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Analyse de sondages
À lire ce matin dans La Presse: Denis Lessard présente les travaux de Mme Claire Durand, professeure au département de sociologie à l‘Université de Montréal, sur les sondages électoraux. Mme Durand a d‘ailleurs établi, sur la base des résultats de 2003 par circonscription, une liste des «victoires» attendues pour chaque parti le 26 mars prochain, liste que vous pouvez consulter sur le dépôt public de données de Mme Durand (cliquez ici).
Le mardi 20 mars 2007
ANALYSE
La sondeuse de sondages
Denis Lessard La Presse
Tout le monde semble convaincu qu‘une faible participation aux élections du 26 mars sera nécessairement une mauvaise nouvelle pour le Parti québécois. On tient aussi pour acquis, sans nuances, le nombre des sièges obtenus en 2003.
«Ces mythes m’énervent», lance Claire Durand qui, depuis des années à l‘Université de Montréal, «sonde les sondages». De son oeil de «méthodologue», elle vérifie si les enquêtes d‘opinion dont les médias font leurs choux gras en période électorale sont faites selon les règles de l‘art.
Pour terrasser quelques impressions reçues, la chercheuse a pris le temps de refaire ces fameuses listes que les organisateurs des partis gardent précieusement dans leur poche. Ils ne montrent jamais ces palmarès des circonscriptions – elles décourageraient bien des aspirants candidats.
Les victoires, comme les défaites, sont courtes bien souvent. Cette circonscription peinte en bleu en 2003, devrait être plus foncée, et cette autre, un gain libéral, mériterait d‘être rose plutôt que rouge.
Car c‘est une chose d‘établir le pourcentage que pourrait obtenir un parti dans l‘urne le soir des élections; c‘en est une autre de prédire comment ce chiffre se distribuera dans les circonscriptions.
C‘est d‘ailleurs pourquoi les sondeurs ont toujours rappelé que le PLQ avait besoin d‘une demi-douzaine de points d‘avance, pour l‘emporter – une partie importante de ses partisans sont concentrés dans l‘ouest de Montréal.
Pour chacun des trois principaux partis, Mme Durand a établi, circonscription par circonscription, l‘ordre des «victoires» attendues le soir du 26, sur la base du vote exprimé en 2003 – la liste que les apparatchiks gardent dans leur petite poche.
Bien sûr, des courses à trois peuvent toujours brouiller les cartes. La montée de l‘ADQ dans une circonscription péquiste peut, tout à coup, ouvrir la voie à un élu libéral. C‘est ainsi que les libéraux soutiennent avoir des chances dans Nicolet ou dans Berthier. Dans Roberval ou Lévis, les libéraux ont été élus en 2003 grâce à une bonne performance de l‘ADQ.
Premier constat, les libéraux peuvent compter sur plus de 35 circonscriptions où, en 2003, ils ont gagné avec une avance d‘au moins 20 % des voix sur leur plus proche adversaire, montre le manuel Durand.
Les victoires du PQ sont moins fortes. Dans 25 des 45 circonscriptions les plus péquistes, il y a quatre ans, le gagnant avait moins de 10 % d‘avance sur son plus proche adversaire.
L‘ADQ, de son côté, est habituée aux courtes victoires, et plus encore aux défaites de justesse. En 2003, sur cinq élus, l‘ADQ a gagné par plus de 10 % des voix seulement une fois. C‘était dans Rivière-du-Loup grâce à Mario Dumont.
Comme tous les sondages montrent que l‘ADQ aura plus de voix qu‘en 2003 – elle avait alors recueilli 18 % des suffrages – la liste de Mme Durand montre très nettement là où l‘ADQ a le plus de chances. C‘était prévisible, la région de Québec s‘y retrouve au complet. Mais en descendant la liste, on retrouve aussi Mirabel, René-Lévesque, Arthabaska, Saint-Maurice, Berthier, Rouyn-Noranda, Frontenac, Maskinongé.
Petits calculs intéressants : si l‘ADQ parvient à faire élire ses candidats dans les 20 circonscriptions où elle a eu ses meilleurs scores en 2003, on risque de voir un gouvernement libéral minoritaire -12 de ces 20 circonscriptions appartiennent actuellement au PLQ, qui comptait 72 sièges lors de la dissolution de la Chambre.
Pour Claire Durand, quand on regarde qui l‘a emporté de justesse en 2003, «on a l‘impression qu‘il y a une quarantaine de circonscriptions où les libéraux n‘ont pas trop à s‘inquiéter. Sauf dans la région de Québec, rouge en 2003, où l‘on retrouve 14 des 20 «meilleurs comtés» adéquistes.
En revanche, partout ailleurs, les péquistes et les adéquistes sont, dans bien des cas, à se battre pour les mêmes sièges. «En 1973, le PQ et l‘Union nationale étaient souvent dans les mêmes circonscriptions et Bourassa était passé entre les deux», se souvient-elle.
