Édition du mardi 19 décembre 2006

En renvoyant le dossier de la réforme du mode de scrutin au directeur général des élections, le ministre Benoît Pelletier a clôturé, il y a quelques jours, un énième cycle d‘une interminable saga qui afflige la scène politique québécoise depuis le début des années 70. À la veille d‘une année électorale, ce geste constitue en effet plus qu‘un report. C‘est d‘un enterrement de première classe qu‘il s‘agit, comme l‘ont d‘ailleurs souligné la plupart des chroniqueurs politiques qui ont commenté le sujet.

En fait, c‘est même un flagrant mensonge politique quand on se souvient avec quelle vigueur les libéraux de Jean Charest avaient réclamé cette réforme alors qu‘ils étaient dans l‘opposition, justement à cause du mode de scrutin actuel, et quand on se souvient de leur promesse de modifier rapidement le système électoral.

(…)

La suite ici.