La faiblesse du PLQ chez les francophones est certes un élément défavorable, mais en 2003, cela ne l‘a pas empêché de l‘emporter. Il faut dire que Jean Charest avait manifestement remporté le débat télévisé, ce qui est loin d‘être le cas cette année.
La théorie qui veut que plus la participation est faible plus le PQ est en difficulté, est un autre «mythe», selon la spécialiste. En apparence, cela semble pourtant évident. Les libéraux ont toujours grosso modo 1,7 million de votes dans les urnes depuis 1989. Ce score s‘est vérifié en 1989, 1994, 1998 et 2003.
C‘est le suffrage péquiste qui varie. Quand le PQ l‘emporte, c‘est qu‘il a autant ou presque autant de voix que le PLQ. Quand il perd, c‘est qu‘il lui manque entre 400 000 et 500 000 voix le soir du vote, ce qui entraîne la participation à la baisse. L‘ADQ, pour sa part, a augmenté à chaque scrutin de 200 000 voix son appui populaire.
Mais quand on scrute la participation circonscription par circonscription, on constate que c‘est là où la participation a été la plus forte que le PQ a, plus souvent qu‘à son tour, mordu la poussière.
Dans les 10 circonscriptions où on a voté le plus massivement, le PQ a perdu neuf fois. Et la tendance se confirme dans les 20 circonscriptions qui suivent au palmarès de la participation.
Inversement, dans les 30 endroits où la participation a été la plus faible, en 2003, le PQ a perdu un seul siège, passant de huit à sept.
Pour obtenir le palmarès Durand:www.webdepot.umontreal.ca/Usagers/durandc/MonDepotPublic/electionQc2007
Profil des candidats
La période de mise en candidature ayant pris fin hier, le Directeur général des élections a publié aujourd’hui le Profil des candidats de l’élection générale du 26 mars 2007 (.pdf).
Communiqué
Profil des candidates et candidats aux élections générales du 26 mars
Québec, le 11 mars 2007 –– Au terme de la période prévue pour la production des déclarations de candidature, le directeur général des élections du Québec, Me Marcel Blanchet, désire transmettre certaines données quant au profil qui se dégage des candidatures reçues.
L’âge moyen des candidates et candidats est de 44 ans. Par ailleurs, avec 212 candidates, les femmes comptent pour 31 % des candidatures comparativement à 27 %, soit 173 candidates lors du scrutin du 14 avril 2003.
Par ailleurs, le nombre de candidates et de candidats inscrits dans chaque circonscription varie de 4 à 9. Ainsi, on retrouve 4 candidats dans 14 circonscriptions, 5 candidats dans 63 circonscriptions, 6 candidats dans 34 circonscriptions, 7 candidats dans 8 circonscriptions, 8 candidats dans 5 circonscriptions et 9 candidats dans la circonscription de Verdun. (communiqué intégral ici)
Parmi les autres faits saillants qui peuvent être tirés du document, mentionnons les suivants:
- Les femmes représentent 53% des candidats chez Québec solidaire, 35% au Parti libéral du Québec, 33% au Parti québécois, 21% à l’Action démocratique du Québec et 18% au Parti vert du Québec.
- Dans la circonscription de Bonaventure, la totalité des candidats est de sexe féminin. d’un autre côté, dans 18 circonscriptions (Argenteuil, Beauce-Nord, Beauharnois, Blainville, Huntingdon, Îles-de-la-Madeleine, Lac-Saint-Jean, L’Assomption, Marguerite-D’Youville, Marie-Victorin, Montmagny-L’Islet, Portneuf, Richelieu, Rivière-du-Loup, Rousseau, Saint-Laurent, Sherbrooke, Trois-Rivières), tous les candidats sont de sexe masculin.
- La moyenne d’âge des candidats va de 54 ans parmi les ceux du Parti démocratie chrétienne du Québec à 28 ans parmi ceux du Bloc pot.
Autre analyse d‘un universitaire ce matin dans les journaux. Cette fois-ci, c‘est Jean-Herman Guay, professeur en science politique à l‘Université de Sherbrooke, dans La Presse, qui traite de l‘émergence des tiers partis ces dernières années au Québec (parmi lesquels il inclut l‘ADQ) ainsi que sur les conséquences de ce phénomène sur le système politique et électoral québécois.
Le mardi 06 mars 2007
Le vote antisystème
Jean-Herman Guay L‘auteur est politologue à l‘Université de Sherbrooke.
Depuis presqu‘un an, sondage après sondage, Québec solidaire récolte au moins 5 % des intentions de vote. La grande enquête menée la semaine dernière par Léger Marketing auprès de plus de 3000 personnes confirme cette situation des derniers mois. Du côté du Parti vert, le phénomène est analogue.
En gros, un répondant sur 10 boude les équipes de Messieurs Charest, Boisclair et Dumont pour appuyer une nouvelle formation. Le phénomène n‘est plus marginal.
Quand on examine les résultats des deux principales maisons de sondage sur plusieurs années électorales, la tendance s‘impose encore plus clairement : l‘électorat se fragmente toujours un peu plus. En 1998, les petits partis n‘obtenaient pas 1 % des intentions de vote ; en 2003, ils étaient à 3 %; en 2006, c‘est 12 % ! Signe des temps : ils ont maintenant des candidats et candidates dans presque toutes les circonscriptions.
Avec la montée de l‘ADQ, depuis 1994, il semble bien que le temps du bipartisme est révolu. Il y a 25 ans, lors de l‘élection de 1981, les deux principaux partis avaient récolté 95 % des votes. En 2003, ils ne récoltaient pas 80 % des appuis. Bref, le paysage politique n‘est plus ce qu‘il était.
Première conséquence : l‘obtention d‘une majorité absolue de votes pour un parti, et non d‘une simple pluralité, est devenue rarissime. De 1867 à 1966, à l‘occasion des 28 premières élections générales québécoises, on a pu voir un parti franchir la barre du 50 % des suffrages dans 22 cas. Aux neuf dernières élections, soit depuis 1970, cette barre n‘a été atteinte qu‘à deux reprises ! Jusqu‘à présent, l‘effritement de la majorité des votes n‘avait pas eu de conséquence significative sur l‘obtention d‘une majorité de sièges. Cette fois, le phénomène est tel que l‘hypothèse d‘un gouvernement minoritaire n‘est plus farfelue. Deuxième conséquence : les campagnes électorales sont plus éclatées. Le combat de deux « coqs » – le rouge et le bleu – est remplacé par un jeu où les partis doivent surveiller deux, voire trois concurrents simultanément. C‘est particulièrement vrai pour André Boisclair puisqu‘il peut perdre sur trois de ses flancs : à gauche avec Québec solidaire, à droite avec l‘Action démocratique et sur la thématique environnementale avec les Verts. Avec des coudées moins franches, il est plus difficile de guerroyer contre le principal adversaire, les libéraux. L‘interaction des joueurs est alors plus complexe. Dans le cadre d‘une telle campagne, pas étonnant que 45 % des gens estiment qu‘ils peuvent encore changer d‘idée !
Troisième conséquence : la montée des petits partis – de droite ou de gauche – s‘inscrit habituellement dans une contestation plus profonde du système politique. C‘est le cas en France, mais aussi au Pays-Bas et au Danemark. « Vote de protestation » et « vote antisystème » sont les termes utilisés pour désigner ce comportement électoral qui consiste à appuyer des partis qui n‘ont aucune chance de former le gouvernement ni même, dans certains cas, d‘obtenir des sièges. L‘expression d‘un ras-le-bol devient plus important que le choix des gouvernants. Ce phénomène se combine au cynisme, à la chute du taux de participation, à la brièveté des lunes de miel et au niveau d‘insatisfaction élevé à l‘endroit des gouvernements.
Contraction du vote
Les deux dernières semaines vont cependant être difficiles pour les petits partis. Leur vote risque de se contracter parce que le système exercera son emprise de plusieurs manières. d‘abord, n‘ayant que fort peu de ressources financières, leur faible visibilité aux abords des rues et des routes et la quasi absence de «spots» publicitaires dans les médias pourraient leur nuire à quelques jours du vote. «Sont-ils dans la course ?» se diront certains.
Ensuite, et bien que l‘on puisse convenir qu‘un échange à cinq est laborieux et souvent ennuyant, l‘absence de Françoise David et de Scott McKay au débat des chefs du 13 mars, comme des grandes émissions d‘affaires publiques, pourrait faire perdre des milliers de votes à ces formations et les ramener dans la marginalité.
Mais ce qui risque surtout de faire mal aux petits partis, c‘est le vote stratégique découlant de la logique du mode de scrutin. Il est à prévoir qu‘un certain nombre d‘électeurs vont finalement voter pour le Parti québécois, se disant qu‘un vote pour Québec solidaire ou les Verts, pourtant plus proches de leurs valeurs personnelles, sera «gaspillé» et risque même de «faire passer» le candidat libéral ou adéquiste dans leur circonscription. Craignant que leur vote ne favorise des candidats dont le programme est aux antipodes de leurs convictions, ils vont mettre de côté leur premier choix, et se rabattre sur le péquiste, pas si loin de leur position politique ! Méchant dilemme.
Combien coûteront ces effets de système aux Verts et à Québec solidaire ? Impossible de le prédire. Le niveau d‘appui dans les sondages nous amène cependant à croire que toute variation en deçà de 10 % sera essentiellement attribuable au système. Pas étonnant qu‘ils veuillent le changer !
Le Parti libéral et les «discrets»
Pierre Drouilly, professeur à l‘UQAM et spécialiste des questions de méthodologie quantitative et de sociologie politique et électorale, a écrit un texte publié ce matin dans Le Devoir dans lequel il traite d‘un sujet pointu, mais néanmoins important dans l‘analyse des sondages électoraux: la répartition des « discrets », c‘est-à -dire ceux qui se disent indécis, « ne savent pas » ou refusent de répondre dans un sondage politique. En effet, la composition de cette partie de l‘échantillon n‘est pas la même que celle de l‘ensemble des répondants d‘un sondage. Dans le cas du Québec, les « discrets » présenteraient des caractéristiques qui les rapprocheraient du Parti libéral du Québec. Dès lors, répartir les indécis proportionnellement aux intentions de vote constituerait une erreur méthodologique qui conduirait à une sous-évaluation du vote libéral (Note: sans prendre directement en compte les caractéristiques des « discrets », CROP répartit les indécis/discrets en fonction de la réponse sur la question de la souveraineté du Québec. Quant à Léger Marketing, il répartit les indécis en proportion des intentions de vote). Bref, selon M. Drouilly, le Parti libéral du Québec serait en meilleure posture que ce que ne l‘indiqueraient les sondages récents compte tenu de la manière dont les indécis sont répartis.
M. Drouilly fut parmi les premiers à mettre de l‘avant au Québec le concept de « l‘effet miroir », ce phénomène en vertu duquel les variations de la courbe des intentions du vote du Parti libéral du Québec (avant répartition des indécis) varient inversément à celles des « discrets » (lorsque les intentions de vote libérales montent, les « discrets » baissent, et vice-versa).
Opinion
Sondages: le PLQ est en meilleure posture qu‘il n‘y paraît
Pierre Drouilly, Professeur, Département de sociologie, Université du Québec à Montréal Le Devoir Édition du mardi 06 mars 2007
Lorsqu‘on effectue un sondage, il y a toujours une proportion non négligeable de gens qui refusent de répondre à certaines questions, en particulier qui refusent de dire pour qui ils voteraient si une élection avait eu lieu le jour de l‘entrevue, soit qu‘ils se déclarent «indécis» ou qu‘ils répondent «je ne sais pas» ou encore qu‘ils refusent tout net de répondre. Nous qualifions tous ces répondants des «discrets», car souvent se déclarer «indécis» ou dire «je ne sais pas» est une façon commode, et polie, de refuser de révéler ses intentions de vote.
Ne pas tenir compte de ces répondants «discrets», qui sont rarement moins de 10 % et qui parfois représentent jusqu‘à 20 % de l‘échantillon (soit un répondant sur cinq), et ne retenir que ceux qui ont exprimé une préférence politique, c‘est répartir les répondants discrets au prorata des réponses exprimées. C‘est donc faire une hypothèse implicite, à savoir que ces répondants discrets, s‘ils avaient exprimé une opinion, l‘auraient fait dans les mêmes proportions que ceux qui ont effectivement exprimé des opinions. Or cette hypothèse est intenable.
Autre profil
L‘analyse des sondages montre, de manière récurrente, que le profil socio-démographique des répondants discrets n‘est pas le même que celui des répondants qui expriment leurs intentions de vote.
On retrouve plus de répondants discrets parmi les femmes, les personnes âgées, les personnes faiblement scolarisées, celles ayant des bas revenus, en milieu rural plus qu‘en milieu urbain, et parfois parmi les non-francophones. Or tous ces groupes ont en général tendance à appuyer plus fortement les partis politiques fédéralistes. Leur attribuer les mêmes opinions que ceux qui ont révélé les leurs est donc une erreur.
Pour prendre un exemple extrême, les non-francophones qui expriment une intention de vote ne sont que 10 % environ à déclarer qu‘ils voteraient pour le Parti québécois: peut-on dès lors penser que parmi les non-francophones «discrets», le tiers environ voteraient pour le PQ comme l‘ensemble des répondants qui ont exprimé une intention de vote claire? C‘est pourtant l‘hypothèse implicite que fait la pondération proportionnelle.
Lors du référendum de 1995, cette mésinterprétation des sondages fut flagrante: alors que de la mi-octobre jusqu‘au jour du vote, tous les sondages mettaient le OUI en avance dans les intentions de vote exprimées (donc aussi dans une répartition proportionnelle des discrets), ce fut finalement le NON qui l‘emporta.
Prime de l‘urne
C‘est le même phénomène, souvent appelé «prime de l‘urne», qui fait que, dans toutes les consultations électorales depuis 1970 sauf une, le Parti libéral obtient davantage, le jour du vote, que ce que les derniers sondages précédant le vote lui attribuent par cette méthode de répartition proportionnelle. Une répartition plus réaliste des répondants discrets (les trois quarts au NON et un quart au OUI) annonçait au contraire une victoire serrée du NON, ce qui fut le cas.
La seule exception, sur cette longue période de plus de 30 ans, fut l‘élection de 2003, alors que cette méthode de répartition proportionnelle a prévu très précisément le vote réel.
À la suite de cette élection, certains sondeurs ont rangé au placard leurs différentes méthodes de répartition des répondants discrets et sont revenus à la traditionnelle répartition au prorata. Nous estimons que cela est imprudent, car nous pensons qu‘en 2003 la bonne concordance des sondages pondérés proportionnellement avec le vote réel ne fut qu‘une coà¯ncidence qui ne se reproduira pas forcément.
Le graphique ci-joint représente l‘évolution depuis un an des intentions de vote pour le Parti libéral et l‘évolution du pourcentage de répondants discrets dans les sondages. On constate que les deux courbes évoluent de façon symétrique: quand le pourcentage de discrets augmente d‘un sondage à l‘autre, les intentions de vote pour le Parti libéral diminuent, et inversement quand le pourcentage de discrets diminue, les intentions de vote pour le Parti libéral augmentent.
On remarquera en particulier que les deux sondages qui ont eu le moins de répondants discrets (8 % dans le Léger Marketing du 5 décembre 2006 et 7 % dans celui du 24 février 2007) sont aussi ceux dans lesquels le Parti libéral obtient son meilleur score (34 % de l‘échantillon). Nous avons appelé en 1995 ce phénomène «l‘effet miroir», car les deux courbes semblent le reflet l‘une de l‘autre dans un miroir. Ce phénomène illustre bien que les répondants discrets ont plutôt un profil «libéral», et qu‘il faut donc en attribuer une plus forte proportion au Parti libéral dans la répartition des répondants discrets.
Bien entendu, cette proportion est inconnue, et ne pourra être estimée que le lendemain des élections. Mais en se basant sur l‘expérience passée et en attribuant une forte majorité des répondants discrets au Parti libéral (entre la moitié et les deux tiers), on se rend compte que celui-ci est probablement en meilleure posture dans l‘opinion publique qu‘il n‘y paraît.
Selon une estimation raisonnable, le Parti libéral se situerait pas loin de 40 % des intentions de vote (six points de moins que son vote de 2003, mais à peu de choses près le même niveau que le pourcentage de répondants qui se disent satisfaits du gouvernement libéral), le Parti québécois à environ 30 % (trois points de moins qu‘en 2003), l‘ADQ à environ 20 % (deux points de mieux qu‘en 2003), les autres partis (Parti vert, Québec solidaire, etc.) se partageant les 10 % restants.
Avec une telle distribution des opinions, la réélection du gouvernement Charest est évidemment loin d‘être exclue.
Alors que la performance « réelle » des plus importants des tiers partis (ou des plus petits des grands partis, c‘est selon) le jour du vote demeure encore une inconnue, voici quelques statistiques que nous vous jetons en pâture sur les performances passées du Parti vert ainsi que de Québec solidaire et ses prédécesseurs (UFP et NPD-Québec). Comme vous allez le voir, si les performances passées des 2 partis à l‘échelle québécoise peuvent sembler modestes à première vue, il leur est arrivé tous deux d‘obtenir des résultats intéressants dans certaines circonscriptions.
Québec solidaire*
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Dernière élection (2003) |
Meilleure élection (1985) |
| % |
1,06% |
2,42% |
| Candidats |
73/125 |
90/122 |
| % (dans les circonscriptions où le parti a présenté un candidat) |
1,74% |
3,22% |
| 10 meilleurs résultats |
- Mercier 17,92%
- Outremont 6,86%
- Sainte-Marie–Saint-Jacques 6,48%
- Gouin 4,69%
- Taschereau 3,54%
- Joliette 3,46%
- Hochelaga-Maisonneuve 3,34%
- Westmount–Saint-Louis 3,14%
- Rosemont 3,07%
- Laurier-Dorion 3,05%
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- Notre-Dame-de-Grâce 8,64%
- Louis-Hébert 8,59%
- Westmount 7,95%
- Saint-Louis 6,87%
- Taschereau 5,65%
- La Peltrie 5,55%
- Vanier 5,50%
- Jean-Talon 5,48%
- Outremont 5,44%
- Jonquière 5,28%
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* Nouveau Parti démocratique du Québec en 1985, Union des forces progressistes en 2003.
Parti vert du Québec
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Dernière élection (2003) |
Meilleure élection (1989) |
| % |
0,44% |
1,99% |
| Candidats |
36/125 |
46/125 |
| % (dans les circonscriptions où le parti a présenté un candidat) |
1,54% |
5,52% |
| 10 meilleurs résultats |
- Notre-Dame-de-Grâce 4,28%
- Bonaventure 2,72%
- Sainte-Marie–Saint-Jacques 2,63%
- Verdun 2,28%
- Taschereau 2,20%
- Jacques-Cartier 2,10%
- Argenteuil 2,09%
- Laurier-Dorion 1,97%
- Gouin 1,96%
- Bertrand 1,96%
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- Saguenay 15,45%
- Beauce-Sud 10,28%
- Joliette 9,32%
- Chambly 8,81%
- Mercier 8,38%
- Chauveau 8,37%
- Saint-Louis 8,10%
- Outremont 8,02%
- Notre-Dame-de-Grâce 7,48%
- Westmount 7,48%
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Notre système parlementaire est basé sur un système de représentation qui remonte aux débuts du parlementarisme britannique au 13e siècle: la représentation territoriale. Un député est élu par la population d‘un territoire donné (la circonscription électorale) et, en principe, en est le porte-parole.
Michel C. Auger proposait il y a quelques jours une réflexion intéressante sur la pertinence de ce principe à notre époque, surtout dans un contexte où un candidat peut voter pour lui-même sans résider dans la circonscription où il se présente et où un ministre peut décider de changer de circonscription entre deux élections.
Dans ce dernier cas (celui de Philippe Couillard, pour ne pas le nommer), il y a tout de même des nuances à apporter car c‘est un phénomène qui a existé de tout temps au Québec. Déjà sous le régime de l‘Acte constitutionnel de 1791, il était de pratique courante qu‘une personne fasse acte de candidature dans plus d‘une circonscription au cours de la même élection générale. Certains ont même été élus deux circonscriptions durant le même scrutin. De même, il arrivait souvent qu‘un député représente plus d‘une circonscription, parfois très éloignées géographiquement, au cours de sa carrière politique. Un des exemples les plus célèbres est celui de Louis-Joseph Papineau qui a été élu dans pas moins de 6 circonscriptions entre 1808 et 1854 (Kent, Montréal-Quartier-Ouest, Surrey, Comté de Montréal, Saint-Maurice et Deux-Montagnes).
L‘hebdo culturel Voir Montréal nous offre cette semaine un article intéressant sur les publicités électorales québécoises sur Internet et de leur conformité avec la Loi électorale du Québec. Il semblerait en effet que certains députés, dont le député de Verchères, Stéphane Bergeron (PQ), seraient particulièrement actifs en ce qui a trait à la publicité sur le Web, notamment avec Google AdSense:
Tapez « Kyoto » sur Google et vous trouverez Stéphane Bergeron. Depuis quelques mois, le porte-parole du Parti québécois en matière d‘environnement paie le populaire engin de recherche pour que son site figure dans les liens commerciaux apparaissant à côté des résultats. Même chose si vous entrez les termes « Orford », « éolienne » ou « développement durable ». Le député n‘a pas lésiné pour rejoindre les citoyens là où ils sont… c‘est-à -dire devant leurs ordinateurs.
Tout parti politique, député ou candidat peut acheter toute la publicité politique qu‘il désire dans quelque média que ce soit, tant et aussi longtemps que cela ne se fait pas en période électorale. Sinon, en campagne électorale, ce type de dépense doit se faire en conformité avec la Loi électorale. Or, selon le journaliste Yan Turgeon, il y aurait confusion quant à savoir si la publicité électorale dans Internet est régie par la Loi électorale du Québec:
Au moment où nous avons joint le DGE, on ne semblait pas encore s‘être posé la question. « Habituellement, c‘est la radio et la télévision qui sont visées [par le blackout]. Pour Internet, il va falloir que je m’informe », nous répond le porte-parole, pris de cours par la question. Pour sa part, le député péquiste de Verchères estime échapper à l‘interdiction. (…) Vérification faite, le DGE nous donne cependant un autre verdict. En période électorale, les publicités sur le Net doivent être autorisées et authentifiées comme telles, au même titre que les publicités à la télévision ou dans les journaux. Plus encore, contrairement à ce que croyait Stéphane Bergeron, le blackout de sept jours suivant le décret des élections s‘applique également à Internet.
Le moins que l‘on puisse dire, c‘est que le Directeur général des élections du Québec, M. Marcel Blanchet, fait beaucoup parler de lui ces derniers jours. d‘une part, la Presse canadienne avance dans un article publié aujourd‘hui que le DGE s‘apprête à émettre aux députés de l‘Assemblée nationale une directive pour leur rappeler les règles concernant l‘octroi de subventions pendant la campagne électorale. Cette directive toucherait notamment l‘annonce de subventions par les députés du parti ministériel ainsi que l‘usage du budget discrétionnaire de chaque député et ministre. Rien de bien extraordinaire dans cette directive, une autre dont la teneur était similaire ayant été émise avant l‘élection générale de 2003.
Dans un autre ordre d‘idées, la décision de ne pas rendre public le rapport de l‘ex-juge Grenier sur l‘affaire Option Canada durant la prochaine campagne électorale, annoncée la semaine dernière, continue de faire couler beaucoup d‘encre. Après que les chefs des partis d‘opposition aient (Æsurprise!) réclamé de M. Blanchet qu‘il revienne sur sa décision, Le Devoir et Le Soleil (Jean-Marc Salvet, « Le DGE a tort », p. 20; pas de lien disponible sur Cyberpresse) ont tous deux publié aujourd‘hui un éditorial dans lequel ils demandent également que la diffusion du rapport de l‘enquête sur Option Canada ne soit pas retardée.
Reste à voir si la controverse va se poursuivre dans le dossier de l‘enquête sur Option Canada.
MISE À JOUR (17 janvier 2007): Dans son éditorial d‘aujourd‘hui dans La Presse, André Pratte aborde la question du dévoilement du rapport du DGE sur Option Canada (pas de lien disponible sur Cyberpresse). Il affirme notamment:
À notre avis, la seule manière pour le Directeur général des élections, Marcel Blanchet, de ne pas prendre de décision politique dans ce dossier est de publier le rapport en question dès qu‘il l‘aura reçu, peu importe quand cela arrivera.
Il exprime toutefois la crainte que cette affaire devienne un enjeu lors de la prochaine campagne électorale.
MISE À JOUR (18 janvier 2007): à l‘instar des Pratte, Salvet et tutti quanti, le chroniqueur Don Macpherson de la Gazette de Montréal est sceptique (accès réservé aux abonnés) quant à la décision du DGE dans le dossier d‘Option Canada.
Charbonneau et Cliche sur le mode de scrutin
Dans une lettre ouverte publiée aujourd‘hui dans Le Devoir, Jean-Pierre Charbonneau et Paul Cliche, commentent la décision du ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques et député de Chapleau, Benoît Pelletier (LIB), de renvoyer le dossier de la réforme du mode de scrutin pour étude auprès du Directeur général des élections:
Opinion
Réforme du mode de scrutin – Comment mettre fin à cette saga
Paul Cliche, Membre fondateur du Mouvement pour une démocratie nouvelle et auteur du livre Pour une réduction du déficit démocratique: le scrutin proportionnel Jean-Pierre Charbonneau, Ex-président de l‘Assemblée nationale et ex-ministre de la Réforme des institutions démocratiques
Édition du mardi 19 décembre 2006
En renvoyant le dossier de la réforme du mode de scrutin au directeur général des élections, le ministre Benoît Pelletier a clôturé, il y a quelques jours, un énième cycle d‘une interminable saga qui afflige la scène politique québécoise depuis le début des années 70. À la veille d‘une année électorale, ce geste constitue en effet plus qu‘un report. C‘est d‘un enterrement de première classe qu‘il s‘agit, comme l‘ont d‘ailleurs souligné la plupart des chroniqueurs politiques qui ont commenté le sujet.
En fait, c‘est même un flagrant mensonge politique quand on se souvient avec quelle vigueur les libéraux de Jean Charest avaient réclamé cette réforme alors qu‘ils étaient dans l‘opposition, justement à cause du mode de scrutin actuel, et quand on se souvient de leur promesse de modifier rapidement le système électoral.
(…)
La suite ici.
Dans un registre plus positif, l‘hebdo Le Reflet de Delson a publié récemment dans ses pages un article démystifiant le travail d‘attaché politique dans un bureau de circonscription.
La réforme du mode de scrutin aurait du plomb dans l‘aile
Un article paru aujourd‘hui dans La Presse sous la plume de Denis Lessard laisse entendre que la réforme du mode de scrutin pourrait ne pas être mise en oeuvre aussi rapidement que prévu. d‘une part, l‘idée de soumettre un tel projet de réforme à l‘approbation de l‘électorat, tel qu‘il avait été envisagé il y a quelques semaines, serait maintenant abandonnée. d‘autre part, le projet même de « représentation proportionnelle mixte compensatoire », mode de scrutin mixte combinant le scrutin majoritaire et la représentation proportionnelle, ne ferait pas l‘unanimité au sein de la députation libérale, semble-t-il.
Les médias couvrent abondamment le dévoilement par le Directeur général des élections du Québec de son Rapport sur l‘évaluation des nouveaux mécanismes de votation (et de ses annexes), où il critique sévèrement les nombreux ratés causés par l‘emploi de mécanismes de vote électronique lors des élections municipales du 6 novembre 2005.
Voir également la section spéciale du site du DGE consacrée au Rapport ainsi que les deux communiqués diffusés sur la question.
Quand design et politique font bon ménage
Marianne White du Soleil proposait hier un article très intéressant sur l‘étiquetage chromatique des politiciens en fonction de leur orientation politique (ex.: les Rouges vs les Bleus) et des répercussions sur leurs choix vestimentaires.
Le mercredi 11 octobre 2006
Les couleurs de la politique
Marianne White
Les rouges et les bleus. Les politiciens sont souvent étiquetés en fonction de leur orientation politique. Est-ce que cela se répercute dans leurs choix vestimentaires ? Les péquistes portent-ils plus de bleu et les libéraux plus de rouge ?
Les politiciens – qui font leur retour à l‘Assemblée nationale la semaine prochaine après les vacances d‘été – le démentent formellement. Jean Charest a bien plusieurs cravates rouges, mais ce n‘est pas parce qu‘il est chef du Parti libéral, soutient son attaché de presse. André Boisclair porte souvent du bleu, mais c‘est parce qu‘il aime cette couleur.
Pas de choix conscient, donc ? Faux, rétorque Gilbert Lavoie, chroniqueur au Soleil. Observateur de longue date de la scène politique, le scribe estime que les politiciens choisissent avec soin les couleurs qu‘ils portent. « C‘est beaucoup plus important qu‘on le laisse croire », affirme-t-il, ajoutant que cela s‘observe notamment dans les congrès politiques. « Les militants libéraux sont nombreux à porter une cravate rouge dans ces événements, c‘est une façon d‘exprimer leur fierté », indique M. Lavoie.
Chez les péquistes, le phénomène s‘observe un peu moins franchement. Le bleu est bien associé au Parti québécois, mais aussi au fleurdelisé. Le Parti libéral du Québec a même choisi d‘ajouter cette couleur dans son nouveau logo. « Il n‘y a pas plus de rouge que de bleu associé au Parti », indique l‘attaché de presse du premier ministre, Hugo D‘Amours.
Selon Gilbert Lavoie, l‘utilisation politique des couleurs s‘observe davantage au fédéral. La preuve ? Lorsque Brian Mulroney a été élu premier ministre, il a fait changer les tapis de son bureau de fonction. De rouges sous la gouverne de Pierre Elliott Trudeau, ils sont devenus bleus pendant le règne du chef conservateur. « Si des membres de l‘entourage de Mulroney portaient du rouge, ils se le faisaient dire ! » se rappelle le chroniqueur.
Le gouvernement Charest envisagerait de tenir un référendum sur la question de la réforme du mode de scrutin. Cette consultation populaire pourrait avoir lieu dans le cadre de la prochaine campagne électorale.
Le remplacement du scrutin uninominal majoritaire à un tour par un mode de scrutin davantage proportionnel faisait partie des engagements électoraux du Parti libéral du Québec lors de la dernière campagne électorale. C’est ainsi que le 15 décembre 2004, le leader parlementaire du gouvernement et ministre délégué à la Réforme des institutions démocratiques de l’époque, Jacques P. Dupuis, avait déposé un avant-projet de loi remplaçant la Loi électorale qui, s’il avait été adopté, aurait eu pour effet d’introduire un mode de scrutin proportionnel mixte en vertu duquel, aux députés actuellement élus au scrutin majoritaire, se seraient ajoutés des députés élus à la représentation proportionnelle. Ce mode de scrutin mixte est similaire à celui en vigueur dans plusieurs pays, notamment l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande et en Écosse.
Quelques mois plus tard, soit le 15 juin 2005, l’Assemblée nationale créait une commission parlementaire spéciale ayant pour mandat d’étudier cet avant-projet de loi. La Commission spéciale sur la Loi électorale déposait son rapport en deux parties les 25 avril et 31 mai derniers. Ce serait à la suite de nombreuses demandes en ce sens de la part d’intervenants devant la CSLE que le gouvernement Charest envisagerait de tenir un référendum sur la réforme du mode de scrutin. Le gouvernement proposerait alors une version modifiée de la proportionnelle mixte mise de l’avant dans l’avant-projet de loi de Jacques Dupuis afin de satisfaire à certaines recommandations de la CSLE.
Le Québec pourrait ainsi devenir, après la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard, la troisième province à tenir un référendum sur la question du mode de scrutin. Le 17 mai 2005, le gouvernement de la Colombie-Britannique consultait sa population sur l’opportunité de remplacer le scrutin uninominal majoritaire à un tour par un mode de scrutin proportionnel, le vote unique transférable. 57,7% de la population appuya ce projet, mais il ne fut pas mené à terme, la loi référendaire interdisant au gouvernement de réformer le mode de scrutin à moins que l’appui soit supérieur à 60%. La population de la province sera à nouveau consultée sur la question en mai 2009. Pour sa part, le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard tenait un référendum le 18 octobre 2005 sur un projet de mode de scrutin mixte similaire à celui en cours de préparation au Québec. Ce projet fut rejeté par 63,6% de la population.
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